Enregistrer au format PDF

Comment prédire la morbidité de l’asthme gravidique ?

par Dr Alain Thillay

publié le  30 août 2003

L’asthme durant la grossesse reste toujours un problème pour le médecin. De fait, Il est intéressant de pouvoir dégager des facteurs prédictifs simples à rechercher (clinique, spirométrie) pour améliorer la prise en charge de l’asthme durant l’évolution de la grossesse. C’est tout le propos de cette étude.

La morbidité de l’asthme gravidique peut-elle être prédite par la classification de la sévérité ? : Michael Schatz, MD, MSa Mitchell P. Dombrowski, MDb
Robert Wise, MDc Elizabeth A. Thom, PhDd Mark Landon, MDe
William Mabie, MDf Roger B. Newman, MDg John C. Hauth, MDh
Marshall Lindheimer, MDi Steven N. Caritis, MDj Kenneth J. Leveno, MDk Paul Meis, MDl Menachem Miodovnik, MDm Ronald J. Wapner, MDn Richard H. Paul, MDo Michael W. Varner, MDp
Mary Jo O’Sullivan, MDq Gary R. Thurnau, MDr Deborah Conway, MDs Donald McNellis, MDt San Diego and Los Angeles, Calif, Detroit, Mich, Baltimore and Bethesda, Md, Washington, DC, Columbus and Cincinnati, Ohio, Memphis, Tenn, Charleston, SC, Birmingham, Ala, Chicago, Ill, Pittsburgh and Philadelphia, Pa, Dallas and San Antonio, Tex, Winston-Salem, NC, Salt Lake City, Utah, Miami, Fla, and Oklahoma City, Okla dans JACI August 2003 • Volume 112 • Number 2

- CONTEXTE. En 1993, le Groupe de Travail du Programme d’Éducation Nationale de l’Asthme gravidique (National Asthma Education Program Working Groupe on Asthma and Pregancy) définissait la sévérité de l’asthme de la manière suivante, léger, modéré ou sévère sur la base de la symptomatologie et de la spirométrie, mais aucune étude n’a évalué la relation entre ce système de classification et la morbidité de l’asthme ultérieure durant la grossesse.

- OBJECTIF. L’objectif de cette étude était d’évaluer la relation entre la classification de la sévérité de l’asthme gravidique et les exacerbations gestationnelles.

- METHODES. La sévérité de l’asthme était définie en accord avec la classification de 1993, ajustée pour inclure le recours aux médicaments, dans un échantillon de 1739 femmes enceintes asthmatiques volontaires qui étaient à moins de 26 semaines de grossesse.

- RESULTATS.
* La classification initiale de l’asthme (léger, modéré, ou sévère) était significativement en relation avec la morbidité ultérieure de l’asthme gravidique (hospitalisations, consultations non-programmées, recours aux corticostéroïdes et symptômes asthmatiques lors du travail et de la délivrance).
* Les exacerbations durant la grossesse apparaissaient chez
** 12,6% des patientes initialement classées comme asthme léger,
** 25,7% des patientes classées comme asthme modéré
** et 51,9% des patientes classées comme asthme sévère.
* La morbidité de l’asthme était similaire quelque soit la classification de l’asthme, qu’il soit modéré ou sévère, en considérant la clinique, la spirométrie ou le recours aux médicaments.
* Trente pour cent des patientes initialement classées asthme léger étaient reclassées en asthme modéré à sévère durant la grossesse, et 23% de celles initialement classées modéré à sévère étaient reclassées comme asthme léger pendant la grossesse ; la morbidité de l’asthme chez ces patientes était donc modifiée.

- CONCLUSION. La classification de la sévérité de l’asthme du « National Asthma Education Program Working Group on Asthma and Pregnancy » adaptée pour inclure l’usage des médicaments, est prédictive de la morbidité ultérieure de l’asthme gravidique.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

En clair, ce travail américain démontre que la classification de la sévérité de l’asthme établi par un groupe de travail national en 93 est bien prédictive de la morbidité de l’asthme durant la grossesse.

On peut noter aussi que visiblement certains asthmes sont modifiés en amélioration ou en aggravation lors de la grossesse.

C’est ce qui nous fait dire souvent à nos patientes asthmatiques qui débutent une grossesse, -elles posent très souvent la question-, que l’asthme va rester stable, va s’aggraver ou au contraire s’améliorer.

L’enseignement qu’inspire cette publication, c’est que nous devons nous évertuer à équilibrer l’asthme avant le début de la grossesse.

référence :

http://www.allergique.org/article1473.html


Dans la même rubrique

Le mammouth doit apprendre à traiter l’asthme : à la Pentecôte ?, Dr Stéphane Guez
Dans ce travail les auteurs démontrent que les séances d’éducation de l’asthme réalisées par un enseignant directement à l’école pour les enfants asthmatiques entraînent une meilleure (...)
Corticostéroïdes inhalés dans la BPCO : (méta) régression ou pas ?, Dr Philippe Carré
Les auteurs ont analysé 11 essais contrôlés randomisés publiés entre 1988 et 2008, incluant 8164 patients atteints de BPCO, évaluant l’efficacité des CSI versus placebo dans la (...)
L’asthme de la femme enceinte protège-t-il contre les effets du tabagisme sur le fœtus ? Hypothèse fumeuse ! , Dr Philippe Carré
L’exposition active ou passive à la fumée de tabac chez la femme enceinte est associée dans la littérature à un poids de naissance abaissé de leur progéniture. La modification de ce (...)
Les recommandations de prise en charge de l’asthme n’engagent que ceux qui les écrivent !, Dr Philippe Carré
Les auteurs ont évalué, dans des services d’urgence (SU) hospitaliers américains, la fréquence de prescription des corticoïdes (CT) par voie générale chez les patients (de 1 à 64 (...)
Qui sifflera en premier, sifflera en dernier !, Dr Charles, Charbel EL HACHEM
Les auteurs rapportent dans cette étude la responsabilité du VRS dans le développement de l’asthme et de l’allergie respiratoire à l’âge de 13 ans. Deux groupes de patients sont (...)