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Enfants noirs : sévérité de la dermatite atopique sous-évaluée !

par Dr Alain Thillay

publié le  26 novembre 2002

La prévalence de la dermatite atopique est plus importante chez les enfants noirs que chez les enfants blancs. Mais les difficultés d’interprétation des lésions cutanées sur une peau pigmentée ne constituent-elles pas un risque de mauvaise évaluation de la gravité ? Ces auteurs londoniens tentent de répondre à cette question.

L’excès de confiance dans les scores d’érythème peut masquer une dermatite atopique sévère chez des enfants de race noire comparés à leurs homologues de race blanche. : M.A. Ben-Gashir, P.T. Seed* and R.J. Hay St John’s Institute of Dermatology and *Public Health Sciences, The Guy’s, King’s and St Thomas’ School of Medicine, St Thomas’ Hospital, Lambeth Palace Road, London SE1 7EH, U.K. dans British Journal of Dermatology 147 (5), 920-925

- CONTEXTE. Il a été montré que la prévalence de la dermatite atopique (DA) est plus importante chez les enfants noirs de souche Caraïbes nés à Londres que chez les enfants blancs homologues, mais on connaît peu de chose en ce qui concerne la sévérité de la maladie.

- OBJECTIFS. Effectuer une étude longitudinale afin de mettre en évidence les facteurs de risque potentiels de DA sévère chez l’enfant. Nous rapportons nos constatations concernant les différences de sévérité de la maladie entre les enfants blancs et les enfants noirs et l’effet de l’inclusion et de l’exclusion des scores d’érythème pour les comparer.

- METHODES.
* Les enfants recrutés atteints de DA étaient identifiés par leur médecin généraliste (MG),
* le diagnostic était confirmé par les critères diagnostics du Royaume-Uni.
* L’interrogatoire et l’examen clinique des enfants étaient pratiqués 4 fois à 6 mois d’intervalle.
* A chaque fois, le même praticien évaluait la sévérité de la DA à l’aide du SCORAD.
* Les facteurs de risque potentiels et les facteurs de confusion étaient évalués à l’aide d’un questionnaire de 5 pages.
* Nous avons utilisé des tests non-paramétriques pour l’analyse statistique.

- RESULTATS.
* Un total de 137 enfants (82 citadins et 55 ruraux) ont été recrutés et chacun vu 4 fois. Cela permit de produire 380 observations (69% des 548 observations attendues).
* La population urbaine comprenait 42 (51%) enfants blancs, 26 (32%) enfants noirs et 14 (17%) enfants d’autres races.
* La population rurale était entièrement blanche.
* Les 14 enfants des autres races ont été exclus totalement de l’étude statistique.
* Les enfants noirs étaient tous nés au Royaume-Uni.
* Une analyse grossière montrait que les enfants à peau noire présentaient un risque plus bas non significatif de maladie sévère comparativement aux enfants blancs alors qu’une augmentation importante significative du risque était retrouvée après ajustement du score de l’érythème.
* La différence restait significative même après contrôle des autres éléments potentiels de confusion.

- CONCLUSIONS.
* Les enfants noirs atteints de DA ont environ 6 fois plus de risque de souffrir d’une forme sévère que leurs homologues blancs.
* Les Dermatologues et les MG attirent l’attention sur le fait que l’érythème peut être une cause d’erreur en tant qu’indicateur de sévérité chez les enfants noirs.
* Les difficultés d’évaluation du fait de la pigmentation cutanée peuvent signifier que des cas sévères ne sont pas détectés et traités de façon appropriée.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

L’évaluation des lésions d’une peau pigmentée est certes difficiles. Toutefois, avec le minimum de sens clinique, un bon éclairage, et, surtout le toucher, on y arrive.

Le toucher renseigne sur la qualité de la peau (sèche, squameuse….) mais surtout sa chaleur. En effet, érythème égal chaleur. Donc si la peau est noire les yeux ne suffisent plus, il faut toucher patiemment.

Je souscris à cette idée : ces petits enfants noirs ont souvent des formes sévères de DA.

référence :

http://www.allergique.org/article587.html


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