Enregistrer au format PDF

Il ne faut pas construire les villes à la campagne, l’air y est malsain !

par Dr Stéphane Guez

publié le  7 novembre 2007

On accuse souvent la pollution urbaine d’être responsable de l’augmentation des crises d’asthme lorsqu’il fait chaud et sec. Mais qu’elle est la part respective de cette pollution par rapport aux pollens lors de l’augmentation des crises d’asthme saisonnières ?

Est-ce que le taux de pollens dans l’air influence le nombre admissions en urgence pour asthme à l’hôpital ? : B. Erbas, J.-H. Chang, S. Dharmage, E. K. Ong, R. Hyndman, E. Newbigin, M. Abramson

Centre for Molecular Environmental Genetic Analytic Epidemiology, School of Population Health, University of Melbourne, Carlton, Vic., Australia, Museum Victoria, Melbourne, Vic., Australia, ‡Department of Econometrics and Business Statistics, Monash University, Clayton, Vic., Australia, Plant Cell Biology Research Centre, School of Botany, The University of Melbourne, Parkville, Vic., Australia and Department of Epidemiology and Preventive Medicine, Alfred Hospital, Monash University, Melbourne, Vic., Australia

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 37 Issue 11 Page 1641-1647, November 2007

- Introduction :

  • Les effets des facteurs d’environnement ainsi que des concentrations en pollens dans l’air ambiant sur l’asthme allergique doivent encore être établis.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont cherché à connaître les effets des concentrations en pollens de l’air de Melbourne sur les admissions hospitalières pour asthme durant les saisons pollinique de 1992 et 1993.

- Matériel et Méthode :

  • Les concentrations journalières en pollens ont été enregistrées sur 24h à partir de 3 capteurs dans Melbourne.
  • Les variables étudiées sont : toutes les admissions hospitalières pour asthme selon des codes de diagnostic précis.
  • La pollution quotidienne de l’air a été calculée en moyenne journalière avec le taux d’ozone, de dioxyde d’azote et de dioxyde de soufre, ainsi que l’évaluation du taux des particules.
  • Les effets de cette pollution ont été étudiés selon un modèle de régression logistique semi-paramétrique de Poisson, avec un ajustement sur la température, l’humidité, la vitesse du vent, les précipitations, les jours de la semaine et les variations saisonnières.

- Résultats :

  • Les pollens de graminées représentent un facteur prédictif indépendant et non linéaire d’admissions hospitalières pour asthme dans un modèle de type multi pollution (p=0.001).
  • Les données suggèrent que les pollens de graminées ont un effet d’augmentation des admissions hospitalières pour asthme à partir d’un seuil de 30 grains / m3, et les effets restent stables ensuite.

- Conclusion :

  • Les données de ces auteurs suggèrent que le taux des pollens de graminées dans l’air influence le nombre des admissions hospitalières pour asthme.
  • Une forte pollinisation quotidienne, définie par plus de 50 grains/m3 et par jour, sont périodes durant lesquelles les patients les plus sensibles ont des manifestations allergiques.
  • Cependant, certains patients peuvent avoir un risque significatif de faire une crise d’asthme même pour des taux de pollens inférieurs à ce niveau.
  • Les patients ayant une allergie aux pollens et un asthme doivent être avertis de la nécessité de prendre des médicaments préventifs supplémentaires même lors de concentrations de pollens dans l’air faibles.

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Dans ce travail épidémiologique, les auteurs démontrent qu’il y a bien une relation causale entre le taux de pollens dans l’air et le risque d’admissions hospitalières pour crise d’asthme.

Ce risque apparaît dès 30 grains par m3 et est indépendant des autres polluants atmosphériques.

On dit souvent que c’est la pollution qui est responsable de l’aggravation des manifestations respiratoires en particulier des asthmatiques lorsqu’il fait chaud et sec.

En fait ce travail montre que (en voulant être provocateur) c’est « l’écologie » qui est responsable puisque c’est le taux de pollens dans l’air qui est directement responsable d’une augmentation des crises d’asthme.

Par contre les autres facteurs classiques de pollution atmosphérique habituels dans les grandes villes ne sont pas en cause (O3, NO2 etc.).

Il faut donc bien protéger les patients allergiques aux pollens durant la saison pollinique surtout lorsqu’ils sont asthmatiques.

Enfin, contrairement à ce qui est souvent dit, une concentration en pollens inférieure à 50 grains peut-être suffisante pour provoquer une crise d’asthme (dés 30 grains).

référence :

http://www.allergique.org/article3465.html


Dans la même rubrique

Inégalités de travail entre le Sud et l’Ouest ? Ca dépend du bouleau …, Dr Stéphane Guez
Dans ce travail botanique, les auteurs démontrent qu’il existe de grandes variations dans la production de Bet v 1 par le pollen de bouleau à la fois selon les années et selon (...)
L’Hellène allergique et les pollens de Thessalonique, Dr Hervé Couteaux
L’allergie est une réaction particulière à l’environnement. Tout progrès en allergologie dépend donc étroitement de la connaissance du milieu dans lequel évolue l’allergique. Cette (...)
La jolie pariétaire se déshabille enfin, rien que pour vos yeux !, Dr Stéphane Guez
Dans cet article les auteurs font le point sur l’état des connaissances concernant les allergènes de la pariétaire, qui appartiennent à la famille des protéines de transfert des (...)
Avoir son traitement dans le nez :un bon moyen d’améliorer son asthme allergique aux pollens., Dr Stéphane Guez
Il s’agit d’une étude très intéressante qui ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques qui pourraient être efficaces et simples d’utilisation. Mais il reste à valider ces (...)
IgE cherche peptide pour liaison spécifique et plus si affinité. , Dr Céline Palussière
Réaction croisée pollen de bouleau-pomme, classique. Oui, mais parfois, c’est bouleau-pêche, ou bien bouleau-carotte... cela dépend des patients. Pourquoi certains allergiques au (...)