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Dans la jungle allergologique le bétalactame-tam ne doit plus faire peur !!

par Dr Stéphane Guez

publié le  7 septembre 2007

L’allergie aux Bétalactamines est fréquente. Les manifestations rapportées par les patients sont soient immédiates soient retardées. L’exploration allergologique sera différente en fonction des cas. Y a-t-il une corrélation entre le type de manifestation et la rapidité de cette même manifestation clinique ?

Présentation clinique et déroulement dans le temps des réactions d’hypersensibilité aux bétalactames : P. J. Bousquet, V. Kvedariene, H.-B. Co-Minh, P. Martins, M. Rongier, B. Arnoux, P. Demoly

1Exploration des Allergies, Service des Maladies Respiratoires, Hôpital Arnaud de Villeneuve, University Hospital of Montpellier ; 2INSERM U454-IFR3, Hôpital Arnaud de Villeneuve, Montpellier, France ; 3Vilnius University Hospital Santariskiu klinikos, Vilnius, Lithuania ; 4Immunoallergy Department, Hospital Dona Estefania, Lisboa, Portugal ; 5Département de l’Information Médicale, GHU Caremeau, Place du professeur Robert Debré, CHU Nîmes, Nîmes, France

dans Allergy
Volume 62 Issue 8 Page 872-876, August 2007

- Introduction :

  • Les réactions aux bétalactames sont classées en réactions immédiates et non immédiates.
  • Le diagnostic est habituellement basé sur des tests cutanés et sur des tests de provocation.

- Objectif de l’étude :

  • Le déroulement de la réaction dans le temps dans les cas prouvés d’allergie aux Bétalactamines a été étudié ainsi que la corrélation avec les symptômes afin de déterminer les relations entre présentation clinique et déroulement de la réaction.

- Matériel et méthode :

  • Tous les patients qui ont consulté entre 1996 et 2004 pour une suspicion d’allergie aux Bétalactamines ont été inclus.
  • 210 patients ayant une allergie prouvée selon les critères du Groupe de Travail Européen sur l’Allergie Médicamenteuse ont été inclus dans cette étude.

- Résultats :

  • Parmi les patients :
    • 36.7% ont de l’urticaire comme unique manifestation clinique,
    • 19.1% une réaction anaphylactique sans choc,
    • 17.6% un choc anaphylactique
    • et 19.1% un exanthème maculo-papuleux.
  • Le choc anaphylactique et l’anaphylaxie surviennent le plus souvent dans l’heure après l’administration du médicament.
  • L’exanthème survient le plus souvent après 24h.
  • L’urticaire comme symptôme unique peut survenir aussi bien de façon immédiate que retardée.
  • Le diagnostic de certitude est déterminé par des tests immédiats en pricks (10%), des IDR (38.1%), des tests cutanés à lecture retardées (19.1%) ou des tests de provocation (32.9%).

- Conclusion et application clinique :

  • En fonction du délai de survenue de la réaction, 3 formes cliniques sont identifiées :
    • anaphylaxie et choc anaphylactique (réaction immédiate),
    • exanthème maculo-papuleux (réaction retardée), et
    • urticaire (réactions immédiates ou retardées.)

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Dans ce travail portant sur un grand nombre de patients, les auteurs montrent qu’il existe un lien entre le type de manifestation clinique et la rapidité d’installation de cette manifestation.

Si l’anaphylaxie et le choc sont immédiats et le rash maculo-papuleux retardé, l’urticaire peut aussi bien être immédiate que retardée.

Ce travail est très intéressant car il démontre bien pour la première fois que l’urticaire est une manifestation clinique d’allergie aux Bétalactamines qui traduit aussi bien une réaction immédiate qu’une réaction retardée.

Cette connaissance va permettre de mieux diriger l’exploration allergologique : en cas de réaction immédiate, les tests cutanés en prick et/ou IDR sont les plus rentables alors que dans le rash maculo-papuleux, c’est l’exploration à lecture retardée qui est plus souvent positive.

Mais pour les manifestations à type d’urticaire, finalement c’est le test de provocation qui permettra de porter le diagnostic en association avec les tests cutanés immédiats.

Le deuxième point important de ce travail est que l’interrogatoire du patient est fiable : une réaction immédiate est facile à distinguer d’une réaction retardée. Le diagnostic rétrospectif d’urticaire est également le plus souvent facile à porter.

On peut donc bien conduire une exploration allergologique même chez des patients dont les antécédents de réactions aux bétalactames sont anciennes.

référence :

http://www.allergique.org/article3421.html


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