L’attaque tique du pigeon...
par
publie 27 janvier 2006
Morsures de tique de pigeon européen (Argas reflexus) : Risque de sensibilisations IgE-médiées et de réactions anaphylactiques : Jörg Kleine-Tebbe, MDa, Anja Heinatz, MDa, Inken Gräser, MDa, Hans Dautel, PhDb, Gitte Nordskov Hansen, BScc, Sabine Kespohl, PhDd, Hans-Peter Rihs, PhDd, Monika Raulf-Heimsoth, PhDd, Günther Vater, PhDe, Manfred Rytter, MDa, Uwe-Fritjof Haustein, MDa
a From the Division of Allergy, Occupational Dermatology and Environmental Medicine, Clinics and Outpatient Department of Dermatology, Venerology and Allergology, University of Leipzig b Institute of Biology/Animal Ecology, Freie Universität, Berlin c ALK-Abelló A/S, Hørsholm d Research Institute for Occupational Medicine of the Berufsgenossenschaften, Institute of the Ruhr-University Bochum e Landesuntersuchungsanstalt für das Gesundheits-und Veterinärwesen Sachsen, Außenstelle Leipzig
dans JACI Volume 117, Issue 1, Pages 190-195 (January 2006)
Contexte :
- Des réactions locales et systémiques peuvent survenir après morsure d’Argas reflexus, une tique molle parasitant les pigeons.
Objectifs :
- Évaluation des sensibilisations IgE-médiées et des réactions systémiques après morsure par Argas.
Méthodes :
- On a rassemblé l’histoire clinique, les résultats des prick-tests cutanés (PTC) réalisés avec un extrait de corps total d’Argas contenant l’allergène majeur Arg 1 et des aéroallergènes communs ainsi que le dosage des IgE spécifiques chez 148 sujets ayant été mordus par Argas et chez 20 volontaires utilisés comme groupe contrôle.
Résultats :
- Des réactions systémiques (urticaire, angio-oedème, dyspnée, trouble cardio-vasculaire, perte de connaissance) ont été rapportées chez 12 des 148 sujets (8%) ; 146 sur 148 (99%) avaient eu des réactions locales.
- Une atopie a été retrouvée chez 37 sujets sur 146 (25%) ayant eu des réactions locales et chez 3 sujets sur 12 (25%) ayant eu des réactions systémiques.
- Les PTC étaient positifs pour Argas chez 24 des 148 sujets (16%) avec une grande proportion d’atopiques : 10 sur 24 (42%) ; les IgE spécifiques d’Argas étaient détectables chez 12 sur 135 patients (8% des 148) avec une concordance modérée avec les réactions systémiques.
- Aucun PTC positif ni d’IgE spécifiques d’Argas n’ont été mis en évidence dans le groupe contrôle.
- L’immunoblot de 23 sérums a révélé une protéine à 22 kDa liant l’IgE dans 19 des 23 sérums (82%) indiquant un allergène majeur d’Argas.
Conclusion :
- Les réactions anaphylactiques après morsure de tique molle Argas reflexus se sont avérés peu fréquentes (environ 8%).
- L’atopie est un facteur de risque de sensibilisation cutanée à Argas mais pas de réaction systémique après morsure d’Argas.
- Le diagnostic par PTC et IgE spécifiques, utilisant un extrait de corps entier d’Argas, est gêné par l’existence de faux-négatifs et de résultats positifs non pertinents particulièrement chez les atopiques.


commentaire auteur :
Argas reflexus est une tique molle appartenant à l’ordre des acariens. Il s’agit d’un parasite hématophage spécifique des pigeons des villes. Se réfugiant à l’intérieur des habitations voisines des colonies de pigeons, il peut s’attaquer à l’homme. Les morsures peuvent être responsables de réactions inflammatoires locales mais aussi de réactions anaphylactiques systémiques. L’allergène majeur de la tique a été identifié relativement récemment.
Plusieurs publications ont déjà été faites sur le sujet mais elles rapportaient un petit nombre de cas.
L’étude qui nous intéresse ici concerne 148 patients s’étant présentés spontanément après un appel à témoin : 8% avaient eu des réactions systémiques contre 99% des réactions locales. Le mode de recrutement pourrait bien sûr augmenter artificiellement les réactions importantes.
Un extrait de corps total d’Argas a été utilisé pour le diagnostic.
Les PTC étaient positifs chez 16% des patients avec une plus grande proportion chez les atopiques (42%).
Les IgE spécifiques étaient présentes chez 8% des patients mais pas forcément chez ceux ayant présenté une réaction systémique.
Les auteurs concluent à une fiabilité insuffisante des tests diagnostiques utilisés.
Les extraits seront certainement améliorés (on se souvent des corps totaux pour les hyménoptères...). En attendant, c’est une allergie à ne pas méconnaître : le diagnostic se fait dans le lit du patient, où l’on retrouve la petite bête....
reference :
http://www.allergique.org/spip.php?article2989
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