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Voies aériennes : à petite taille, grande sensibilité.

par Dr Philippe Carré

publié le  3 août 2003

La taille des voies aériennes n’est pas proportionnelle à l’importance de la réactivité bronchique. Le rapport des débits expiratoires moyens forcés à la capacité vitale forcée en est un reflet, et il est associé à cette réactivité. Les auteurs ont étudié la variation de cette relation chez des sujets des 2 sexes et de tous âges.

Le rapport du débit expiratoire forcé entre 25% et 75% de la capacité vitale à la capacité vitale forcée est un facteur déterminant de la réactivité des voies aériennes et de la sensibilité à la métacholine. : Annie Lin Parker, MD, FCCP ; Muhanned Abu-Hijleh, MD and F. Dennis McCool, MD, FCCP * From the Department of Pulmonary and Critical Care Medicine, Memorial Hospital of Rhode Island and Brown Medical School, Providence, RI. dans Chest. 2003 ;124:63-69

- Objectif.
* Le rapport entre le débit expiratoire forcé entre 25% et 75% de la capacité vitale (DEF25-75) et la capacité vitale forcée (CVF) est sensé représenter le découplage entre la taille des voies aériennes et la taille du poumon.
* Un DEF25-75 abaissé est associé avec une hyperréactivité des voies aériennes à la métacholine chez les adultes d’âge moyen.
* Cette étude est réalisée pour évaluer cette relation chez des sujets des deux sexes dans des tranches d’âge différentes.

- Méthode.
* Recueil des données chez des sujets qui ont ≥ 20% de réduction du VEMS après ≤ 189 unités cumulées de métacholine sur une période de 7 ans.
* Etude réalisée dans un laboratoire d’exploration fonctionnelle respiratoire d’un hôpital universitaire.

- Population. 764 sujets consécutifs âgés de 4 à 91 ans (âge moyen 40.8 ± 19.6 ans) : 223 de sexe masculin (29.3%) et 540 de sexe féminin (70.7%).

- Résultats.
* La réactivité des voies aériennes a été évaluée par la mesure de la pente dose/réponse de la réduction du VEMS à partir de l’état basal versus la dose cumulée de métacholine inhalée.
* La dose cumulative entraînant 20% de réduction du VEMS (DC20) a été utilisée comme indicateur de la sensibilité des voies aériennes.
* A partir d’un modèle de régression linéaire incluant l’âge, la taille, et le pourcentage du VEMS prédictif, le rapport du DEF25-75 / la CVF représentait 7.6% de la variabilité de la réactivité des voies aériennes (p<0.0001).
* Les sujets ayant la sensibilité des voies aériennes la plus importante, caractérisée par la DC20 la plus basse, avaient aussi le rapport DEF25-75 / CVF le plus bas.

- Conclusion. Un rapport DEF25-75 / CVF abaissé, témoignant d’une faible taille des voies aériennes par rapport à la taille du poumon, est associé à une sensibilité plus grande des voies aériennes et une plus grande réactivité à la métacholine chez des sujets prédisposés.

 Dr Philippe Carré

Commentaire de l'auteur :

Le rapport du DEF 25-75 à la CVF a été choisi par les auteurs parce qu’il est sensé représenter un facteur spécifique de la taille des voies aériennes.

L’abaissement de ce rapport est associé à une taille réduite du calibre des voies aériennes.

Cette étude confirme que la baisse du rapport est bien associée à une plus grande sensibilité et réactivité des voies aériennes chez tous les sujets sensibles à la métacholine, et que ce facteur représente en lui-même plus de 7 % de la réactivité, par rapport à des sujets non hyper-réactifs.

Plusieurs facteurs peuvent rendre compte du degré de réactivité des voies aériennes, et il est connu que la taille propre des voies aériennes est un des facteurs discriminants.

Cette étude confirme qu’une taille réduite des voies aériennes peut entraîner une bronchoconstriction plus facile en réponse à des facteurs d’irritation non spécifique (ici la métacholine), et que le calibre bronchique de base est un facteur important de la régulation de la bronchomotricité : à petite taille, grande sensibilité.

référence :

http://www.allergique.org/article1406.html


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