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Ça vous donne peut-être des boutons, mais le benzoate, il est mignon !

par Dr Hervé Couteaux

publié le  5 novembre 2004

Trouver l’étiologie d’une urticaire est souvent à l’origine d’une migraine pour l’allergologue... Dans cette quête du Graal, de nombreuses substances ont été tour à tour suspectées puis... innocentées : les additifs alimentaires ont longtemps été dans le collimateur. À juste raison ?

Épisodes répétés d’urticaires aiguës, avec ou sans angio-œdème, induits par le benzoate de sodium : une étude contrôlée randomisée. : Nettis E, Colanardi MC, Ferrannini A, Tursi A.

Department of Medical Clinics, Immunology and Infectious Diseases, Section of Allergy and Clinical Immunology, University of Bari, Cattedra di Allergologia e Immunologia Clinica, Padiglione Chini-Policlinico, Piazza Giulio Cesare, 70124 Bari, Italy

dans Br J Dermatol. 2004 Oct ;151(4):898-902

- Contexte :

  • Le benzoate de sodium (E 211) est largement utilisé pour ralentir la dégradation par les levures d’aliments acides et de boissons.
  • De nombreux cas de réactions adverses au benzoate ont été rapportés, mais la plupart des études réalisées n’étaient ni à l’aveugle ni avec un groupe placebo correct.

- Objectif  :

  • Le but de cette étude est de déterminer l’incidence de l’intolérance au benzoate de sodium parmi les sujets ayant présenté des épisodes répétés d’urticaire aiguës avec ou sans angio-œdème consécutivement à l’ingestion d’un repas ou d’un aliment contenant cette substance.

- Méthodes :

  • Étude rétrospective basée sur l’analyse des données de patients ayant présenté des épisodes d’urticaire, avec ou sans angio-œdème, après ingestion de repas ou de produits contenant du benzoate de sodium.
  • À la première consultation en hôpital de jour, on a recueilli soigneusement l’histoire du patient.
  • Ensuite, on a procédé aux tests diagnostics suivants :
    • test aux IgE pour les pneumallergènes communs et les trophallergènes
    • test de provocation double aveugle contre placebo avec le benzoate de sodium.

- Résultats  :

  • Un total de 47 patients a été inclus dans l’étude ; 5 (11 %) ont montré au moins une réaction positive à un test IgE pour l’allergie alimentaire.
  • Un seul patient (2 %) a présenté une réaction après ingestion de 75 mg de benzoate de sodium, sans réaction adverse au placebo.

- Conclusion :

  • Cette étude montre que le pourcentage d’épisodes répétés d’urticaires aiguës (avec ou sans angio-œdème) induit par le benzoate de sodium, est très bas (2 %).
  • Au vu de ces résultats nous suggérons qu’en face de patients ayant souffert de réactions adverses qui pourraient être attribuées au benzoate de sodium, les praticiens devraient également évaluer soigneusement d’autres causes éventuelles.

 Dr Hervé Couteaux

Commentaire de l'auteur :

Dans une population de 47 patients susceptibles d’avoir présenté une réaction au benzoate de sodium (c’est-à-dire qui avaient consommé un repas ou un aliment contenant du benzoate avant de présenter un épisode d’urticaire) un seul d’entre eux a présenté une réaction après ingestion de 75 mg du produit. C’est dire la rareté de cette « intolérance ».

Le benzoate de sodium est un conservateur classique de nombreuses denrées alimentaires (boissons sucrées, confitures allégées, chewing-gum, crevettes cuites...). Il est également contenu dans de nombreux médicaments en raison de ses propriétés : c’est en effet un antiseptique, antifongique et un expectorant. Il est synthétisé artificiellement à partir d’acide benzoïque.

Il est signalé un peu partout que le benzoate de sodium peut avoir des effets aigus à type d’irritation des yeux, de la peau et des voies respiratoires ainsi que des effets chroniques à risque de « sensibilisation de la peau » et l’on cite en exemple l’urticaire et le prurit.

Le rapport de l’AFSSA en 2002 notait déjà, à propos des additifs alimentaires, que les réactions induites par ses produits étaient extrêmement rares (0.03 à 0.15 %) et quand on sait que la plupart de ces réactions sont à mettre sur le compte des sulfites, cela laisse peu de place pour d’éventuelle réaction au benzoate de sodium.

C’est ce que cette étude vient confirmer.

référence :

http://www.allergique.org/article2430.html


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