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Ca gaze facilement à l’effort chez l’asthmatique.

par Dr Philippe Carré

publié le  26 novembre 2005

La bronchoconstriction induite par l’exercice (BIE) est si fréquente dans l’asthme de l’enfant qu’elle est un témoin de l’inflammation bronchique et un facteur de contrôle de la maladie. Mais elle nécessite la réalisation d’un test à l’exercice. La mesure du NO expiré, marqueur inflammatoire plus simple à réaliser, est-elle corrélée à la BIE ?

L’oxyde nitrique (NO) expiré prédit la bronchoconstriction induite par l’exercice chez les enfants asthmatiques scolarisés. : Frederik Buchvald, MD, PhD ; Mette N. Hermansen, MD ; Kim G. Nielsen, MD and Hans Bisgaard, MD, DMSci

* From the Danish Pediatric Asthma Centre, Department of Pediatrics, Copenhagen University Hospital, Gentofte, Denmark.

dans Chest. 2005 ;128:1964-1967

- Contexte

  • La bronchoconstriction induite par l’exercice (BIE) revêt une importance particulière chez les enfants asthmatiques.
  • C’est un facteur important de mesure de l’asthme et elle devrait être évaluée par un test à l’effort.
  • Cependant, le test à l’exercice requiert une demande importante en ressources de santé et n’est donc pas utilisé largement en routine pour surveiller le contrôle de l’asthme en milieu pédiatrique.
  • La concentration de NO expiré (NOe) reflète aussi le contrôle de l’asthme.
  • Les auteurs émettent l’hypothèse que le NOe pourrait être utilisé en pré-screening chez les enfants asthmatiques, pour éliminer ceux ayant un bon contrôle de l’asthme et peu propices à avoir une BIE, diminuant ainsi la nécessité de recourir à un test à l’exercice.

- Objectif

  • Estimer la valeur de la fraction de NOe comme prédicteur de la BIE chez les enfants asthmatiques.

- Méthodes

  • Des enfants asthmatiques scolarisés en état stable ont eu des tests à l’exercice standardisés et des mesures de NOe.

- Résultats

  • La mesure de la fraction de NOe et la réponse à un test à l’exercice standardisé sous-maximal sur tapis roulant ont été réalisés chez 111 enfants asthmatiques scolarisés.
  • La BIE pouvait être exclue avec une probabilité de 90% chez les enfants asthmatiques avec une fraction de NOe < à 20 parties par billion (ppb) en l’absence de traitement corticoïde inhalé ; et < à 12 ppb chez ceux avec une corticothérapie inhalée.

- Conclusion

  • La mesure de la fraction de NOe est un outil simple, rapide et économique, qui pourrait être utilisé pour détecter une BIE, et optimiser ainsi le recours aux tests à l’exercice pour le monitoring de l’asthme pédiatrique.

 Dr Philippe Carré

Commentaire de l'auteur :

La mesure du NO expiré (NOe) et la BIE sont des témoins de l’inflammation bronchique dans l’asthme. Mais la mesure du NO est un test simple d’utilisation, alors que le test à l’exercice est plus lourd à mettre en œuvre.

Y a-t-il une bonne corrélation entre le NOe et la BIE ? C’est l’objet de cette étude.

111 enfants asthmatiques en état stable ont eu une mesure des 2 indices, et il existe une bonne corrélation entre les 2 : une fraction de NOe < à 20 ppb chez les enfants sans corticoïdes inhalés et < à 12 ppb chez ceux sous corticoïdes inhalés, permet d’exclure à 90% une BIE.

La mesure du NOe semble donc un test performant pour éliminer une BIE chez les enfants asthmatiques et pourrait être un examen de screening des patients, évitant la réalisation d’un test à l’exercice. D’autant que c’est un examen rapide et peu onéreux.

Cet article part du principe que l’asthme à l’exercice doit être recherché de façon appropriée chez tout enfant asthmatique, car sa présence témoigne d’une inflammation persistante et donc d’une maladie non équilibrée. Certes, mais cette recherche est rarement effectuée en pratique courante chez l’enfant et il existe d’autres éléments de diagnostic : interrogatoire, examen clinique, mesure éventuelle du débit de pointe à l’effort.

Par ailleurs, ce test est peu disponible en France en dehors de centres spécialisés, et n’a pas été validé dans la surveillance des enfants asthmatiques. Il reste donc un élément intéressant dans la physiopathologie de la maladie et peut-être un élément d’avenir dans la surveillance de la maladie.

D’autres techniques de mesure simplifiée de l’inflammation bronchique sont en cours d’évaluation, à partir notamment des condensats d’air exhalé au cours de la respiration. Elles pourront certainement apporter une aide dans la surveillance de l’inflammation bronchique, si leur validation est obtenue.

référence :

http://www.allergique.org/article2923.html


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