Enregistrer au format PDF

Mieux qu’un babyhaler = le poitrinhaleur !

par Dr Clément FOURNIER

publié le  12 décembre 2007

Il est fréquent qu’une jeune maman qui a décidé d’allaiter se pose la question du passage des médicaments dans son lait. Dans le cadre d’un asthme, le passage des corticoides inhalés dans le lait maternel n’a pas été évalué. Cette petite étude a donc analysé ce passage et l’exposition infantile en découlant.

Exposition infantile au budésonide chez des mères asthmatiques qui allaitent : Anette Fält, BSca, Thomas Bengtsson, MSca, Britt-Marie Kennedy, BScb, Ann Gyllenberg, RNa, Bengt Lindberg, MDac, Lars Thorsson, PhDa, Kerstin Stråndgarden, MSca

a Clinical Development, AstraZeneca R&D, Lund, Sweden
b Development DMPK and Bioanalysis, AstraZeneca R&D, Lund, Sweden
c Department of Paediatrics, University Hospital Malmö, Malmo, Sweden

dans JACI Volume 120, Issue 4, Pages 798-802 (October 2007)

- Contexte :

  • Il est souvent nécessaire de maintenir le traitement par corticoides inhalés chez les femmes asthmatiques qui allaitent.
  • Il n’existe pas de données sur le passage des corticoides inhalés du plasma vers le lait maternel, et sur l’exposition du nourrisson en découlant.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à évaluer les concentrations de budésonide dans le lait et le plasma de femmes asthmatiques qui allaitent et qui sont sous traitement d’entretien par Pulmicort Turbuhaler, et à estimer l’exposition de leurs nourrissons allaités.

- Méthodes :

  • Des échantillons de lait et de plasma étaient recueillis sur 8 heures chez 8 femmes recevant du budesonide en traitement de fond (200 ou 400 μg deux fois par jour).
  • On calculait les paramètres pharmacocinétiques à partir des concentrations de budesonide dans le lait et le plasma.
  • L’exposition infantile était estimée en se basant sur la concentration moyenne de budésonide dans le lait.
  • Un échantillon de sang était prélevé chez 5 nourrissons au moment où la concentration maximale de budésonide était supposée la plus haute.

- Résultats :

  • Les concentrations de budésonide dans le lait reflétaient celles du plasma maternel, ceci permettant de supposer une diffusion passive du budésonide du plasma vers le lait.
  • Les concentrations de budésonide étaient toujours plus basses dans le lait que dans le plasma.
  • Le ratio moyen lait / plasma était de 0,46.
  • L’estimation de la dose journalière infantile moyenne représentait 0,3 % de la dose journalière maternelle dans les 2 groupes de traitement par budésonide (400 et 800 μg par jour).
  • La concentration moyenne sanguine chez le nourrisson était estimée représenter 1/600ème de la concentration observée dans le sang maternel, supposant une biodisponibilité complète chez les nourrissons.
  • Les concentrations de budésonide dans les échantillons sanguins des nourrissons étaient toutes inférieures à la limite de quantification.

- Conclusion :

  • Le maintien d’un traitement inhalé par budésonide (200 ou 400 μg deux fois par jour) chez des femmes asthmatiques qui allaitent entraîne une exposition systémique négligeable des nourrissons allaités au budésonide.

- Implications cliniques :

  • Ces données sont en faveur d’une poursuite du budésonide inhalé pendant l’allaitement.

 Dr Clément FOURNIER

Commentaire de l'auteur :

Cette étude sponsorisée par le laboratoire Astra Zeneca (on s’en serait un peu douté) confirme qu’il existe un passage des corticoides inhalés dans le lait maternel, et donc un passage chez l’enfant allaité.

Bien heureusement, ce passage est minime, voire homéopathique. Les données actuelles, comme indiqué dans le Vidal , semblent montrer une bonne tolérance chez l’enfant, mais aucune donnée n’est disponible sur une exposition à long terme.

Dans le cadre du traitement d’un asthme, le risque prioritaire à évaluer est celui d’un mauvais contrôle de la maladie, car les conséquences potentielles sont là clairement établies.

Il faut donc bien maintenir les femmes qui allaitent sous traitement par corticoides inhalés, mais en veillant toujours à trouver la dose minimale efficace.

référence :

http://www.allergique.org/article3489.html


Dans la même rubrique

Et si on pouvait commencer les désensibilisations plus tôt ????, Dr Cécilia Nocent
Cette étude autrichienne, publiée dans Pediatric Allergy and Immunology s’intéresse à la désensibilisation sub-linguale chez des enfants âgés de 2 à 5 ans soit avant l’âge de (...)
Faut il avoir peur de l’immunothérapie spécifique aux allergènes par voie sous cutanée ?, Dr Christian Debavelaere
Cet abstract est assez rassurant concernant les effets indésirables de l’immunothérapie spécifique par voie injectable aux allergènes, appelé de manière courante désensibilisation. (...)
Très rassurante est cette étude sur l’immunothérapie sublinguale chez le très jeune enfant., Dr Christian Debavelaere
Très rassurante est cette étude sur la sécurité de l’immunothérapie sublinguale chez le très jeune enfant. Pour ma part, je constate que peu d’enfants sont capables avant l’age de 4 (...)
Désensibilisation et système immunitaire…, Dr Geneviève DEMONET
Un travail mené au Danemark s’est attaché à l’étude des mécanismes immunitaires sur l’efficacité de l’immunothérapie spécifique sur le long court. Pour ce faire, 16 patients ayant une (...)
Efficacité clinique des antihistaminiques : allergologue on vous trompe depuis 20 ans !!, Dr Stéphane Guez
A partir d’une étude exhaustive de la littérature, les auteurs ont évalué le test d’inhibition de la papule et de l’érythème, test utilisé comme pertinent pour prouver l’efficacité (...)