Utilité des thérapeutiques antihistaminiques sur le prurit de la dermatite atopique
par
publié le 15 octobre 2003
Le prurit représente un symptôme très invalidant chez les patients souffrant de dermatite atopique. L’efficacité des antihistaminiques de seconde génération est analysée en corrélation avec le dosage de paramètres biologiques.
Modification des taux sériques de l’histamine et de la tryptase attestant de l’efficacité des antihistaminiques de seconde génération dans le prurit de la dermatite atopique : Imaizumi A, Kawakami T, Murakami F, Soma Y, Mizoguchi M.
Department of Dermatology, St. Marianna University School of Medicine, 2-16-1 Sugao, Miyamae-ku, Kawasaki, 216-8511, Kanagawa, Japan
dans J Dermatol Sci. 2003 Oct ;33(1):23-9
La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique qui débute le plus souvent dans l’enfance. Elle évolue par poussées entrecoupées de rémission.
La dermatite atopique est caractérisée par un prurit intense et un grattage qui sont modulés par des facteurs génétiques, immunologiques et environnementaux.
L’histamine représente le médiateur le plus puissant dans l’induction du prurit. La tryptase est également un médiateur largement utilisé dans les investigations des maladies allergiques.
Le développement des antihistaminiques à faible action sédative a modifié la prise en charge des maladies allergiques.
Objectif :
* L’étude évalue l’efficacité des antihistaminiques de seconde génération sur le prurit de la dermatite atopique.
* L’analyse repose sur la mesure de l’histamine et de la tryptase sérique.
* L’étude compare la réponse des dermocorticoïdes et des émollients en association avec un traitement antihistaminique.
Méthodes :
* 32 patients souffrant de dermatite atopique, âgés de 14 à 54 ans avec une moyenne d’âge de 24+/- 7.1 ans, ont participé à l’étude.
* Le groupé témoin comporte 39 patients sains.
* Un traitement antihistaminique est proposé pendant 2 semaines, soit par oxatomide ou par epinastine.
* Les patients ont été séparés en 2 groupes en fonction de l’utilisation ou non d’un dermocorticoïde en association avec l’antihistaminique.
* Le groupe 1, composé de 17 patients atopiques, applique un dermocorticoïde 1 à 2 fois par jour pendant 2 semaines, et le groupe 2 qui concerne 15 patients applique seulement un émollient.
* L’étude évalue la sévérité de la dermatite atopique, le score prurit, et dose l’histamine et la tryptase sériques.
Résultats :
* Globalement, une amélioration clinique est observée au terme de 2 semaines de traitement antihistaminique.
* La sévérité de la dermatite atopique et le score de prurit sont améliorés dans le groupe 1 avec des différences statistiquement significatives, respectivement <.001 et <.05.
* La sévérité de la dermatite atopique n’est pas modifiée dans le groupe 2.
* L’histamine plasmatique est significativement plus élevée dans les groupes des patients souffrants de dermatite atopique en comparaison avec les témoins.
* La concentration en histamine diminue sous traitement antihistaminique, sans différence entre les 2 groupes.
* En revanche, la concentration en tryptase n’est pas différente entre les patients atteints de dermatite atopique et les témoins.
Conclusion :
* Les concentrations sériques de l’histamine et de la trypsine diminuent significativement après traitement antihistaminique, p<.05.
* La corrélation significative entre les taux de base de l’histamine et de la tryptase n’est plus observée après un traitement antihistaminique. Les difficultés du dosage de la trypsine, présente en quantité faible, reflètent certainement l’insuffisance des techniques de détection actuelles.
* L’étude suggère que les antihistaminiques de seconde génération améliore le grattage chez les patients souffrant de dermatite atopique, surtout s’ils bénéficient d’un traitement par dermocorticoïdes.
* D’autres études sont nécessaires pour préciser la place exacte des nouveaux antihistaminiques dans le traitement de la dermatite atopique.


Commentaire de l'auteur :
L’utilité des antihistaminiques pour améliorer le symptôme « grattage » est démontrée dans la dermatite atopique.
On peut déplorer le faible nombre de patients analysés, et surtout l’absence d’enfants inclus dans l’étude en connaissance de la forte prévalence à cet âge.
En définitive, les thérapeutiques conventionnelles, dermocorticoïdes en particulier, sont favorisées.
Il ne faut pas négliger les thérapeutiques d’appoint, comme les antihistaminiques de seconde génération, capable de réduire significativement le prurit observé au cours de la dermatite atopique.
référence :
http://www.allergique.org/article1618.html
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