Enfin, le chaînon manquant de l’évolution de l’allergologie moléculaire est découvert !!

mercredi 18 novembre 2009 par Dr Stéphane Guez569 visites

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Enfin, le chaînon manquant de l’évolution de l’allergologie moléculaire est découvert !!

Enfin, le chaînon manquant de l’évolution de l’allergologie moléculaire est découvert !!

mercredi 18 novembre 2009, par Dr Stéphane Guez

Plus personne ne peut contester l’apport de l’allergologie moléculaire au diagnostic pollinique rendant quasiment indispensable une exploration biologique complémentaire chez les patients polysensibilisés. Est-ce que des tests cutanés avec des panallergènes permet de faire aussi bien ?

Diagnostic allergologique moléculaire de pollinose par des tests cutanés avec les pan allergènes suivants : profiline, polcalcine et LTP. : D. Barber 1 , F. de la Torre 2 , M. Lombardero 1 , I. Antépara 3 , C. Colas 4 , I. Dávila 5 , A. I. Tabar 6 , C. Vidal 7 , M. Villalba 8 , G. Salcedo 9 and R. Rodríguez 8

1 Departamento de I+D, ALK-Abelló, Madrid, Spain, 2 Medical Marketing, ALK-Abelló, Madrid, Spain, 3 Servicio de Alergia, Hospital Basurto, Vizcaya, Spain, 4 Servicio de Alergia, Hospital Clínico, Zaragoza, Spain, 5 Servicio de Alergia, Hospital Universitario, Salamanca, Spain, 6 Servicio de Alergia, Hospital Virgen del Camino, Pamplona, Spain, 7 Servicio de Alergia, Hospital Conxo, Coruña, Spain, 8 Departamento de Bioquímica y Biología Molecular, Facultad de Ciencias Químicas, Universidad Complutense, Madrid, Spain and 9 Unidad de Bioquímica, Departamento de Biotecnología, ETS Ingenieros Agrónomos, Universidad Politécnica, Madrid, Spain

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 39 Issue 11, Pages 1764 - 1773

- Introduction :

  • Le diagnostic allergique doit être amélioré chez les patients qui présentent une pollinose avec polysensibilisation en raison de l’existence de facteurs confondants chez ces patients.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’évaluer une nouvelle stratégie diagnostique en comparant :
    • les réponses cutanées à des tests avec des panallergènes et avec des extraits allergéniques classiques
    • avec les tests biologiques d’IgE spécifiques à des molécules allergéniques purifiées.

- Matériel et méthode :

  • 1329 patients volontaires allergiques aux pollens ont été étudiés par la combinaison :
    • d’une méthode in vitro avec un panel de 13 allergènes purifiés, incluant les allergènes majeurs et les panallergènes, en utilisant la méthode ADVIA-Centaure,
    • et des pricks tests à des panallergènes et à de extraits conventionnels.

- Résultats :

  • Il existe une forte concordance entre les tests in vitro (IgEs aux allergènes majeurs) et les tests in vivo (prick-tests aux extraits conventionnels) chez les patients qui ne sont pas sensibilisés aux panallergènes,
  • mais les tests cutanés aux extraits standards sont mis en échec lorsqu’il faut faire un diagnostic de sensibilisation aux panallergènes.
  • Chez les patients qui sont simultanément sensibilisés aux polcalcines et aux profilines, il y a le double de sensibilisation aux allergènes majeurs et le double de temps d’évolution de l’affection allergique.
  • Il existe enfin une association statistiquement significative entre la sensibilisation aux profilines et/ou aux LTP et la présence d’une allergie alimentaire (p< 0.0001).

- Conclusion :

  • Cette nouvelle stratégie se révèle être un outil efficace en pratique clinique quotidienne.
  • L’introduction en routine de tests cutanés avec les panallergènes est une manière simple et faisable d’améliorer l’efficacité du diagnostic.
  • Les patients sensibilisés aux panallergènes pourraient être testés par un panel adéquate de molécules allergéniques afin d’identifier les allergènes qui sont responsables de l’affection allergique.

Les auteurs ont testé une stratégie diagnostique dans la pollinose reposant sur des tests cutanés complémentaires avec des panallergènes.

Il y a une nette amélioration du diagnostic par rapport aux tests classiques seuls.

Cela permet également des conclusions évolutives et sur le risque d’une allergie alimentaire associée.

Ce travail espagnol est très intéressant et prouve encore une fois le dynamisme de cette école d’allergologie.

Les auteurs ont testé l’apport des connaissances en allergologie moléculaire dans le diagnostic cutané de la pollinose.

Cela est déjà maintenant bien démontré avec l’utilisation des tests biologiques utilisant la méthode des recombinants. Mais avoir systématiquement recours à la biologie moléculaire pour faire le diagnostic de pollinose est cher.

Les auteurs ont donc testé l’apport de tests cutanés avec des panallergènes.

Comme il fallait s’y attendre il y a une nette amélioration du diagnostic de pollinose par rapport à l’utilisation des tests cutanés standards habituels. Non seulement il est possible d’identifier de façon précise le pollen responsable de la symptomatologie respiratoire, mais il est également possible de savoir s’il y a un risque plus élevé d’allergie alimentaire associée, si cette allergie alimentaire est sévère ou non et enfin si la durée d’évolution de l’affection respiratoire sera longue ou non.

Il faut cependant remarquer que la corrélation la meilleure entre tests cutanés et IgE spécifiques aux recombinants s’observe pour la profiline et la LTP alors que le test cutané pour l’étude d’une sensibilisation aux polcalcines est moins bon.

Donc cette étude confirme l’intuition de nombreux allergologues : il serait très intéressant de pourvoir tester en routine nos patients polliniques vis-à-vis des principales familles de panallergènes avec des prick-tests pour réduire le coût de l’exploration allergologique tout en l’affinant et permettre un diagnostic immédiat en ne demandant un complément d’investigation biologique moléculaire que pour les patients qui sont positifs pour les panallergènes.