Le travail c’est pas la santé : confirmation ! !

par Dr Stéphane Guez

publié le  15 octobre 2002

Exposition professionnelle et incidence des symptômes respiratoires et de l’asthme. : Eagan TM, Gulsvik A, Eide GE, Bakke PS. Department of Thoracic Medicine. dans Am J Respir Crit Care Med 2002 Oct 1 ;166(7):933-8

Plusieurs études de prévalence suggèrent une association entre l’exposition professionnelle et la survenue de symptômes respiratoires et d’asthme, mais il n’y a pas d’études d’incidence pour vérifier cette association.

- Objectif : Cette étude examine l’incidence des symptômes respiratoires et de l’asthme dans une communauté norvégienne.

- Méthodes : *il s’agit d’une étude de cohorte sur 11 ans incluant 2819 patients. *Les paramètres étudiés étaient : sexe, âge, niveau d’éducation, durée d’exposition durant la vie à : l’amiante, le quartz, les poussières, la fumée ainsi que les habitudes tabagiques.

- Résultats : *Les prévalences d’exposition au quartz, à l’amiante et aux poussières ou au fumée sont respectivement de 3,7% , 5%, et 28,3%. *Chez les patients exposés aux poussières et aux gaz, le Odd ratio (intervalle de confiance de 95%) est de 1,4 (1,1-1,7), et 2,1 (1,3_3,2) de développer respectivement des symptômes respiratoires ou un asthme, après ajustement sur le sexe, l’âge, le niveau d’éducation et le tabac. *Entre 5,7% et 19,3% de l’incidence des symptômes respiratoires, et 14,4% de l’incidence de l’asthme sont attribuables aux poussières ou fumée après ajustement sur le sexe, l’âge, le niveau d’éducation et le tabac.

- Conclusion : L’exposition professionnelle aérienne augmente l’incidence des symptômes respiratoires et de l’asthme de façon indépendante de l’âge, du sexe et du niveau d’éducation et le tabac.

 Dr Stéphane Guez

Commentaire de l'auteur :

Cette étude rappelle très utilement le lien entre exposition professionnelle à des polluants aériens et manifestations respiratoires et asthme.

Le problème est qu’il reste en pratique très difficile d’apprécier l’importance de cette exposition du fait d’une réticence des patients qui ne veulent pas remettre en cause leur milieu professionnel afin de ne pas menacer leur emploi, et d’autre part d’une difficulté technique pour établir un lien précis entre exposition et symptômes (en dehors des cas reconnus par les tableaux des maladies professionnels).

Il faut donc développer les échanges entre spécialistes des poumons et spécialistes de la médecine du travail, même lorsque le contexte économique est morose car le bien le plus précieux reste la santé.

référence :

http://www.allergique.org/spip.php?article430

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