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« Antileucotriène » la molécule bientôt présidente est partout : asthme, rhinite, et maintenant allergie aux hyménoptères.

par Dr Stéphane Guez

publié le  25 septembre 2007

L’immunothérapie spécifique par voie injectable est un traitement d’efficacité largement prouvée et dont les risques d’anaphylaxie sont bien prévenus par les protocoles actuels. Mais il persiste des réactions locales aux points d’injection qui sont gênantes pour le patient. Peut-on les prévenir par les antileucotriènes ?

Une prémédication par le montelukast réduit les réactions locales lors de l’immunothérapie spécifique. : Stefan Wöhrla, Simon Gamperb, Wolfgang Hemmerd, Georg Heinzec, Georg Stingla, Tamar Kinaciyana

Divisions of
aImmunology, Allergy and Infectious Diseases (DIAID) and
bGeneral Dermatology, Department of Dermatology,
cSection of Clinical Biometrics, Core Unit for Medical Statistics and Informatics, Medical University of Vienna (MUW) and
dFAZ - Floridsdorf Allergy Centre, Vienna, Austria

dans International Archives of Allergy and Immunology 2007 ;144:137-142 (DOI : 10.1159/000103225)

- Introduction :

  • Les réactions locales sont des effets indésirables très fréquents lors de l’immunothérapie spécifique et peuvent entraîner une mauvaise adhésion du patient à ce traitement.
  • Le traitement préventif par anti-histaminique, introduit initialement comme une mesure de sécurité pour réduire les effets indésirables anaphylactiques, a été le seul traitement proposé pour ces réactions locales bien que habituellement ces gonflements n’apparaissent par immédiatement mais quelques heures après les injections.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont cherché à savoir si un traitement préventif par l’antileucotriène montelukast est plus efficace qu’un prétraitement par desloratadine dans la prévention de ces réactions locales.

- Matériel et méthode :

  • 15 patients ayant des antécédents de réactions anaphylactiques sévères lors de piqûres d’hyménoptères ont été inclus dans cette étude prospective en double aveugle, randomisée et contre placebo.
  • Le protocole de désensibilisation a été un rush avec 19 injections sur 5 jours consécutifs, avec une majorité de patients développant des réactions locales avec prise en compte du nombre d’injections entraînant une papule de plus de 3 cm de diamètre.
  • Les patients ont été randomisés en 3 groupes de traitement : prémédication avec placebo, 10mg de montelukast et 5 mg de desloratadine.

- Résultats :

  • Par rapport au placebo, la survenue d’une papule de plus de 3cm de diamètre est significativement retardée par le montelukast (p<0.01, en analyse de variance) mais pas avec la desloratadine (p=0.19).
  • La différence entre le montelukast et la desloratadine est significative (0.054) ;
  • Le prurit, apprécié sur une échelle de 0 à 5, n’est pas différent dans les 3 groupes.

- Conclusion :

  • Le montelukast peut être efficace dans la prévention des réactions locales lors de l’immunothérapie spécifique par voie injectable.

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Dans ce travail clinique, les auteurs démontrent que les antileucotriènes comme le montelukast, ont une action préventive sur le gonflement local observé lors des injections d’immunothérapie spécifique. Contre placebo et surtout contre un antihistaminique, l’efficacité du montelukast est significativement supérieure.

Il s’agit d’un travail et d’un résultat très intéressants. On sait que les leucotriènes représentent une deuxième voie de l’inflammation à côté de celle médiée par les cytokines et contrôlée par les corticoïdes. Par ailleurs l’immunothérapie spécifique provoque localement aux points d’injection des réactions inflammatoires.

Les pommades à base de cortisone sont d’ailleurs très efficaces pour soulager les patients alors même que l’expérience confirme que la prémédication par les antihistaminiques ne permet pas d’éviter ces réactions locales.

L’efficacité des antileucotriènes démontrée ici permet les conclusions suivantes :
- Le montelukast est plus efficace que l’antihistaminique pour prévenir les réactions locales après injections d’immunothérapie spécifique. Cette efficacité prouve que cette réaction locale est de nature inflammatoire et ne fait pas intervenir l’histamine. C’est la voie inflammatoire médiée par les leucotriènes qui semble impliquée et non celles des cytokines.
- Implication thérapeutique : il faut certainement proposer à nos patients une double prémédication par un antihistaminique et par un antileucotriène lors de la conduite d’une immunothérapie en particulier dans l’allergie aux hyménoptères.

référence :

http://www.allergique.org/article3435.html


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