Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

lundi 9 juillet 2012 par Dr Stéphane Guez44766 visites

Accueil du site > Allergènes > Médicaments > Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

lundi 9 juillet 2012, par Dr Stéphane Guez

Hypersensibilité au paracétamol : caractéristiques cliniques, mécanisme et rôle des IgE spécifiques. : K. Rutkowski, S.M. Nasser, P.W. Ewan

Allergy Department, Cambridge University Hospitals NHS Foundation Trust, Cambridge, UK

dans Int Arch Allergy Immunol 2012 ;159:60-64 (DOI : 10.1159/000335213)

- Introduction :

  • Le paracétamol est un antipyrétique et un antalgique commun, qui accompagne de nombreuses prescriptions et est présent dans de nombreuses préparations pharmaceutiques.
  • Les réactions d’hypersensibilité au paracétamol semblent être en augmentation, mais il y a peu de données de prévalence.
  • Le mécanisme de cette hyperréactivité et mal connu.

- Objectifs de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié :
    • les aspects cliniques chez 32 patients suspects d’une allergie au paracétamol,
    • le mécanisme sous-jacent
    • et recherché la coexistence d’une tolérance aux AINS.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont recueilli les antécédents médicaux et réalisé des tests cutanés et un test de provocation oral chez 32 patients suspects d’une allergie au paracétamol.

- Résultats :

  • Les patients présentent une association d’urticaire et angioedème (face, et mains), un érythème (manifestations cliniques dans 94% des cas), une dyspnée (incluant un œdème laryngé), une Rhin conjonctivite, une toux, des douleurs abdominales et une anaphylaxie.
  • 2 patients ont une prick-test positif (SPT) et des antécédents sans équivoques d’urticaire/angioedème de la face/conjonctivite/toux après prise de paracétamol sans autre facteur déclenchant associé.
  • 1 patient a une IDR positive.
  • Le test de provocation oral est positif chez 15 patients sur 31 (incluant 4 réintroduction réalisées par les patients eux-mêmes), entrainant une combinaison de : rhinite, conjonctivite, prurit, érythème, urticaire, angioedème, dyspnée et douleurs abdominales.
  • La sensibilité était évidente chez 1 patient en se basant sur les antécédents. Pour les autres, l’hypersensibilité au paracétamol a été confirmée chez 16 patients sur 32 (50%).
    • 12 des 16 patients allergiques au paracétamol (75%) tolèrent les AINS (test de provocation négatif chez 6 patients, antécédents négatifs chez 6 patients).
    • 4 de ces 16 patients (25%) sont intolérants aux AINS (1 tests de provocation positif et 3 auto réintroductions positives).

- Conclusion :

  • Dans des cas d’hypersensibilité au paracétamol rapportés précédemment dans la littérature, seulement des cas isolés avec prick-tests et IgE spécifiques positifs ont été décrits.
  • Les données présentées ici confirment que la présence d’IgE spécifiques peut être un mécanisme de l’hypersensibilité au paracétamol, comme c’est le cas dans cette série pour 18.8% des patients qui ont des IgEs.
  • Dans 81,2% des cas, la négativité de tests cutanés n’exclue pas l’hypersensibilité au paracétamol, suggérant qu’il pourrait y avoir un mécanisme médié par les leucotriènes.
  • Cependant, les ¾ des patients tolèrent les AINS, impliquant un mécanisme autre.
  • Chez les patients ayant une suspicion d’allergie au paracétamol, des tests cutanés et un TPO peuvent être pratiqués en plus du recueil de l’histoire clinique.

L’étude clinique et allergologique de 32 patients suspects d’hypersensibilité au paracétamol, montre que les tests cutanés sont rarement positifs avec IgE spécifiques dans 18% des cas.

Le meilleur test diagnostic est le TPO. Les autres mécanismes pourraient impliquer dans certains cas les leucotriènes.

Ce travail clinique est intéressant car il confirme les données observées par tous les allergologues qui s’occupent de patients suspects d’allergie au paracétamol.

Les tests cutanés sont effectivement peu rentables, et lorsqu’ils sont positifs histoire clinique est évidente.

Donc dans la grande majorité des cas (plus de 80%) c’est le TPO qui sera important associé à l’histoire clinique.

Et même le TPO n’est positif que dans la moitié des cas. Il semble important de vérifier lors d’un nouveau TPO que le patient tolère bien les AINS ce qui est le cas chez 75% des patients : il ne faut donc pas contre-indiquer systématiquement les AINS.

Pour l’allergologue de ville, il semble donc important de préciser l’histoire clinique et de demander un TPO. Le TPO consistera à reprendre du paracétamol dans les cas douteux, mais si l’histoire clinque est convaincante il pourrait consister à tester la bonne tolérance des AINS qui seront alors une bonne alternative antalgique et antipyrétique pour le patient.

Vos commentaires

  • Le 30 août 2015 à 15:08, par defachelle En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour,

    Croyez vous que des démangeaisons fortes après la prise de paracétamol soit une allergie à ce médicament merci de votre réponse ???????

    véronique defachelle

  • Le 4 décembre 2015 à 21:16, par Laury En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour,
    Je viens de me rendre compte que mon fils présente tous les symptômes d une allergie au paracétamol. Il a actuellement une gastro. Pour faire baisser la fièvre je lui donne du doliprane et je viens de me rendre compte à 2 reprises aujourd’hui hui qu apres la prise du doliprane il présente des plaques d urticaires sur le visage et partout sur le corps, de l œdème au visage, la gorge douloureuse, des douleurs abdominales. Pour info, mon père ainsi que moi même sommes allergiques au paracétamol. Et il possible qu il s agisse bien d une allergie ? Que faire ?
    Merci pour votre réponse

  • Le 19 décembre 2015 à 20:16, par dubos claude En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour .

    J’ai remarqué qu’en prenant du paracétamol a dose moyenne , deux comprimés 1000 24 h , qu’une hyper sensibilité nasale de type rhinite allergique saisonnière se produisait ....

    Désormais , en période d’automne , je suis contraint d’utiliser des anti histaminiques de type Polaramine ....

    Comme j’utilise également des crèmes solaires à base de dioxyne de titane , je me demande également si mes muqueuses nasales ne seraient pas imprégnées par effet de capillarité ????

    Ma période critique se situe entre mi juin et fin juillet .
    Actuellement , c’est quasi toute l’année ???
    Merci de votre attention

  • Le 27 juillet 2016 à 09:32, par gilles En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    bonjour,

    Hier soir alors qu’une petite douleur de gencive se réveillait, j’ai décidé de prendre un doliprane 1000 effervescent. Quelques minutes plus tard, une quinzaine, ma gorge s’est mise à piquer, tel le symptôme de la rhinite saisonnière, avec une légère gêne respiratoire. Toute la nuit j’ai ressenti tous les symptômes de la rhinite (nez qui coule, toux...). C’est la deuxième fois que pareille situation se produit.

    Une hypersensibilité au paracétamol pourrait-elle être la cause de ces symptômes ?

    Merci de votre réponse.

    Gilles.

  • Le 10 janvier 2017 à 11:08, par TABARY Jean Jacques En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Après la prise de PARACETAMOL ,PO dans les minutes qui suivent : horripilation généralisée, sensation prurigineuse de faible intensité, petite altération de la conscience ( comme après un coup sur le crâne). Tout ceci est régressif en quelques minutes..

  • Le 14 février 2017 à 11:05, par corinne En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    bonjour
    je désespère . je viens de passer des tests d’allergie au paracétamol sans faire d’urticaire ou d’insuffisance respiratoire pourtant à chaque prise e paracétamol 500mg j’ai la bouche et la gorge qui pique vraiment fort et de fortes douleurs musculaires dans tout le corps.( impossible à apaiser avec du tramadol ou des anti-inflamatoire mais passe après 6 à 12 heures)
    Est ce une forme atypique d’intolérance ? J’ai l’impression de ne pas etre prise au sérieux et pourtant ...
    Suis-je la seule dans ce cas ?
    corialement

  • Le 31 mai 2017 à 16:59, par Bamba En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour
    Jai pris le médicament appeler PANADOL et la j’ai commencé à avoir des démangeaisons tout au long du corps et cela me fatigue sûrement que ces de l’allergie que doit prendre pour mettre fin à cela svp ces sincère

  • Le 12 novembre 2017 à 15:50, par Manon En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    bonjour,
    depuis plusieurs années, je ressens les mêmes symptômes après la prise de paracétamol( doliprane ou dafalgan, en comprimés effervescents, en sachets ou à avaler) : très forts picotements du nez et de la gorge, éternuements, larmoiements et cela pendant plusieurs heures.... J’en ai déjà parlé au médecin qui ne pense pas que ces symptômes soient liés au paracétamol. Je sais maintenant que je ne suis pas la seule dans ce cas et que le paracétamol est certainement la cause de ces désagréments.

  • Le 11 février à 17:02, par Choukroun En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour
    Je suis allergique à l’aspirine et aux ampicilline depuis plusieurs années et récemment j’ai fait des allergies au paracetamol : plaques urticaire , gonflements des mains . J’ai insisté en diminuant la dose , mais les mêmes symptômes sont apparus
    Que puisse je prendre , en remplacement , en cas de douleurs ou / et de fièvre .
    Cordialement

  • Le 14 mars à 01:50, par Aida En réponse à : Allergie au paracétamol : un diagnostic hospitalier ?

    Bonjour.
    Y’a une semaine, j’ai eu des maux de ventre. Vu que je n’avais pas mes médicaments habituels, j’ai pris du doliprane. Une dizaine de minutes après...même pas, gêne respiratoire, picotements sur le cuir chevelu mains et pieds ,sensation d’étourdissement. Mes douleurs semblaient augmenter. J’ai déjà eu cela après une perfusion au paracétamol en Italie. Mais aux urgences à Cholet, ils m’ont dit qu’on pouvait pas être allergique au paracétamol.
    Et pourtant, je suis convaincue que c’est une hypersensibilité à ce médicament.
    Bien cordialement.