Enregistrer au format PDF

Allergie alimentaire : ne plus manger mais également ne plus respirer !!

par Dr Stéphane Guez

publié le  26 juillet 2003

L’allergie alimentaire peut entraîner parfois des réactions sévères bronchiques dont le mécanisme physiopathologique n’est pas très évident. Est-il possible de penser que les allergènes alimentaires puissent directement intervenir au niveau pulmonaire sous forme inhalée ?

Les preuves d’une exposition sous forme inhalée des allergènes alimentaires : Roberts G, Lack G. Paediatric Respiratory Medicine, Royal London Hospital, Whitechapel, London. dans Curr Opin Allergy Clin Immunol. 2003 Jun ;3(3):211-5.

Cette revue fait le point sur l’importance en clinique de le voie inhalée dans l’allergie alimentaire.

- Données récentes :
* Chez l’enfant, les auteurs ont démontré que les allergènes alimentaires pouvaient induire à la fois une réaction immédiate et une réaction retardée bronchique lors de test de provocation en double aveugle contre placebo.
* De plus, des taux d’allergènes alimentaires dans l’air, ayant un rôle en clinique, ont été mesurés dans des prélèvements d’air ambiant.

- Sommaire :
* Il est bien connu que l’ingestion d’allergènes alimentaires peut entraîner fréquemment des manifestations respiratoires et que le mécanisme du décès lors des accidents anaphylactiques est habituellement un bronchospasme sévère. Le mécanisme par lequel l’ingestion de l’aliment entraîne un spasme bronchique n’est pas clair.
* Mais il y a de nombreuses publications sur des réactions bronchiques lors de l’administration d’allergènes alimentaires sous forme aérosol. Dans l’industrie alimentaire ce problème a été particulièrement étudié.
* De ces travaux il est possible d’extrapoler une estimation de la prévalence théorique de l’asthme secondaire à l’inhalation d’allergènes alimentaires. Avec 10% d’adulte ayant un asthme professionnel et 10% des ces asthmes pouvant être dus a un aérosol d’allergènes alimentaire, l’exposition à des allergènes alimentaires sous une forme inhalée interviendrait de façon majeure dans au moins 1% des asthmes de l’adulte.
* Pour un adulte ayant à la fois un asthme et une allergie alimentaire il est important que le régime tienne compte à la fois de l’éviction des allergènes ingérés mais également des allergènes inhalés dans l’environnement.
* Les similitudes physiopathologiques de l’asthme allergique et professionnel, et la capacité des allergènes alimentaires à induire des réactions retardées, conduit à se poser la question du rôle des allergènes inhalés alimentaires dans la pathogénie de l asthme de l’enfant

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Dans ce travail de synthèse les auteurs démontrent que les allergènes alimentaires peuvent être non seulement ingérés, mais également peuvent pénétrer dans les voies respiratoires sous forme inhalée, conduisant à un asthme parfois gravissime pouvant expliquer les cas de décès par bronchospasme dans l’allergie alimentaire.

Cet article est intéressant car il ouvre une nouvelle voie dans la physiopathologie de l’allergie alimentaire.

On sait que des allergènes alimentaires sont volatils et peuvent déclencher des réactions violentes par simple humage, comme c’est le cas pour certains allergènes du poisson.

L’hypothèse d’un bronchospasme sévère par pénétration de l’allergène alimentaire sous forme inhalée est importante à retenir, car cela peut expliquer des manifestations inattendues simplement en entrant dans une pièce où est cuisinée un aliment auquel le patient est allergique.

L’éviction nécessaire est alors encore plus importante que prévue.

Peut-être cela peut il donner une explication à ces histoires cliniques classiques de personnes qui signalent leur allergie alimentaire au restaurateur, qui jure en tenir compte, mais le patient fait malgré tout un accident anaphylactique. Le patient pense que le restaurateur ne l’a pas cru et l’a trompé. L’explication est en fait peut-être celle-ci : le patient allergique a vraisemblablement inhalé des allergènes alimentaires se trouvant dans l’air ambiant du restaurant.

référence :

http://www.allergique.org/article1395.html


Dans la même rubrique

Allergie policière : une détente plus facile devrait permettre d’éliminer les Lupins de notre société !! , Dr Stéphane Guez
Les auteurs démontrent qu’un nouveau procédé physique, la détente instantanée contrôlée (DIC) permet de réduire le potentiel allergénique du lupin in vitro avec une diminution des (...)
Allergie digestive à PR-10 : chercher la petite « Bet » dans un endroit bien mal placé !, Dr Alain Thillay
La classique réactivité, bouleau/Prunoïdés via la PR-10, est sans doute la réaction croisée la plus connue dans le monde allergologique. Pour en étayer le diagnostic, nous (...)
Un examen biologique pour déterminer la persistance ou non d’une allergie au lait de vache., Dr Alain Thillay
Il s’agit d’une étude très pointue faisant appel à l’immunologie fondamentale. Actuellement, nous réintroduisons le lait de vache après un ou deux ans d’éviction en milieu (...)
La vitamine D favoriserait l’allergie alimentaire chez l’enfant ?, Dr Cécilia Nocent
Cette étude allemande publiée dans Allergy bouscule certaines connaissances concernant le rôle de la vitamine D chez l’enfant. Il s’agit d’une étude de grande envergure, découlant (...)
Allergie à la noisette, ça vaut bien les cacahuètes !, Dr Alain Thillay
L’allergie conjointe à l’arachide et aux fruits à coque est un fait avéré que la connaissance des familles moléculaires et le diagnostic résolu par les composants allergéniques ont (...)