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Mignonne, allons voir si la rose est allergisante ?

par Dr Alain Thillay

publié le  10 décembre 2004

L’asthme professionnel est une pathologie préoccupante dans de nombreux domaines technologiques. Ici, il s’agissait, dans cette étude d’origine turque, de savoir si l’allergie à la rose était susceptible d’entraîner une augmentation de l’asthme chez des sujets travaillant à l’extraction de l’huile de rose.

Asthme professionnel, éosinophilie, tests cutanés et IgE totales sériques chez des travailleurs à la production d’huile de rose. : Akkaya A, Ornek Z, Kaleli S.

Department of Chest Diseases, Suleyman Demirel University, School of Medicine, Isparta, Turkey.

dans Asian Pac J Allergy Immunol. 2004 Jun-Sep ;22(2-3):103-8

- OBJECTIF

  • Le but de cette étude était de déterminer le taux d’asthme professionnel chez des sujets travaillant à l’extraction sur la rose.

- METHODES

  • Les tests cliniques spécifiques ont été pratiqués sur 52 travailleurs randomisés et choisis parmi quatre unités d’extraction végétale et statistiquement comparés aux résultats de 30 sujets contrôles comparables en âge, sexe, mais n’ayant jamais travaillé dans le domaine de ce type de plantations.

- RESULTATS

  • Il n’y avait aucune différence significative pour ce qui concerne les épreuves fonctionnelles respiratoires entre les deux groupes.
  • Des valeurs significativement plus élevées d’IgE sériques totales ont été observées (p<0,0001) chez les sujets tests (239,08+/-240 UI/ml) comparés aux sujets contrôles (81,33+/-61,45 UI/ml).
  • Il existait aussi une différence pour ce qui concerne l’éosinophilie (p<0,0001) entre le groupe contrôle et le groupe test, avec respectivement des valeurs moyennes de 2,28+/-2,75% et 0,73+/-1,72%.
  • Un test cutané préparé à l’aide d’un allergène spécifique de la rose (Rosa domescena) était positif dans 53,84% des cas parmi les sujets du groupe test alors qu’il n’était que de 5,33% dans le groupe contrôle.

- CONCLUSIONS

  • Nous avons démontré l’implication du pollen de Rosa domescena dans l’allergie professionnelle au travers d’un mécanisme IgE médié.
  • Nous en concluons que les sujets travaillant à l’extraction de l’huile de rose sont plus sensibles au pollen de la rose.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Les conclusions de cette étude sont simples : il existerait une allergie au pollen de rose et celle-ci serait fréquente parmi le personnel d’unités d’extraction d’huile de rose.

Il est un peu dommage que les auteurs n’aient pas fait fabriquer un CAP RAST au pollen de rose afin de confirmer réellement le mécanisme IgE médié. Il est aussi dommage qu’ils n’aient pas pratiqué un testing complet.

Par contre, il semblerait que cette sensibilisation au pollen de rose ne soit pas à l’origine d’asthme. Là aussi, le résumé de cette étude ne dit pas de quels symptômes souffrent les sujets travaillant à l’extraction d’huile de rose. S’agirait-il d’une simple sensibilisation ou d’une réelle allergie avec les manifestations cliniques ?

En tous cas, cette étude, qui demande confirmation, attire notre intention sur l’intérêt de rechercher une allergie à tous les « matériaux » professionnels. Ici, même si l’allergie à la rose peut apparaître réellement anecdotique pour des Allergologues d’Europe Occidentale, il en est tout autrement en Orient où les métiers sont différents.

référence :

http://www.allergique.org/article2496.html


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