La spiro dépoussière le diagnostic de l’asthme ?

lundi 28 novembre 2005 par Dr Hervé Couteaux1454 visites

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La spiro dépoussière le diagnostic de l’asthme ?

La spiro dépoussière le diagnostic de l’asthme ?

lundi 28 novembre 2005, par Dr Hervé Couteaux

Le diagnostic d’asthme repose sur un ensemble de symptômes et sur des critères spirométriques. Ce diagnostic est difficile, et l’on cherche depuis longtemps d’une part à évaluer la sensibilité et la spécificité de certains items et d’autre part à simplifier cette démarche diagnostique complexe.

Critères spirométriques de l’asthme : de nouveaux éléments à verser au dossier : Yi-Giien Tsai1, Jien-Wen Chien1, Woan-Ling Chen2, Jeng-Jer Shieh2 and Ching-Yuang Lin1

1Department of Pediatrics, Children’s Hospital, Changhua Christian Hospital, Institute of Medical Research, Chang Jung Christian University, Changhua, Taiwan, 2Department of Medical Research, Children’s Hospital, Changhua Christian Hospital, Institute of Medical Research, Chang Jung Christian University, Changhua, Taiwan

dans Pediatric Allergy and Immunology 16 (7), 602-608

-Contexte :

  • Des moyens objectifs d’évaluation de la fonction pulmonaire sont considérés comme essentiels pour le diagnostic de l’asthme.
  • le degré de réversibilité du VEMS (FEV1) considéré comme critère contributif au diagnostic de l’asthme varie selon les guidelines internationales.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à comparer les performances relatives des critères de réversibilité des guidelines internationales dans l’identification des altérations présentées par des personnes ayant une réponse bronchodilatatrice significative (SBR), sans diagnostic d’asthme.

- Méthodes :

  • l’étude de cohorte du nord-ouest d’Adélaïde, portant sur 4060 sujets, a pratiqué des spirométries selon les critères de l’American thoracic society.
  • SBR a été défini par une augmentation du VEMS après bronchodilatateur d’au moins 12 % ou 15 % des valeurs de base, d’au moins 19 % des valeurs théoriques, ou d’au moins 400 ml.
  • l’asthme a été validé par un auto-questionnaire, de même que les symptômes respiratoires et la démographie des participants.

- Résultats :

  • La prévalence de l’asthme a été de 9,4 % (n = 380) tandis que 1,3 % (supérieur ou égal à 400 ml) à 4,5 % (supérieur ou égal à 9 % des valeurs théoriques) des participants ont montré une SBR en absence d’asthme.
  • Sauf l’exception du critère 9 % des valeurs théoriques, la moyenne pré-bronchodilatateur du VEMS (en pourcentage des valeurs prédites) chez ceux ayant montré une SBR en l’absence d’asthme a été significativement plus mauvaise que celle du groupe asthme.
  • Dans le groupe SBR, il a été ressenti significativement plus de symptômes respiratoires que dans le groupe sans asthme.
  • Des analyses de régression logistique ont permis d’identifier les différentes caractéristiques des sujets classés par les critères suivants :
    • « 12 et 15 % », âge supérieur ou égal à 40 ans et revenu familial de moins de 40 000 dollars ;
    • « 9 % des valeurs théoriques », revenu familial de moins de 40 000 dollars ;
    • « 400 ml », sexe masculin (odd ratio, 4.5 ; 95 % CI, 2.1 - 9.3).

- Conclusions :

  • Des critères différents identifient des personnes différentes, mais SBR, quel que soit le critère retenu, a été associé à des altérations respiratoires significatives dont certaines seulement pouvaient être attribuées à l’asthme.
  • l’amélioration du VEMS post bronchodilatateur estimé en pourcentage des valeurs théoriques a été le critère le moins biaisé.

Des spirométries réalisées chez 4060 personnes n’ont pas permis de retrouver un lien entre une réponse significative du VEMS après bronchodilatateur (SBR) et la présence d’un asthme diagnostiqué par auto-questionnaire.

Cette SBR est corrélée à des altérations respiratoires dont certaines seulement sont d’origine asthmatique.

Le critère de SBR le moins biaisé s’exprime en pourcentage des valeurs théoriques.

Alors, faut-il brûler ces critères spirométriques que nous avons tous adoré ?

Relevons simplement que la présence d’une SBR n’a été retrouvée que chez 4.5% des sujets et que le diagnostic d’asthme n’a été porté que sur des réponses à un auto-questionnaire ; ces deux éléments restreignent singulièrement la portée des résultats de cette étude.

En pratique, le diagnostic de l’asthme ne devrait pas trop s’en trouver bouleversé : il nécessite toujours une démarche clinique rigoureuse et fouillée (aucun symptôme n’étant spécifique) complétée par des arguments spirométriques qui n’ont pas de valeur absolue intrinsèque et qui sont toujours à interpréter, rappelons le.

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