Enregistrer au format PDF

Dermatite de contact et irritation : deux causes de dermatoses des ouvriers des matières plastiques.

par Dr Isabelle Bossé

publié le  3 septembre 2002

Les dermatoses de cette profession peuvent être liées à une sensibilisation à divers produits chimiques, mais également à l’irritation par les fibres et poussières. Les matières plastiques peuvent être soit allergisantes, soit toxiques.

Dermatoses professionnelles chez les travailleurs de l’industrie des plastiques renforcés par fibres de verre. : Minamoto K, Nagano M, Inaoka T, Futatsuka M. dans Contact Dermatitis 2002 Jun ;46(6):339-47

Les ouvriers d’industrie des plastiques renforcés par fibres de verre (FRP) présentent un risque élevé de développer des dermatoses professionnelles en raison de l’exposition à de nombreux composés chimiques utilisés dans la fabrication des plastiques aussi bien qu’à la fibre de verre et à la poussière.

Des épidermotests ont été pratiqués chez 29 ouvriers impliqués dans des fabrications utilisant des résines polyesters insaturées, pour déterminer les causes de leurs problèmes cutanés.

Sur les 22 ouvriers rapportant des symptômes cutanés, 16 ont eu un test positif à au moins 1 produit chimique, avec 6 cas de sensibilisations multiples. 2 avaient une réaction positive pour la résine polyester insaturée, 6 au chlorure de cobalt, 5 au péroxyde de benzoyl, 4 au méthyl éthyl ketone peroxyde, 2 au para-tertiiaryl butyl cathecol, 1 au styrène et 1 au formaldéhyde.

Après avoir pris en compte leur exposition professionnelle, recensé les causes par des questionnaires, et les résultats des tests cutanés, 7 cas ont été diagnostiqués comme une allergie de contact due aux produits chimiques, 3 comme des dermatites dues à une irritation mécanique à la fibre de verre ou à la poussière, et 9 avec une dermatite de contact et une irritation mécanique. 18 sur 29 patients (62,1%) , comprenant 2 ouvriers sans histoire clinique de dermatose, étaient sensibilisés au moins à 1 produit chimique.

Le cobalt, les peroxydes, la para tertiaryl butyl catechol, et la résine polyester insaturée étaient les allergènes les plus communément retrouvés.

 Dr Isabelle Bossé

Commentaire de l'auteur :

La proportion d’ouvriers sensibilisés à au moins un allergène est importante ( > 60 %), témoignant du fort pouvoir sensibilisant de ces composants chimiques.

A cela se rajoute l’irritation mécanique par les fibres de verre et la poussière.

Cependant, exerçant dans une région où l’industrie navale est importante, le nombre de patients consultant pour des dermatoses professionnelles de ce type est très faible : il y a vraisemblablement une grande tolérance aux symptômes cutanés par ces patients.

référence :

http://www.allergique.org/article267.html


Dans la même rubrique

C’est pas si « simplex » de travailler avec Anisakis !, Dr Alain Thillay
Anisakis simplex est un nématode dont les larves peuvent être hébergées par de nombreux poissons de mer comme le maquereau, le merlan, le saumon, le hareng, le thon etc. mais (...)
Attention à certains allergologues, ils provoquent des accidents du travail ! !, Dr Stéphane Guez
Dans ce travail, les auteurs démontrent qu’il y a un risque plus élevé d’accidents du travail chez les patients allergiques aux pollens qui prennent des antihistaminiques sédatifs (...)
Le travail est mauvais pour les allergiques !, Dr Philippe Carré
Cette étude vient confirmer une fois de plus les relations nez/bronches, et la fréquence élevée de l’asthme dans une population de patients avec rhinite ; l’originalité réside dans (...)
Gratuité., Dr Hervé Masson
Quand le travail monte au nez, c’est pas toujours au pif ! , Dr Philippe Carré
La rhinosinusite chronique (RSC) est une pathologie fréquente pour laquelle des options thérapeutiques médicales efficaces sont disponibles ; en cas d’échec, une chirurgie (...)