En cas de réaction non immédiate aux béta-lactamines, mieux vaut ne pas réagir immédiatement !

lundi 11 avril 2016 par Dr Philippe Carré745 visites

Accueil du site > Allergènes > Médicaments > En cas de réaction non immédiate aux béta-lactamines, mieux vaut ne pas réagir (...)

En cas de réaction non immédiate aux béta-lactamines, mieux vaut ne pas réagir immédiatement !

En cas de réaction non immédiate aux béta-lactamines, mieux vaut ne pas réagir immédiatement !

lundi 11 avril 2016, par Dr Philippe Carré

Réactions d’hypersensibilité non-immédiate aux bétalactamines chez l’enfant – 10 ans d’expérience de bilan allergologique. : Marina Atanaskovic-Markovic1,2,*, Francesco Gaeta3, Biljana Medjo1,2, Marija Gavrovic-Jankulovic4, Tanja Cirkovic Velickovic4, Vladimir Tmusic2 andAntonino Romano3,5
DOI : 10.1111/pai.12565

dans Vol. 27 Issue 2
Pediatric Allergy and Immunology

- Contexte :

  • Les réactions non-immédiates aux bétalactamines (BL) surviennent plus d’une heure après l’administration du médicament, et les manifestations les plus habituelles sont les exanthèmes maculo-papulaires et les urticaires et/ou angio-oedèmes d’apparition retardée
  • Les infections peuvent entraîner des éruptions cutanées et ressembler à des réactions d’hypersensibilité médicamenteuse (RHM), si un médicament est pris en même temps
  • La plupart des enfants sont étiquetés comme « allergiques au médicament » en tenant compte seulement de l’histoire clinique.

- Objectif :

  • Diagnostiquer ou détecter une hypersensibilité, ou une infection qui mime une RHM chez des enfants ayant des réactions non-immédiates aux BL.

- Méthodes :

  • Une étude prospective a été menée dans un groupe de 1026 enfants ayant des histoires de réactions non-immédiates aux BL, en réalisant des patch-tests, des tests cutanés, et en cas de résultats négatifs un test de provocation (TP) médicamenteuse
  • Chez 300 des enfants, une recherche a été faite pour détecter des infections à des virus ou à Mycoplasma pneumoniae.

- Résultats :

  • L’urticaire et les exanthèmes maculo-papuleux (EMP) étaient les réactions non-immédiates les plus rapportées
  • Seuls 76 (7.4%) des 1026 enfants ont eu des réactions confirmées non-immédiates d’hypersensibilité médicamenteuse aux BL
  • 57 enfants avaient des tests intradermiques à lecture retardée positifs (dont 18 avec un patch-test positif)
  • 19 enfants avaient un TP positif
  • 66 du groupe des 300 enfants avaient des tests biologiques positifs vis-à-vis des virus ou de Mycoplasma pneumoniae et deux d’entre eux avaient un bilan positif d’allergie.

- Conclusions :

  • Un bilan diagnostique devrait être réalisé chez tous les enfants avec une réaction d’hypersensibilité non-immédiate aux BL, de façon à un infirmer une fausse étiquette d’hypersensibilité
  • Ainsi, seulement 57 (5.5%) des 1026 enfants testés présentaient des réponses positives à des tests intra-dermiques à lecture retardée aux BL, et ces tests semblent utiles de façon à réduire le risque de TP positifs.

Dans cette étude prospective, les auteurs ont diagnostiqué une hypersensibilité aux BL chez seulement 7.4% des 1026 enfants avec une histoire de réaction non-immédiate aux BL (avant tout urticaire et EMP), ce qui est en accord avec d’autres études de la littérature.

Il est donc crucial de faire un diagnostic précis, car le sur-diagnostic d’allergie aux BL est un problème majeur de santé publique, qui aboutit à l’utilisation injustifiée d’antibiotiques alternatifs, augmentant les coûts de santé et les résistances bactériennes.

La plupart des réactions non-immédiates aux BL sont liées au processus infectieux lui-même, ou peuvent résulter d’une interaction entre les virus et les antibiotiques par stimulation d’origine virale du système immun ; mais comme il n’y a pas de test spécifique qui permette de distinguer les deux, un bilan allergologique devrait être réalisé chez tous les enfants suspects (idéalement dans un délai d’environ deux mois).

Au vu de leurs résultats et des données de la littérature, les auteurs concluent de façon pragmatique à l’indication de tests intra-dermiques à lecture retardée à la BL suspecte, à la plus forte concentration non irritante, et en cas de résultat négatif au recours à un TP. Cette approche, somme toute assez réaliste en pratique quotidienne, permet de mieux diagnostiquer les vrais allergiques aux BL, et diminuer le risque de positivité des TP.

Réagir

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.