Pas de bol : impossible de lire cet article sans une aspirine et il n’intéressera que les allergiques.. à l’aspirine !!

vendredi 30 avril 2004 par Dr Stéphane Guez1581 visites

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Pas de bol : impossible de lire cet article sans une aspirine et il n’intéressera que les allergiques.. à l’aspirine !!

Pas de bol : impossible de lire cet article sans une aspirine et il n’intéressera que les allergiques.. à l’aspirine !!

vendredi 30 avril 2004, par Dr Stéphane Guez

Pourquoi certains patients ayant une urticaire chronique ne supportent-ils pas l’aspirine ? Y a-t-il des anomalies identiques à celles que l’on rencontre chez les patients ayant un asthme avec intolérance à l’aspirine ? Ce sujet vous passionne ? Tant mieux et bonne lecture.

Hypersensibilité à l’aspirine : modifications commune des eicosanoïdes dans l’urticaire et l’asthme. : Mastalerz L, Setkowicz M, Sanak M, Szczeklik A.

Departments of Medicine and Dermatology, Jagiellonian University School of Medicine, ul. Skawinska 8, 31-066 Krakow, Poland

dans J Allergy Clin Immunol. 2004 Apr ;113(4):771-5

L’aspirine et d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (NSAIDs) peuvent entraîner des réactions indésirables dans 2 situations cliniques apparemment très différentes : l’asthme bronchique et l’urticaire chronique idiopathique.

Des études récentes montrent que les réactions sont activées par les médicaments qui inhibent la cyclooxygénase 1 mais pas la cyclooxygénase 2.

- Objectif de l’étude : Evaluer si les patients ayant une urticaire chronique (UIC) avec une intolérance à l’aspirine partagent des modifications communes des eicosanoïdes avec des patients ayant un asthme à l’aspirine.

- Méthodologie :

  • 74 patients ayant une UCI et des antécédents d’intolérance à l’aspirine et aux AINS ont eu des tests de provocation per os à l’aspirine en double aveugle avec placebo.
  • Les concentrations urinaires des leucotriènes E4 ont été mesurées par test ELISA, et le métabolite plasmatique stable de prostaglandine D2, la 9alpha,11beta prostaglandine F(2) a été mesuré par GC/MS.
  • Toutes les mesures ont été réalisées à l’état de base puis après une dose d’aspirine.
  • Les patients ont eu un génotype du polymorphisme simple du promoteur de la leucotriène C4 synthétase (LTC4S).

- Résultats :

  • Chez 30 des 74 patients, le test de provocation à l’aspirine est positif entraînant une urticaire et un angio-oedème.
  • Chez ces 30 patients, à l’état de base, les taux urinaires de LTE4 sont plus élevés de façon significative après le début de la réaction clinique. Une telle augmentation n’est pas observée chez les patients qui ont un test de provocation à l’aspirine négatif.
  • Les taux urinaires de LTE4 sont corrélés à la sévérité des réactions cutanées.
  • Les taux de la prostaglandine 9alpha,11beta prostaglandine F(2) augmentent de façon significative à la fois chez les répondeurs et les non répondeurs, bien que dans ce dernier groupe l’augmentation surviennent plus tardivement que dans le premier.
  • Chez les patients qui réagissent à l’aspirine, la fréquence de l’allèle 444C du LTC4S est significativement plus élevée que chez les patients qui ne réagissent pas.

- Conclusions : L’urticaire chronique avec intolérance à l’aspirine est caractérisée par des modifications des eicosanoïdes qui sont identiques à celles rencontrées dans l’asthme avec intolérance à l’aspirine.


Dans ce travail, les auteurs démontrent que l’urticaire avec intolérance à l’aspirine et l’asthme avec intolérance à l’aspirine partagent des modifications identiques du métabolisme des leucotriènes avec une augmentation significative des taux urinaires de LTE4 en raison de modification génétique de la LTC synthétase.

Ce travail est très intéressant car il permet de comprendre finalement le lien entre des pathologies très différentes mais qui partagent un point commun : une intolérance à l’aspirine.

Depuis longtemps cette équipe a démontré un lien avec le métabolisme de l’acide arachidonique et en particulier avec la voie des leucotriènes. Cependant ce travail permet de mettre en évidence des modifications de production des LTE4 uniquement chez les patients qui ont un test de provocation positif à l’aspirine.

Mieux, il existe de façon associée, des modifications génétiques du gène du promoteur de la LTC4 synthétase.

On comprend donc que cette affection n’atteigne pas tous les patients et que des patients, ayant une urticaire chronique ou un asthme, peuvent tolérer l’aspirine s’ils n’ont pas cette structure génétique particulière.

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