Enregistrer au format PDF

Quand faut-il faire appel à la poliste ?

par Dr Philippe Carré

publié le  17 décembre 2007

Il arrive souvent que le type de guêpe responsable d’une réaction anaphylactique après piqûre ne soit pas identifié clairement, même après réalisation des tests à visée diagnostique. Les auteurs ont cherché à savoir si les circonstances géographiques et saisonnières des piqûres pouvaient aider à identifier l’hyménoptère

Hypersensibilité à Vespula et à Poliste : pouvons-nous connaître la sensibilisation primaire à partir de l’histoire clinique ? : Pérez Pimiento AJ, Vásquez Bautista AA, Prieto Lastra L, Rodríguez Cabreros MI, García Cubero A, Calvo Manuel E.

Allergy Department. Hospital Universitario Puerta de Hierro. Madrid. Spain. aperezpimiento@yahoo.es.

dans Allergol Immunopathol (Madr). 2007 Nov ;35(6):225-227

- Objectif

  • Étudier la relation entre la sensibilisation primaire aux venins de guêpes et les circonstances géographiques et saisonnières de l’anaphylaxie induite par la piqûre.

- Méthodes

  • Étude rétrospective de 115 patients (âge de 10 à 80 ans) ayant présenté une réaction systémique après piqûre de guêpe
  • La saison et la localisation de la piqûre (urbaine ou rurale) ont été relevées
  • Les IgE spécifiques au venin de vespula et de polistes ont été mesurées, et une sensibilisation primaire était déterminée quant au type de guêpe pour lequel la classe la plus élevée d’IgE était observée
  • La sensibilisation primaire liée au type de localisation et à la saison était déterminée en utilisant le test du chi-2.

- Résultats

  • La plupart des réactions survenaient dans les zones urbaines (67.8%) et en été (63.4%)
  • La plupart des patients étaient sensibilisés au venin de vespula (94.8%)
  • La sensibilisation primaire était à vespula dans 56.5%, à poliste dans 10.4%, et indéterminée dans 33%
  • La distribution des aires géographiques ne montrait pas de différence significative par rapport à la sensibilisation primaire (p>0.05)
  • La plupart des patients avec une sensibilisation primaire à vespula avaient présenté la réaction anaphylactique après le printemps (p<0 .05)

- Conclusion

  • Dans cette population, la probabilité d’une piqûre par vespula est plus élevée qu’ une piqûre par polistes quand la réaction survient après le printemps
  • Ceci peut aider à identifier le vespidae responsable quand les tests diagnostiques ne donnent pas de résultat clair.

 Dr Philippe Carré

Commentaire de l'auteur :

Les auteurs ont étudié rétrospectivement 115 patients ayant présenté une réaction systémique après piqûre de guêpe, et ont déterminé :
- la saison au moment de la piqûre
- son caractère urbain ou rural
- le taux des IgE spécifiques aux venins de guêpes vespula et polistes.

La sensibilisation primaire était définie par le type de guêpe donnant le taux d’IgE le plus élevé.

Les résultats ont montré que :
- environ 2/3 des piqûres survenaient en zone urbaine et en été
- environ 95% étaient sensibilisés à vespula
- la sensibilisation primaire intéressait la guêpe vespula dans environ 56% des cas, la guêpe poliste dans environ 10% des cas, et restait indéterminée dans 33% des cas
- en cas de sensibilisation primaire à vespula, l’anaphylaxie survenait surtout en été.

Les auteurs en concluent que si une réaction anaphylactique après une piqûre survient après le printemps, elle est plus probablement en rapport avec une guêpe vespula, ce qui peut être une aide au diagnostic étiologique de l’insecte piqueur.

On peut se poser la question de savoir si le fait qu’un taux d’IgE plus élevé à un type de guêpe (vespula ou poliste) signifie automatiquement que la sensibilisation primaire soit reliée à cet insecte, car ce corollaire a été retenu dans l’étude comme un fait acquis ; quelle en est la valeur prédictive exacte ?

Cette question peut être en effet d’importance dans les régions où la prévalence des piqûres par une guêpe de type poliste est plus grande, comme en Espagne où a été réalisée l’étude, car les indications d’immunothérapie à la poliste y sont plus larges que dans les régions plus au Nord de l’Europe où les piqûres de polistes sont plus rares, et où il est de coutume de réaliser l’immunothérapie avec la guêpe vespula seule.

référence :

http://www.allergique.org/article3492.html


Dans la même rubrique

Quelle combine : on tolère mieux les allergènes de guêpe en les recombinant dans le nez !, Dr Philippe Carré
Les auteurs posent l’hypothèse qu’un traitement préventif de l’allergie aux venins d’hyménoptères pourrait être proposé aux sujets fréquemment exposés aux piqûres d’insectes, de façon à (...)
Piqûres d’hyménoptères : le test réaliste ne l’est pas toujours !, Dr Philippe Carré
Certaines équipes européennes, en particulier hollandaises, ont proposé le test de provocation réaliste par piqûre provoquée d’hyménoptère pour affirmer le diagnostic d’allergie et (...)
Allergiques aux venins, faîtes donc cuire votre poisson !, Dr Céline Palussière
Quel est le point commun entre une larve d’Anisakis et une guêpe ? Un nématode et un insecte...c’est bien différent, sauf quelques protéines et quelques sucres. Cette étude a donc (...)
Allergiques aux hyménoptères attention : vous pouvez tomber sur un os !!!, Dr Stéphane Guez
Dans ce travail, les auteurs montrent que les patients qui ont à la fois une anaphylaxie au venin d’hyménoptère et un taux sérique de base élevé en tryptase peuvent avoir une (...)
Allergie moléculaire et hyménoptères : c’est pas parce que c’est moderne que c’est mieux !, Dr Stéphane Guez
Les auteurs ont étudié l‘intérêt de l’allergologie moléculaire pour faire le diagnostic précis de l’espèce de guêpe impliquée chez des patients allergiques aux vespidés. Les dosages (...)