Enregistrer au format PDF

Vasoconstricteurs sympathomimétiques : attention ça croise !

par Dr Clément FOURNIER

publié le  13 décembre 2004

En pratique allergologique, les vasoconstricteurs nasaux (sympathomimétiques) rendent bien des services. L’allergie à ces produits est rare mais possible. Cette étude s’est intéressée à la possibilité de réactions croisées entre ces molécules.

Allergie aux médicaments sympathomimétiques : étude des réactions croisées par patch tests. : Barranco R, Rodriguez A, de Barrio M, Trujillo MJ, de Frutos C, Matheu V, Tornero P, Herrero T.

Allergy Unit, Hospital General Universitario Gregorio Maranon, Madrid, Spain.

dans Am J Clin Dermatol. 2004 ;5(5):351-5.

- Introduction :

  • Les sympathomimétiques sont principalement utilisés en raison de leurs propriétés vaso-constrictives, notamment dans la congestion nasale ou comme mydriatiques.
  • Malgré cette utilisation fréquente, les réactions allergiques restent rares, en particulier lorsque le traitement est administré par voie générale.
  • Des réactions croisées doivent exister entre les dérivés des catécholamines, bien que les données sur le sujet soient contradictoires.
  • Dans cette étude, nous avons recherché l’existence de réactivité croisée entre ces médicaments par patch-test.

- Matériel et méthodes :

  • Des patch-tests étaient réalisés chez 14 patients ayant une histoire allergique à l’un de ces médicaments en utilisant les concentrations suivantes diluées dans du diméthyl sulfoxide (DMSO) :
    • 10% de phényléphrine
    • 10% de pseudoéphedrine
    • 10% et 20% d’éphedrine
    • 10% phénylpropanolamine
    • 5% fépradinol
    • 1% méthoxamine
    • 10% oxymétazoline
  • Le DMSO était utilisé comme témoin négatif

- Résultats :

  • Tous les patients sauf 1 (patient n°5) avaient des patch-tests positifs à au moins 2 des médicaments.
    • 9 patients (64.3%) avaient des sensibilisations croisées à 3 médicaments ou plus,
    • 57.1% des patients avaient des sensibilisations à 4 médicaments sympathomimétiques ou plus.
  • Les patients ayant présenté des rashs cutanés généralisés après prise orale de pseudoéphédrine avaient des réactions plus importantes et plus de sensibilisations croisées avec les autres médicaments sympathomimétiques en patch-tests que les patients ayant présenté des allergies cutanées de contact.

- Conclusion :

  • Nous en concluons qu’il existe des réactions croisées entre les divers médicaments sympathomimétiques, en particulier lorsqu’ils sont administrés par voie générale.

 Dr Clément FOURNIER

Commentaire de l'auteur :

Cette étude, bien que comportant un petit nombre de patients, nous éclaire sur l’existence de réactions croisées possibles en cas d’allergie aux sympathomimétiques.

Ces résultats incitent à être prudents en cas de réaction allergique à l’un de ces médicaments, et d’envisager des tests cutanés avant d’introduire un autre sympathomimétique à l’aveugle.

référence :

http://www.allergique.org/article2499.html


Dans la même rubrique

Allergie à la pénicilline ? Donnez une céphalosporine !, Dr Jean-Charles Bonneau
Il aurait été intéressant de connaître les résultats des tests cutanés réalisés pour les pénicillines et les céphalosporines ; de savoir si les introductions des céphalosporines ont eu (...)
Intolérant à l’aspirine : qui es-tu ? que fais-tu ? que deviens-tu ?, Dr Stéphane Guez
Dans ce travail les auteurs précisent d’après l’étude de 300 patients intolérants à l’aspirine, que cette maladie : débute vers trente ans ; dans les 2 sexes ; qu’elle est (...)
Allergie aux curares : les femmes paient le plus lourd tribut !, Dr Alain Thillay
Les réactions allergiques aux anesthésiques sont certes rares mais potentiellement graves pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Cette étude épidémiologique française effectuée (...)
S’il vous plait les enfants, arrêtez de rougir sous antibiotiques…, Dr Céline Palussière
Les auteurs de cette étude américaine ont étudié le nombre de bilans allergologiques (tests cutanés et/ou test de réintroduction) pour les pénicillines, chez 96 enfants ayant (...)
Traitement du reflux : ça tousse., Dr Alain Thillay
A priori cette étude de cas impute à l’Omeprazole cette toux persistante. La démarche diagnostique semble convaincante, l’arrêt du traitement voit la toux disparaître, la reprise (...)