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IgE spécifiques de l’oeuf et valeurs seuil de réintroduction

par Dr Alain Thillay

publié le  17 août 2003

Il serait si simple de faire le diagnostic d’une allergie alimentaire par une simple prise de sang dont le résultat prédirait à quasiment 100% le risque de réaction sévère. C’est tout le travail de cette étude concernant l’allergie à l’œuf. Les choses n’apparaissent pas si simples que cela.

Doses seuil dans les tests de provocation alimentaire et IgE spécifiques chez des patients allergiques à l’œuf : existe-t-il une relation ? : Morten Osterballe, MD Carsten Bindslev-Jensen, MD, PhD, DSc From the Allergy Center, Department of Dermatology, Odense University Hospital dans JACI July 2003 • Volume 112 • Number 1

- CONTEXTE.

  • Des publications antérieures décrivent une relation entre les IgE spécifiques des aliments et les résultats des tests de provocation alimentaire chez les enfants allergiques à l’œuf.
  • Ces investigations définissent différents niveaux de valeurs prédictives dans différentes populations étudiées et ainsi déterminent un certain taux d’IgE spécifiques du blanc d’œuf prédictif d’un résultat positif au test de provocation.

- OBJECTIF. Le propos de cette étude était de déterminer l’intérêt des IgE spécifiques dans l’estimation d’un taux seuil prédictif d’un résultat positif du test de provocation alimentaire.

- METHODES.

  • Cinquante-six enfants étaient évalués pour ce qui concerne leur allergie à l’œuf par des tests de provocation gradués.
  • Le dosage des IgE spécifiques du blanc d’œuf a été pratiqué chez les 56 patients à l’aide de la méthode du « Magic Lite test » et chez 32 de ceux-ci aussi par le CAP System Pharmacia.
  • Les valeurs de ces IgE spécifiques du blanc d’œuf étaient comparées aux résultats des tests de provocation et des niveaux seuil.

- RESULTATS.

  • Le niveau diagnostic d’IgE spécifiques prédisant la réactivité clinique dans cette population avec une certitude à plus de 95% était identifié à 10,8 unités standardisées/ml (Magic Lite) et à 1,5 Kilo-unités/L (CAPRAST), respectivement.
  • Nous n’avons pas trouvé de relation significative entre les IgE spécifiques du blanc d’œuf et le niveau seuil du test de provocation.

- CONCLUSION. Bien que la concentration en IgE spécifiques soit en corrélation avec un test de provocation orale, il n’y avait pas de relation significative entre la quantification des IgE spécifiques et le niveau seuil du test de provocation. Par conséquent, le test de provocation alimentaire standardisé reste toujours l’étalon-or du diagnostic de l’allergie alimentaire.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Cette étude est très intéressante car elle fait le distinguo de l’intérêt des IgE spécifiques de l’œuf, d’une part, dans la corrélation avec la réactivité clinique, et, d’autre part, dans la corrélation avec une dose seuil du test de provocation alimentaire.

Cela veut dire en clair, que si un patient fait des réactions lorsqu’il mange des œufs et qu’il a un certain taux d’IgE spécifiques du blanc d’œuf, il y a de grandes chances (>95%) qu’il soit allergique à ce blanc d’œuf.

Par contre, on ne peut pas utiliser les valeurs des IgE spécifiques du blanc d’œuf pour prédire le niveau de réactivité, puisqu’il n’y a pas de corrélation entre le taux des IgE et la quantité de blanc d’œuf administré qui provoque une réaction lors du test de provocation.

Les auteurs de conclure que le test de provocation alimentaire reste l’étalon-or du diagnostic de l’allergie alimentaire.

On ne peut qu’agréer à cette conclusion. Il existe probablement de nombreux facteurs indépendants de la quantité d’IgE pour expliquer ce manque de corrélation avec les quantités administrées d’aliments testés.

Il n’est qu’à prendre l’exemple des polliniques qui certes ont des symptômes corrélés à l’importance de leur sensibilisation, mais, qui souvent sont atteints sévèrement et n’ont qu’une réactivité cutanée modeste et des taux d’IgE spécifiques relativement modestes.

référence :

http://www.allergique.org/article1429.html


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