Ca sent le moisi pour les enfants asthmatiques !
par
publié le 8 avril 2009
Exposition aux moisissures dans l’enfance comme facteur prédictif de développement potentiel d’un asthme. : Iossifova YY, Reponen T, Ryan PH, Levin L, Bernstein DI, Lockey JE, Hershey GK, Villareal M, LeMasters G.
Department of Environmental Health, University of Cincinnati, Cincinnati, Ohio 45267-0056, USA.
dans Ann Allergy Asthma Immunol. 2009 Feb ;102(2):131-7
Contexte :
- L’exposition aux moisissures a été associée à la survenue d’exacerbations des symptômes d’asthme chez les enfants.
Objectifs :
- Rapporter comment la présence de moisissures visibles et l’exposition au (1-3) béta-D-glucane dans l’enfance affecte le risque d’asthme à 3 ans, comme défini par l’Index Prédictif d’Asthme (IPA).
Méthodes :
- Les moisissures visibles étaient évaluées par une inspection à domicile
- Les niveaux de (1-3) béta-D-glucane (G) étaient mesurés par recueil de la poussière
- Les enfants étaient considérés comme étant à haut risque d’asthme à un âge tardif s’ils rapportaient des sifflements récurrents à l’âge de 3 ans et s’ils avaient au moins 1 critère majeur sur 3 et 2 critères mineurs sur 3 de l’IPA.
Résultats :
- Les enfants de 3 ans avec des moisissures visibles importantes à domicile pendant l’enfance avaient 7 fois plus de chances d’avoir un IPA positif que ceux n’ayant pas de moisissures visibles (OR ajusté 7.1 ; IC 95%, 2.2-12.6)
- Par contraste, à des niveaux bas de G (< 22 µg/g), les enfants avaient un risque augmenté d’avoir un IPA positif (OR 3.4 ; IC 95%, 0.5-23.5), alors que ceux avec des taux élevés de G (> 133 µg/g) avaient un risque diminué (OR 0.6 ; IC 95%, 0.2-1.6)
- Parmi les autres covariables, le tabagisme maternel était le facteur de risque significatif le plus fort pour le développement futur d’un asthme basé sur un IPA positif (OR 4.4 ; IC 95%, 1.7-11.6).
Conclusions :
- La présence en grand nombre de moisissures visibles et le tabagisme maternel pendant l’enfance étaient les facteurs de risque les plus forts en faveur d’un IPA positif à l’âge de 3 ans, suggérant un risque augmenté d’asthme
- Une exposition élevée au G semble avoir un effet opposé sur l’IPA par rapport aux moisissures visibles.


Commentaire de l'auteur :
Les auteurs ont étudié un groupe d’enfants asthmatiques âgés de 3 ans pour savoir si leur exposition aux moisissures à domicile était prédictive du développement d’un asthme ultérieur.
Les critères d’étude associaient :
- la présence visible de moisissures au domicile
- la mesure d’un composant des moisissures : le (1-3) béta-D-glucane (G), dans la poussière du domicile
- le risque d’asthme évalué sur la présence de sifflements récurrents et de critères majeurs et/ou mineurs d’un indice prédictif d’asthme (IPA).
Les résultats montrent que :
- la présence de moisissures à domicile était associée à un risque 7 fois plus élevé d’avoir un IPA positif
- la présence d’un taux élevé de G était inversement associée à un risque d’avoir un IPA positif
- parmi les autres variables étudiées, le tabagisme maternel était associé à un IPA positif.
Les auteurs en concluent que chez les enfants de 3 ans, seuls la présence visible à l’œil nu de moisissures au domicile et l’existence d’un tabagisme maternel étaient prédictifs d’un risque ultérieur augmenté d’asthme, alors que l’exposition à un taux élevé de G a un effet inverse.
Cette étude est donc en apparence contradictoire, car la présence de moisissures au domicile, visibles à l’œil nu, est associée à un risque augmenté d’asthme, alors que la mesure d’un composant des moisissures dans la poussière du domicile a un effet opposé.
Le G est un composant majeur de la paroi cellulaire des moisissures ; il s’agit d’un polysaccharide, considéré comme l’équivalent fungique des endotoxines bactériennes, et sert de marqueur biologique des infections fungiques.
L’explication de ce paradoxe pourrait s’expliquer par un effet asthmogène IgE-dépendant direct des moisissures, alors que le taux de l’endotoxine G pourrait avoir un effet protecteur sur le développement de l’asthme par un effet de type « hygiéniste ».
Il serait donc intéressant de connaître la relation individuelle, chez chaque enfant, entre l’importance des moisissures visibles dans leur domicile et le taux de G mesuré dans la poussière de ce même domicile, de façon à savoir s’il y a bien une corrélation inverse.
référence :
http://www.allergique.org/spip.php?article3787
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