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L’allergie aux acariens sans acarien, c’est possible , c’est Islandais !

par Dr Alain Thillay

publié le  27 avril 2004

Nous le savons l’allergie à un allergène est en corrélation avec le contact régulier et/ou répété au dit allergène. Ici, les auteurs s’étonnent de voir des sujets sensibilisés aux acariens et qui ont des taux faibles d’allergènes d’acariens dans la poussière de leur habitat.

Sensibilisation aux acariens domestiques à Reykjavik, Islande, en absence d’exposition intérieure aux acariens. : T. E. Hallas1, D. Gislason2, U. S. Björnsdottir2, K. B. Jörundsdottir2, C. Janson3, C. M. Luczynska4, T. Gislason2

1Allergy Unit, National University Hospital, Copenhagen, Denmark ; 2Department of Allergy and Respiratory Medicine, University Hospital, Reykjavik, Iceland ; 3Department of Medical Sciences, Respiratory Medicine and Allergology, Uppsala University, Uppsala, Sweden ; 4Department of Public Health Sciences, King’s College London, London, UK

dans Allergy 59 (5), 515-519

- CONTEXTE.

  • Les acariens domestiques représentent la source principale d’allergènes intérieurs.
  • A Reykjavik, Islande, 9% de la population des jeunes adultes ont des IgE sériques spécifiques de l’acarien Dermatophagoïdes Pteronyssinus.
  • La sensibilisation aux acariens est habituellement en rapport avec l ‘exposition aux acariens domestiques.
  • Cette étude a eu pour objectif de mesurer les concentrations en allergènes des acariens domestiques et de rechercher quelles étaient les espèces présentent dans le lit en Islande.

- METHODES

  • Un total de 197 adultes a été sélectionné, randomisé et a été visité à leur domicile selon le protocole de « the European Community Respiratory Health Survey (ECRHS) II » concernant les allergènes intérieurs.
  • Des échantillons de poussière étaient collectés au niveau des matelas afin de mesurer la concentration en allergène des acariens domestiques et d’estimer le nombre et le type d’acarien.
  • Des échantillons complémentaires ont été collectés au niveau des matelas et des sols dans les habitats de 10 patients présentant des prick-tests cutanés positifs à D. Pteronyssinus.
  • La concentration des allergènes d’acariens domestiques était mesurée par la méthode ELISA et la détermination du type d’acarien était pratiquée par microscopie optique.
  • Les paramètres climatiques étaient évalués à l’aide d’un psychromètre (mesure de l’humidité) placé dans les chambres et à l’extérieur.

- RESULTATS

  • Nous avons mis en évidence deux spécimens d’acarien, les deux de type D.Pteronyssinus, dans deux échantillons de poussière.
  • L’analyse des allergènes indiquait que deux autres échantillons de poussière comportaient du Der f 1 à la dose de limite de 0,1 µg/g de poussière.
  • Aucun échantillon n’était positif pour Der p 1.
  • De plus, dans la collecte additionnelle de poussière chez les patients présentant des tests cutanés positifs à D. Pteronyssinus, aucun Dermatophagoïdes n’a été retrouvé.

- CONCLUSIONS

  • Les citoyens de Reykjavik sont exposés à des taux extrêmement bas d’allergènes des acariens domestiques dans leur habitat.
  • Les autres sources possibles de sensibilisation sont discutées, les nids d’oiseaux, l’exposition lors de voyage à l’étranger, ou des réactions croisées avec d’autres acariens ou invertébrés.
  • Nos constatations suggèrent que l’exposition autre que celle due aux acariens domestiques est une source possible d’exposition aux allergènes d’acariens.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Pour faire simple, les résultats de cette étude islandaise montrent que 9% de la population des jeunes adultes islandais est sensibilisée aux acariens domestiques alors que leur environnement domestique recèle peu d’allergènes majeurs de ces acariens.

Les auteurs de s’en étonner et de dire qu’il existe sans doute d’autres sources de sensibilisation en dehors de l’habitation.

Nous le savons la prévalence de l’asthme ou de ses manifestations est importante dans les pays du Royaume-Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande alors qu’elle est basse dans les pays méditerranéens, les pays de l’est et l’Islande.

Ainsi, si certes 9% de la population islandaise jeune a une sensibilisation aux acariens, il y existe une prévalence faible de l’asthme.

Le taux moyen d’allergènes d’acariens est suffisamment faible pour ne sensibiliser les sujets sans pour autant qu’ils déclarent une véritable allergie avec asthme.
Tout cela me paraît très logique sans rechercher d’autres sources illusoires d’acariens.

On peut conclure que même des contacts irréguliers et à faibles doses avec les allergènes des acariens sont suffisants pour sensibiliser les atopiques mais insuffisants pour qu’ils deviennent symptomatiques.

Dommage, que les auteurs n’ait pas mesuré le taux des allergènes majeurs d’acariens dans l’environnement de patients présentant une rhinite et/ou un asthme allergiques aux acariens.

référence :

http://www.allergique.org/article2106.html


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