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Le sport est-il dangereux pour la santé ?

par Dr Alain Thillay

publié le  29 juin 2002

Ces chercheurs finlandais cherchent à tirer au clair le problème de l’asthme chez les sportifs de haut niveau.

Effets de la poursuite ou de l’arrêt d’une activité sportive de haut niveau sur l’inflammation bronchique, l’hyper-réactivité bronchique et l’asthme : étude prospective sur 5 ans chez 42 nageurs hautement entraînés. : Ilkka Helenius Paula Rytilä, Seppo Sarna Aki Lumme dans JACI June 2002, part 1 • Volume 109 • Number 6

- CONTEXTE. L’inflammation bronchique à éosinophiles, l’hyper-réactivité bronchique et l’asthme modéré sont souvent rencontrés dans une grande proportion d’athlètes. La persistance de l’inflammation et de l’hyper-réactivité bronchiques et de l’asthme n’est pas connue dans cette population, dans la mesure où aucune étude prospective n’a été pratiquée.
- OBJECTIF. Le propos de cette étude était d’enquêter sur les effets de l’arrêt de la pratique d’un sport de haut niveau sur l’inflammation et l’hyper-réactivité bronchiques, et, l’asthme.
- METHODES. Quarante-deux nageurs de compétition, pour la plupart membre de l’équipe nationale de Finlande, ont été suivis durant 5 ans. Tous les nageurs ont rempli un questionnaire et ont subi une spirométrie au repos, un test de provocation bronchique à l’histamine et des tests cutanés, au début et durant le suivi. Vingt-neuf nageurs (69%) ont fourni des échantillons de crachat à deux occasions. Seize (38 %) des nageurs ont poursuivi leur carrière de compétiteur durant l’étude (nageurs actifs), mais vingt-six (62%) ont arrêté la compétition plus de 3 mois avant l’étude (ex-nageurs).
- RESULTATS. La réactivité bronchique était augmentée chez 7 (44 %) des 16 nageurs actifs au début et chez 8 (50 %) ensuite durant le suivi ; chez les ex-nageurs, l’augmentation se retrouvait chez 8 (31 %) des 26 ex-nageurs au départ et 3 (12 %) durant le suivi. La différence dans les changements de l’hyper-réactivité bronchique entre les groupes étudiés était significative. L’asthme (défini par une hyper-réactivité bronchique et les symptômes bronchiques induits par l’effort) a été observé chez 5 (31 %) des nageurs actifs en basal et chez 7 d’entre eux(44 %) durant le suivi ; chez les ex-nageurs, il survenait chez 6 (23 %) en basal et chez un seul durant le suivi. La différence dans l’asthme entre les deux groupes était significative. Le compte des éosinophiles et des lymphocytes des crachats montrait une augmentation significative du différentiel entre ces deux cellules durant la période de suivi chez les nageurs actifs ; chez les ex nageurs, ce différentiel avait tendance à décroître durant le suivi, toutefois, sachant le différentiel concernant les lymphocytes ne se modifiait pas significativement. Les modifications du différentiel concernant les éosinophiles entre les 2 groupes étaient significatives.
- CONCLUSIONS. Chez les nageurs ayant arrêté l’entraînement de haut niveau, l’hyper-réactivité bronchique et l’asthme diminuaient ou souvent disparaissaient. L’inflammation éosinophilique des voies respiratoires était aggravée parmi les nageurs pratiquant un entraînement de haut niveau qui poursuivaient leur activité durant les 5 années du suivi. Nos résultats suggère que l’asthme des athlètes est en partie réversible et qu’il peut se développer et subsister après une carrière sportive.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Je vous vois venir, vous allez me dire que vous arrêtez immédiatement votre activité sportive dans la crainte d’aggraver l’inflammation de vos bronches. Du calme, la plupart des asthmatiques ne pratique qu’une activité sportive modérée donc sans risque. Et puis, si vous souffrez d’asthme à l’effort c’est que votre maladie n’est pas suffisamment traitée ou de façon inappropriée.
Question : quand on est asthmatique et que l’on passe sa journée à nager comme un fou dans l’eau d’une piscine additionnée de nombre de produits désinfectants, anti-algues et compagnie, est-ce vraiment bon pour les muqueuses bronchiques ?Tous ces produits sont des irritants. Il existe donc sûrement là un gros biais dans cette étude. Ce n’est peut-être pas l’activité sportive en elle-même qui est mauvaise, mais plutôt le contact régulier avec ces irritants respiratoires.

référence :

http://www.allergique.org/article136.html


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