Les antibiotiques, c’est pas automatique pour être allergique !
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publié le 15 septembre 2010
Exposition pré et post-natale aux antibiotiques et développement d’un eczéma, de sifflements récurrents et de sensibilisation atopique chez les enfants jusqu’à l’âge de 4 ans : Dom, S., Droste, J. H. J., Sariachvili, M. A., Hagendorens, M. M., Oostveen, E., Bridts, C. H., Stevens, W. J., Wieringa, M. H. and Weyler, J. J. (2010),
Pre- and post-natal exposure to antibiotics and the development of eczema, recurrent wheezing and atopic sensitization in children up to the age of 4 years.
dans Clinical & Experimental Allergy, 40 : 1378–1387. doi : 10.1111/j.1365-2222.2010.03538.x
Contexte :
- Il existe peu de données sur la relation entre une exposition indirecte de l’enfant aux antibiotiques in utero ou lors de l’allaitement et les maladies allergiques.
- Par ailleurs, plusieurs études ont été menées avec des résultats discordants sur cette association lors d’une exposition post-natale aux antibiotiques.
Objectifs :
- Le but de cette étude était d’évaluer l’exposition pré et post-natale aux antibiotiques et le développement secondaire d’un eczéma, de sifflement récurrents et de sensibilisation atopique chez les enfants jusqu’à l’âge de 4 ans.
Méthodes :
- Nous avons mené une étude étiologique chez 773 enfants basée sur un projet de cohorte de naissance prospective pour laquelle les informations environnementales et sanitaires ont été collectées par l’intermédiaire de questionnaires.
- L’exposition aux antibiotiques a été vérifiée et différenciée selon que la prise d’antibiotiques était maternelle pendant la grossesse et la lactation ou post-natale directement par l’enfant.
- La chronologie des expositions et les résultats ont été pris en compte lors du traitement des données.
- Un échantillon de sang a été prélevé aux âges de 1 et 4 ans pour effectuer un dosage d’IgE spécifiques.
Résultats :
- L’exposition prénatale aux antibiotiques a été significativement associée à l’eczéma alors qu’aucune association n’a été trouvée avec les sifflements récurrents et la sensibilisation atopique.
- Nous avons trouvé une association positive, quoique non statistiquement significative, entre l’exposition aux antibiotiques par l’intermédiaire de l’allaitement maternel et les sifflements récurrents.
- Ni l’eczéma ni la sensibilisation atopique n’ont été significativement associés avec l’exposition aux antibiotiques par l’allaitement maternel.
- Nous avons enfin observé une association négative entre l’utilisation d’antibiotiques dans la première année de vie et l’eczéma et la sensibilisation atopique ainsi qu’entre l’utilisation d’antibiotiques après la première année de vie et les sifflements récurrents, l’eczéma et la sensibilisation atopique.
Conclusion :
- Une exposition indirecte aux antibiotiques (in utero et durant la lactation) augmente le risque de symptômes allergiques chez les enfants alors que l’exposition directe aux antibiotiques semble protectrice.
- Les mécanismes biologiques sous-jacents restent encore à élucider.


Commentaire de l'auteur :
Ces dernières décennies ont vu l’augmentation de la prévalence des maladies allergiques tout particulièrement chez l’enfant.
Pour tenter d’expliquer cette « épidémie », diverses hypothèses ont été avancées. On s’est ainsi intéressé au rôle des antibiotiques avec des résultats discordants.
Une nouvelle étude revient sur les conséquences de l’exposition à ces médicaments selon que la prise de l’antibiotique ait été indirecte (in utero ou à travers l’allaitement maternel) ou directe par l’enfant lui-même.
Ce travail étiologique a enrôlé 773 enfants dans le cadre d’une étude prospective de cohorte de naissance en Belgique.
La prise d’antibiotiques par la mère pendant la grossesse a été vérifiée lors de visites à domicile à 5 mois de grossesse et 3 mois après l’accouchement. Lors de cette seconde visite, la prise d’antibiotiques lors de la lactation a de plus été notée.
La prise d’antibiotiques par le nourrisson a été appréciée par l’intermédiaire de questionnaires envoyés à l’âge de 1 an puis tous les 6 mois jusqu’à celui de 4 ans. Ceux-ci ont également permis de recueillir des informations sur l’état de santé de l’enfant (eczéma et sifflements récurrents).
Un dosage d’IgE spécifiques a été pratiqué chez les enfants à 1 an (D Pter, chat, chien, œuf, lait de vache) puis à 4 ans (D. pter, chat, chien, pollens de bouleau, phléole, armoise et Cladosporium herbarum). Une sensibilisation atopique a été admise en cas de positivité des IgE spécifiques pour au moins un allergène à un taux ≥ 0.35 kUa/L.
Environ 20% des femmes avaient pris un antibiotique pendant la grossesse et 8% pendant la lactation. Seulement 6,9 % des enfants n’avaient reçu aucun antibiotique jusqu’à l’âge de 4 ans !
Après ajustement pour des co-variables, une association significative a été mise en évidence entre l’exposition anténatale aux antibiotiques et la survenue d’un eczéma jusqu’à l’âge de 4 ans.
Aucune association significative n’a par contre été trouvée entre cette même exposition et les sifflements récurrents ni la sensibilisation atopique.
Aucune association n’a été possible entre la prise d’antibiotiques par la mère pendant l’allaitement et aucun des facteurs précédents.
Par contre, lorsque l’exposition aux antibiotiques était directe après la naissance dans la première année de vie, le risque d’eczéma et de sensibilisation atopique était abaissé. Le risque était également abaissé lorsque l’antibiotique avait été pris par l’enfant jusqu’à l’âge de 4 ans pour eczéma, sensibilisation mais aussi sifflements récurrents…
Ce travail a le mérite de séparer l’exposition pré et post-natale. Il semble donc que tout se joue avant la naissance…
Des résultats à confronter cependant à ceux de la prochaine étude sur le sujet…
référence :
http://www.allergique.org/article4080.html
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