Tous les sensibilisés doivent-ils être illico désensibilisés ?
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publié le 18 octobre 2004
Les auteurs ont étudié sur 3 ans l’efficacité dans la rhinite allergique d’un extrait de pariétaire comparée à un placebo sur les scores cliniques et médicamenteux, l’hyperréactivité bronchique et l’éosinophilie dans l’expectoration. Encore une pierre de plus étayant le traitement étiologique ?
Effets de l’immunothérapie dans la rhinite allergique sur la progression de la maladie asthmatique, l’HRB et l’éosinophilie dans l’expectoration. : R. Polosa, F. Li Gotti, G. Mangano, G. Paolino, C. Mastruzzo, C. Vancheri, N. Lisitano, N. Crimi
Istituto di Malattie Apparato Respiratorio, University of Catania, Catania, Italy
dans Allergy 59 (11), 1224-1228
Historique :
- L’hyperréactivité bronchique (HRB) et l’inflammation des voies aériennes sont fréquemment associées à la rhinite allergique et peuvent être d’importants facteurs de risque de développement d’un asthme.
- L’immunothérapie spécifique (ITS) réduit les symptômes des patients atteints de rhinite allergique, mais les mécanismes restent obscurs.
But de l’étude :
- évaluer l’effet de l’ITS avec un extrait de pariétaire sur la progression de l’asthme, les symptômes de rhinite, l’HRB et l’inflammation à éosinophiles.
Méthodes :
- des sujets non-asthmatiques présentant une rhinite saisonnière ont été randomisés pour recevoir soit un extrait de pariétaire (n=15) soit un placebo (n=15).
- Pendant cette étude de 3 ans, on a recueilli les données sur les scores cliniques et médicamenteux, l’HRB à la méthacholine et on a mesuré l’éosinophilie dans l’expectoration.
Résultats :
- à la fin de l’étude dans le groupe placebo, les scores cliniques et médicamenteux étaient augmentés de manière significative (p<0.01) pour une médiane respectivement de 121% (15-280) et 263% (0-4400), alors qu’il n’était observé aucune différence significative dans le groupe traité par ITS.
- Nous n’avons pas retrouvé, tout au long de l’étude, de différences significatives dans les deux groupes au niveau de l’éosinophilie dans l’expectoration et de l’HRB à la méthacholine.
- Neuf des 29 sujets de l’étude ont développé un asthme, seulement 2 (14%) dans le groupe traité par ITS (p=0.056).
Conclusions
- l’ITS à la pariétaire réduit les scores cliniques et médicamenteux, mais aucune différence n’a été observée en ce qui concerne l’HRB à la méthacholine ou l’éosinophilie dans l’expectoration.
- De plus, l’ITS à la pariétaire semble prévenir la progression naturelle de la rhinite à l’asthme, ce qui suggère que l’ITS devrait être considérée plus tôt dans la prise en charge des patients atteints de rhinite allergique.


Commentaire de l'auteur :
Les auteurs ont étudié l’efficacité d’une immunothérapie spécifique à la pariétaire sur les scores cliniques et médicamenteux, sur l’hyperréactivité bronchique à la méthacholine et l’éosinophilie des voies respiratoires chez des patients atteints de rhinite.
L’aspect intéressant de cette étude est qu’elle a été menée en double aveugle contre placebo et ceci sur une durée de 3 ans (sur les 30 patients de l’étude, 15 sujets traités et 15 sous placebo, un seul a été perdu de vue au bout de 3 ans, ce qui est remarquable). Par contre, les auteurs n’ont pas spécifié la voie d’administration de l’allergène (sous-cutanée, sub-linguale ou autre).
Cette étude apporte une nouvelle preuve de l’efficacité de l’immunothérapie spécifique avec une diminution significative des scores cliniques et médicamenteux dans le groupe traité par rapport au placebo.
Par ailleurs, il est intéressant de noter qu’au cours des 3 années qu’a duré l’étude, 9 des 30 patients (30%) ont développé un asthme, mais seulement 2 dans le groupe traité (14%). Ceci avait déjà été observé dans d’autres études.
Les auteurs préconisent l’introduction de l’immunothérapie spécifique plus précocement dans la prise en charge de la rhinite allergique.
Par contre, cette étude n’a pas mis en évidence de modifications de l’éosinophilie des voies respiratoires, alors que Durham et coll avaient démontré une diminution au niveau de la muqueuse nasale avec une immunothérapie aux pollens de graminées. Il faut noter que la recherche d’éosinophilie a été effectuée dans l’expectoration chez des patients atteints au départ de rhinite sans asthme. Peut-être y aurait-il eu une différence au niveau de l’éosinophilie nasale ?
On peut se faire la même réflexion en ce qui concerne l’hyperréactivité bronchique à la méthacholine.
Nous allergologues en étions déjà convaincus : il faut envisager l’immunothérapie le plus tôt possible.
Elle est efficace et elle seule peut freiner l’inexorable progression des allergies respiratoires (développement ultérieur d’une asthme, autres sensibilisations). Il ne reste plus qu’à convaincre les patients et tous les confrères.
référence :
http://www.allergique.org/article2398.html
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