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Allergie aux pénicillines : votre allergologue n’a pas de tests simples performants !

par Dr Stéphane Guez

publié le  16 avril 2002

Les tests proposés actuellement dans l’exploration de l’allergie aux pénicillines sont suffisamment fiables pour éviter de faire une épreuve de réintroduction. Le gain est énorme aussi bien pour le patient que pour les organismes sociaux, l’épreuve de réintroduction ne pouvant se faire que dans un milieu protégé sous surveillance médicale de quelques heures : mais peut-on réellement se passer de cette épreuve de réintroduction ?

Administration contrôlée de pénicillines à des patients ayant une histoire positive d’allergie mais des tests cutanés et un dosage d’IgE spécifiques négatifs.
Torres MJ, Mayorga C, Leyva L, Guzman AE, Cornejo-Garcia JA, Juarez C, Blanca M dans Clin Exp Allergy 2002 Feb ;32(2):270-6

Bien que les patients ayant une histoire d’allergie immédiate positive à la pénicilline avec des tests cutanés négatifs soient considérés habituellement comme tolérant à la pénicilline, des données récentes montrent qu’ils peuvent en réalité développer une réaction immédiate. Des tests supplémentaires seraient donc nécessaires pour valider les tests cutanés et le RAST.
- Objectif : vérifier par une épreuve de réintroduction contrôlée de pénicillines, la spécificité des tests cutanés et du RAST ; c’est à dire vérifier si les patients ayant des tests négatifs aux déterminants majeurs et mineurs ainsi que vis-à-vis des chaînes latérales, peuvent reprendre sans risque une pénicilline.
- Méthodes : un groupe de 330 patients ayant une histoire d’allergie immédiate à la pénicilline a été étudiée par 2 évaluateurs de la même unité d’allergologie, utilisant le protocole suivant : TC avec déterminant majeur et mélange de déterminants mineurs de la benzylpénicilline, amoxicilline et ampicilline, et dosage d’IgE spécifiques par CAP-FEIA. Si les tests cutanés et sériques étaient négatifs, le test de réintroduction était proposé.
- Résultats : 89 patients (27%) avec un TC et RAST négatifs ont eu un test de réintroduction : parmi eux, 49 ont développé une réaction immédiate et ont été considéré comme allergique, les autres ayant une bonne tolérance après administration à la fois de benzylpénicilline et d’amoxicilline. Les caractéristiques cliniques du groupe ayant un test de réintroduction positif est similaire à celui des patients ayant TC et RAST positifs, à l’exception de l’âge plus jeune (p<0,01) dans le groupe positif à la réintroduction. 22 patients (soient 45%) ont développé une réponse à la benzylpénicilline, et 27 (55%) à l’amoxicilline. Bien que toutes les réactions soient apparues dans l’heure suivant la prise, une corrélation positive a été notée entre la dose induisant la réponse et le temps écoulé après l’administration du médicament (à la fois pour la benzylpénicilline et pour l’amoxicilline).
- Conclusion : Ces données indiquent qu’un nombre important de patients ne sont pas identifiés correctement par les tests cutanés et les RAST, et que cela est particulièrement vrai pour les réactions spécifiques aux chaînes latérales chez des patients jeunes. Ceci suggère que de nouveaux tests diagnostiques soient requis pour limiter la pratique d’un test de réintroduction per os qui actuellement est pourtant indispensable.

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Décidément la médecine est une discipline bien difficile. Cette étude contredit beaucoup de données actuelles concernant le prédictivité des tests cutanés vis-à-vis des pénicillines. Finalement le problème vient sans doute des populations étudiées : il faudrait standardiser les données de l’interrogatoire pour savoir ce qui est considéré comme une histoire « évocatrice » d’allergie ou « non évocatrice » d’un mécanisme à IgE.

référence :

http://www.allergique.org/article56.html


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