Enregistrer au format PDF

Les antibiotiques seraient-ils efficaces dans le traitement de la dermatite atopique ?

par Dr Alain Thillay

publié le  5 avril 2002

Cette étude produite par une équipe de Dermatologues japonaise (Osaka) tente de démontrer les mécanismes d’action de certains antibiotiques prescrits en cas de surinfection de l’eczéma atopique.

Effet des antibiotiques sur la production de superantigènes par le Staphylocoque doré de la dermatite atopique.

Le Staphylocoque doré (SD) colonise souvent la peau des patients atteints de dermatite atopique. Il est connu que les enterotoxines staphylococciques sont des surperantigènes susceptibles d’activer les cellules T sans l’intervention de cellule présentatrice de l’antigène. Il a été suggéré que les cellules T activées relarguent diverses cytokines qui peuvent exacerber ou prolonger l’inflammation cutanée qui est associée à la dermatite atopique. Il a été établi que la réduction de la colonisation bactérienne des lésions cutanées constitue un traitement efficace de la dermatite atopique. Ainsi, l’antibiothérapie peut être une option thérapeutique de la dermatite atopique chez certains patients.
Nous avons observé in vitro les effets d’antibiotiques sur la production de superantigènes par le Staphylocoque doré afin de déterminer les mécanismes d’action de ces antibiotiques dans le traitement de la dermatite atopique. Nous avons découvert que les antibiotiques ayant un effet inhibiteur de la synthèse protéique peuvent supprimer la production des superantigènes. D’autre part, la production de superantigènes n’était pas supprimée par les antibiotiques ayant d’autres effets inhibiteurs sur la synthèse de la membrane cellulaire ou la synthèse des acides nucléiques. Le niveau de l’effet suppresseur sur la production de superantigènes par le SD varie avec le type d’antibiotique testé. D’ailleurs, nous avons montré que la réplication de l’ADN codant la production de superantigène par le SD était inhibée seulement par la Roxythromycine, macrolide de nouvelle génération.
Ces constatations évoquent que la Roxythromycine aurait un rôle sur le niveau d’expression du gène. Ces résultats suggèrent que l’effet suppressif des antibiotiques ayant la capacité d’inhibition de la synthèse de superantigènes du SD doit être utilisé largement dans le traitement de la dermatite atopique.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Il s’agit d’une étude in-vitro mais qui est bien démonstrative concernant la Roxythromycine ayant une bonne diffusion cutanée et l’AMM pour les infections cutanées. Donc pourquoi se priver en cas de surinfections d’une dermatite atopique ? Souvent, je reçois des nourrissons présentant des eczémas atopiques extrêmement surinfectés et cela dans un état de panique des parents. Il est vrai que je traite au longs cours ce type d’infection avec des macrolides avec d’excellents résultats. Cette étude est en corrélation parfaite avec mon expérience.

référence :

http://www.allergique.org/article37.html


Dans la même rubrique

Céramides et Mutations de la filaggrine dans la dermatite atopique, Dr Farid Marmouz
Filaggrine : La filaggrine est une protéine contenue dans les kératinocytes de la couche granuleuse qui permet l’arrangement des filaments de kératine et participe à la formation (...)
Banzaï sur le Staph !, Dr Alain Thillay
Encore un article qui insiste sur l’intérêt du recours aux Macrolides dans le traitement des surinfections cutanées de la dermatite atopique. Ici, le point abordé de façon (...)
Gianotti-Crosti ? C’est un sculpteur ? Non ?? Un eczémateux !?!, Dr Stéphane Guez
Dans cet article les auteurs confirment le lien entre syndrome de Gianotti-Crosti et infection à EBV, et d’autre part le lien avec un terrain atopique qui pourrait être une (...)
Eczéma périorbitaire : il faut avoir les bêtabloquants à l’œil !!, Dr Stéphane Guez
Il s’agit du premier travail rétrospectif de grande ampleur portant sur l’allergie de contact induite par les collyres contenant un bêta-bloquant. On observe une augmentation de (...)
Une revue du Medline vient bousculer nos convictions sur l’efficacité des antihistaminiques dans le traitement de la DA., Dr Isabelle Bossé
La médecine basée sur les preuves est dans l’air du temps, mais l’expérience d’innombrables praticiens depuis des décennies, a t’elle moins de valeur ? c’est la question que je me (...)