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HTA gravidique et prise de bêta-mimétiques : un lien québé…quoi ?

par Dr Geneviève DEMONET

publié le  19 avril 2007

L’innocuité des bêta-mimétiques inhalés de courte durée d’action a été démontrée par plusieurs études. Un travail québécois va plus loin en recherchant l’effet de ces médicaments sur le risque d’HTA induite par la grossesse chez la femme asthmatique…

Utilisation de β²-agonistes de courte durée d’action pendant la grossesse et risque d’HTA induite par la grossesse : Marie-Josée Martel, BSca, Évelyne Rey, MD, MScb, Marie-France Beauchesne, PharmDac, Sylvie Perreault, PhDa, Amélie Forget, MScd, Karim Maghni, PhDd, Geneviève Lefebvre, MSce, Lucie Blais, PhDad

a From the Pharmacy Faculty
e Mathematics Department, Université de Montréal
b Obstetric and Gynecology Department, Hôpital Ste-Justine
c Pharmacy Department
d Research Center, Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal

dans JACI Volume 119, Issue 3, Pages 576-582 (March 2007)

- Contexte :

  • L’effet des β²-agonistes inhalés de courte durée d’action (BACA) sur l’évolution de la grossesse n’est pas bien documenté, particulièrement en ce qui concerne les complications hypertensives.
  • Une étude précédente ayant mis en évidence un possible effet protecteur des BACA inhalés sur l’hypertension induite par la grossesse (HIG), nous avons décidé d’explorer plus avant leurs effets sur cette pathologie.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à déterminer l’effet de l’utilisation de BACA inhalés pendant la grossesse sur le risque d’HIG (hypertension gravidique, prééclampsie ou éclampsie) chez les femmes asthmatiques.

- Méthodes :

  • Trois des banques de données administratives du Québec ont été associées pour constituer une cohorte de femmes asthmatiques ayant accouché au moins une fois entre 1990 et 2000.
  • Une étude cas-témoins nichée a été menée en utilisant jusqu’à 10 sujets contrôles appariés pour chaque cas-patient pour l’année de conception et l’âge de gestation.
  • Les analyses statistiques ont pris en compte 22 facteurs confondants.

- Résultats :

  • La cohorte était composée de 3505 femmes asthmatiques qui avaient eu un total de 4593 grossesses.
  • On a identifié 302 patientes avec une HIG et 3013 sujets contrôles.
  • Comparée avec la non-utilisation, l’utilisation de BACA inhalés pendant la grossesse était statistiquement associée avec un risque réduit de HIG (rate ratios ajustés : >0-3 doses/semaine, 0.62 (95% IC, 0.44-0.87) ; > 3-10 doses/semaine, 0.51 (95% IC, 0.34-0.79) ; et >10 doses/semaine, 0.48 (95% IC, 0.30-0.75))

- Conclusions :

  • A notre connaissance, c’est la première étude rapportant une association entre l’utilisation de BACA inhalés pendant la grossesse et une réduction du risque d’HIG.
  • Une explication possible comprend des effets pharmacologiques et physiologiques ou bien d’autres facteurs confondants.

- Implications cliniques :

  • Ces résultats renforcent la preuve de l’innocuité des BACA inhalés dans cette population mais il ne faudrait cependant pas minimiser l’importance du maintien d’un bon contrôle des symptômes asthmatiques.

 Dr Geneviève DEMONET

Commentaire de l'auteur :

Une étude cas-témoins nichée a été menée au Québec sur 3505 femmes asthmatiques avec un total de 4593 grossesses en 10 ans.

L’utilisation de β-mimétiques inhalés de courte durée d’action s’est avérée statistiquement associée avec une diminution du risque d’HTA induite par la grossesse avec une relation dose-dépendante mais statistiquement non significative.

Le risque de pré-éclampsie n’a, par contre, pas été modifié.

Ce travail se veut rassurant sur l’innocuité des β-mimétiques inhalés.

Jusqu’ici, il est admis que le risque de pathologie associée à la grossesse (HTA comprise) est augmentée chez l’asthmatique et ce d’autant plus que l’asthme est sévère.

Ce travail pourrait paradoxalement mener à une conclusion opposée si l’on considère la consommation en β-mimétiques inhalés comme un reflet du contrôle de l’asthme… Cependant, la sévérité de l’asthme a été prise en compte comme facteur confondant tout autant que les facteurs de risque tels que l’HTA chronique, le diabète, la parité et l’utilisation de corticoïdes oraux durant la grossesse.

Les auteurs expliquent cet effet protecteur des β-mimétiques par une baisse de la pression sanguine diastolique provoquée le passage systémique d’une fraction du médicament inhalé.

Le tabagisme maternel n’a, par ailleurs, pas été étudié et pourrait constituer un facteur confondant avec surestimation de l’effet protecteur des β-mimétiques.

La même équipe a publié un travail sur les corticoïdes inhalés pendant le 1er trimestre de la grossesse (Thorax 2007 ;62:320-328) alors qu’une autre publication dans le même numéro du JACI s’est intéressée aux anti-leucotriènes pendant la grossesse (vol 119, (3) 618-625).

référence :

http://www.allergique.org/article3357.html


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