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La Lidocaïne, cela ne sert pas qu’à ne plus avoir mal !

par Dr Alain Thillay

publié le  13 mai 2004

La Lidocaïne, anesthésique local de la classe des Amides, aussi indiqué dans le traitement de certains troubles du rythme cardiaque, trouve ici un autre champ d’application inhabituelle. Il s’agissait de montrer son efficacité dans l’asthme léger à modéré.

Traitement de l’asthme par la Lidocaïne nébulisée : étude contrôlée, randomisée, contre placebo. : Loren W. Hunt, MDa Evangelo Frigas, MDa
Joseph H. Butterfield, MDa
Hirohito Kita, MDa,c
Judith Blomgren, RNa Sandra L. Dunnette, BAc
Kenneth P. Offord, MSb Gerald J. Gleich, MDa,c*

From athe Department of Internal Medicine, Division of Allergic Diseases, bthe Division of Biostatistics, and cthe Department of Immunology, the Allergic Diseases Research Laboratory, Mayo Clinic and Foundation, Mayo Graduate School of Medicine USA

dans JACI May 2004 • Volume 113 • Number 5

- CONTEXTE

  • Dans deux études antérieures non contrôlées, la Lidocaïne nébulisée réduisait le recours aux glucocorticoÏdes per os chez des patients atteints d’asthme sévère corticodépendant.

- OBJECTIF

  • Nous avons testé l’efficacité et la sécurité d’emploi de la Lidocaïne nébulisée dans une étude contrôlée, randomisée, contre placebo chez des patients souffrant d’un asthme léger à modéré.

- METHODES

  • 50 sujets ont été recrutés (25 recevant de la Lidocaïne et 25 recevant un placebo) ; tous avaient subi un VEMS avant bronchodilatation dont les valeurs se situaient entre 64% et 125% de la valeur normale prédite et étaient traités par un corticostéroïde inhalé (mais pas de corticostéroïde per os) et bronchodilatateur depuis au moins 2 mois.
  • Avant traitement, les patients ont enregistré leurs symptômes et les valeurs du DEP et maintenaient leur traitement durant 2 semaines.
  • Lors de l’initiation de l’étude, les sujets ont inhalé soit un placebo nébulisé (solution saline) soit la Lidocaïne nébulisée (4%, 100 mg) 4 fois par jour.
  • Tous les sujets recevaient la consigne de réduire la posologie de leur corticostéroïde inhalé par moitié chaque semaine durant 3 semaines et de le suspendre au bout de 4 semaines.
  • Les sujets poursuivaient la Lidocaïne nébulisée ou le placebo sur une durée totale de 8 semaines, enregistraient leurs symptômes et avaient recours à leur bronchodilatateur afin de contrôler les symptômes.

- RESULTATS

  • Les indicateurs de la sévérité de l’asthme montraient un bénéfice pour le groupe traité par Lidocaïne : modification du VEMS (P<ou= 0,001), réveils nocturnes (P<ou= 0,02), symptômes (P<ou= 0,010), recours au bronchodilatateur (P<ou=0,010), et éosinophile sanguins (P<ou=0,020).
  • Les sujets des deux groupes réduisaient l’usage des corticostéroïdes inhalés de façon comparable.
  • Les sujets du groupe placebo avaient une augmentation de leur score symptomatique, du recours au bronchodilatateur (P<ou=0,05 pour ces deux items), les éosinophiles sanguins (P<ou=0,01) et une diminution du VEMS (P<ou=0,001).

- CONCLUSION

  • La Lidocaïne nébulisée a procuré un effet thérapeutique efficace et sûr chez des sujets présentant un asthme léger à modéré.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Cette étude semble indiquer que les patients souffrant d’un asthme léger à modéré sous corticostéroïdes inhalés à doses dégressives et sous Lidocaïne nébulisée voient l’ensemble des critères de l’asthme s’améliorer.

A l’inverse, les asthmatiques dans les mêmes conditions thérapeutiques concernant le corticostéroïde inhalé mais sous placebo nébulisé voient au contraire une aggravation des critères de l’asthme.

Si cela se vérifiait dans d’autres études de plus grande ampleur, il faudrait s’interroger sur le mode d’action de la Lidocaïne.

La Lidocaïne est considérée, en tant qu’agent anti-arythmique, comme un inhibiteur des canaux sodiques dépendants du potentiel. En réduisant la perméabilité membranaire aux ions Na+, les Amides inhibent la dépolarisation et la conduction nerveuse.

Cela pourrait signifier que la Lidocaïne agit sur la composante neurogène du bronchospasme et/ou du mécanisme inflammatoire bronchique de l’asthme. Voilà un aspect intéressant de la physiopathologie de l’asthme qui devrait permettre d’ouvrir d’autres voies de recherche.

référence :

http://www.allergique.org/article2134.html


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