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Asthmatique un jour, asthmatique toujours, gare à l’arachide !

par Dr Geneviève DEMONET

publié le  30 novembre 2010

Allergie à l’arachide et inflammation allergique des voies aériennes : 1. Jennifer L. Hughes1,
2. Trevor Brown2,
3. J. David Edgar3,
4. Michael D. Shields1

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 21, Issue 8, pages 1107–1113, December 2010

- L’asthme est un co-facteur de risque de mort par anaphylaxie chez les enfants ayant une allergie à l’arachide.
- On pense généralement que l’allergie à l’arachide dure toute la vie mais quelques enfants guérissent de l’asthme co-existant.
- On a montré récemment que les enfants qui n’ont plus de symptômes asthmatiques peuvent toujours avoir une inflammation éosinophilique des voies aériennes.
- La nécessité de poursuivre un traitement régulier par corticoïdes inhalés chez les enfants et les adolescents qui ont guéri de leur asthme n’est cependant pas claire.

- Les buts de notre étude étaient d’observer les taux d’oxyde nitrique exhalé (FeNO), en tant que marqueur non invasif de l’inflammation éosinophilique des voies aériennes, chez les enfants allergiques à l’arachide et de vérifier si les enfants n’ayant plus d’asthme avaient des taux élevés.

- Les enfants ayant une allergie à l’arachide ont été recrutés dans 2 centres d’allergie pédiatrique à Belfast au Royaume Uni.
- Les taux d’oxyde nitrique exhalé (FeNO) ont été mesurés chez tous les enfants à l’aide du Niox Mino.

- Sur les 101 enfants ayant une allergie à l’arachide qui ont accepté de participer à cette étude, 94 ont pu utiliser correctement le Niox Mino.
- Les enfants étaient âgés de 4 à 15 ans (médiane de 10 ans) avec 61% de garçons.
- Trente enfants (32%) n’avait jamais sifflé, 37 (39%) avaient un traitement en cours pour l’asthme, 20 (21%) avaient eu au moins un épisode de sifflement dans l’année précédente mais ne prenait pas de traitement de fond (siffleurs non traités), et 7 (7%) avaient guéri de leur asthme.
- Tous les enfants ayant guéri de leur asthme avaient des taux élevés de FeNO (> 35 ppb) et 75% des enfants définis comme « siffleurs non traités » avaient des taux élevés de FeNO (>35 ppb).
- Les asthmes guéris et les enfants définis comme « siffleurs non traités » avaient des taux de FeNO plus élevés que ceux n’ayant pas d’antécédent de sifflement ou que ceux ayant un traitement anti-asthmatique en cours (p = 0.003).

Chez les enfants ayant une allergie à l’arachide, nous avons trouvé que ceux qui avaient guéri de leur asthme avaient des taux élevés de FeNO en relation avec une inflammation persistante des voies aériennes.

 Dr Geneviève DEMONET

Commentaire de l'auteur :

L’asthme est un facteur de gravité de l’allergie à l’arachide et est souvent la cause du décès en cas d’anaphylaxie fatale.

Le bon contrôle de l’asthme par un traitement de fond adapté est donc capital chez l’allergique à l’arachide. Mais que faire lorsque l’asthme est intermittent voire qu’il a disparu ?

Des études récentes ont montré que malgré la guérison apparente, les anciens asthmatiques ont toujours une inflammation éosinophilique des voies aériennes.

Faut-il donc poursuivre un traitement de fond par corticoïde inhalé chez ces enfants « guéris » de leur asthme mais toujours allergiques à l’arachide ?

Une étude menée en Irlande chez 94 enfants allergiques à l’arachide soulève la question…

Une mesure des taux de No exhalé a été effectuée à l’aide d’un Niox Mino.

Tous les enfants « guéris » de leur asthme ainsi que 75% de ceux n’ayant qu’un asthme intermittent sans traitement de fond avaient des taux de FeNO plus élevés que les enfants non asthmatiques ou ayant un traitement de fond anti-asthmatique.

La question est donc posée.

On peut souligner que ce travail ne concerne au total que 7 enfants n’ayant plus d’asthme. L’observation des réactions accidentelles à l’arachide chez d’anciens asthmatiques serait bien sûr intéressante.

En attendant, la prudence s’impose. ..

référence :

http://www.allergique.org/article4137.html


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