EAACI 2010 = le congrès du Dr Hervé Masson.

mercredi 9 juin 2010 par Dr Hervé Masson1611 visites

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EAACI 2010 = le congrès du Dr Hervé Masson.

EAACI 2010 = le congrès du Dr Hervé Masson.

mercredi 9 juin 2010, par Dr Hervé Masson

Le programme de ce premier jour était intéressant et je vous propose quelques publications sur les micropuces d’allergènes pour commencer. Lundi 7 : Continuons avec une session de posters sur les allergènes (extraits choisis car d’un intérêt inégal). Enfin, tout ce que vous vouliez savoir sur des sujets plus exotiques sur l’allergie alimentaire.

Nouvelles technologies pour le diagnostic allergologique

Une session de poster surtout centrée sur les technologies de microarray : sont-elles l e futur du diagnostic allergologique ?

- Diagnostic moléculaire et validation d’une technique par micropuces d’allergènes.
Gadisseur, R ; Chapelle, J ; Cavalier, E University Hospital of Liège, Department of Clinical Chemistry, Liège, Belgium

Une équipe belge s’est penchée sur la nouvelle technique de micropuces présentée par PHADIA en la comparant à la technique de référence de test des IgE spécifiques unitaires (FEIA).

Ils ont comparé 157 mesures d’IgE réactivité à des composants allergéniques de différentes sources aux mêmes testés par micropuce.

  • 17 dosages IgE sur 122 trouvés positifs par FEIA étaient négatifs en micropuce, ce qui donne une concordance de 86 %
  • 2 dosages négatifs en FEIA étaient positifs en micropuces : concordance de 94 %
  • il n’a pas été observé de fixation non spécifique jusqu’à 150000 kU/L

- Les auteurs émettent l’hypothèse que les positivités supérieures en méthode FEIA seraient peut-être dues au seuil de positivité plus élevé de la technique microarray (0,30 vs 0,10)
- Les tests FEIA négatifs ont par contre montré la supériorité de la technique microarray puisque les 2 patients étaient cliniquement allergiques. Dans les 2 cas, il s’agissait de discordance pour Ara h 1 et Ara h 3.

Cette technique de micropuce avec tests multiples de composants allergéniques semble donc intéressante.

Il existe encore des discordances entre le dosage actuel individuel et certains résultats obtenus en microarray mais l’avenir devrait permettre de voir ces discordances disparaître.

Cependant, démontrer la fiabilité est un point important mais il va falloir aussi trouver la place réelle de cette technique dans l’arsenal diagnostique.

Allergènes recombinants dans le diagnostic de patients poly-sensibilisés aux pollens
Garriga Baraut, T1 ; Olga, L1 ; Labrador, M1 ; Palazzo, P2 ; Guilarte, M1 ; Sala, A1 ; Gelis, S1 ; Esteso, O1 ; Mari, A2 ; Cardona, V1
1Vall d’Hebron Hospital, Allergy Department, Barcelona, Spain ; 2Istituto Dermopatico Dell’Immacolata, Allergy Department, Rome, Italy

Le but de l’étude était de décrire le profil allergénique de patients multi-réactifs aux pollens dans la région de Barcelone.

Les auteurs ont donc réalisé le phénotype allergénique de 76 patients de moyenne d’âge de 34 ans.

  • 12 % étaient sensibilisés aux profilines et 9 % aux polcalcines
    `* il existait une association significative entre le fait d’être sensibilisé aux polcalcines et le fait d’être sensibilisés à plus de 7 espèces botaniques différentes
  • la sensibilisation aux profilines était corrélée à celle aux pollens de graminées

Quand on compare la sensibilité et la spécificité du diagnostic basé sur les composants à celui traditionnel basé sur les tests cutanés et les IgE spécifiques, dans les deux cas la spécificité était bonne à 95 % et la sensibilité à 75 %, sauf pour le platane et Ole e 1 qui avaient une faible sensibilité à 64 %.

Alors que la sensibilisation aux LTP est décrite comme étant un facteur de risque d’anaphylaxie, les niveaux moyens de Pru p 3 ne différaient pas significativement entre les patients présentant des syndromes oraux et ceux présentant des anaphylaxies. On retrouvait toujours une positivité pour Cor a 8 chez les patients positifs à Pru p 3.

Les auteurs concluent que le faible niveau de sensibilisation aux panallergènes chez les patients poly-réactifs aux pollens indique un taux de cosensibilisation important plutôt qu’un mécanisme d’allergies croisées.

Dans cette population méditerranéenne, les allergènes majeurs Pla a 1 et Pla a 2 sont insuffisants pour diagnostiquer l’allergie au platane.

Nos voisins espagnols ont compris l’intérêt de réaliser la cartographie des IgE réactivités selon les régions.

Le profil de réactivité est très variable selon que l’on vive en Catalogne ou en Castille. Imaginez alors les différences qui peuvent exister entre le nord et le sud de l’Europe !

Il convient donc de garder ces particularités à l’esprit lorsque l’on lit des études issues d’autres pays que le notre.

Performance d’une micropuce d’allergènes pour le diagnostic d’une allergie au kiwi

Bublin, M1 ; Ciardiello, A2 ; Bernardi, M3 ; Tuppo, L2 ; Harwanegg, C4 ; Hafner, C5 ; Ebner, C6 ; Ballmer- Weber, B7 ; Knulst, A8 ; Hoffmann-Sommergruber, K1 ; Radauer, C1 ; Mari, A9 ; Breiteneder, H1 1Medical University of Vienna, Department of Pathophysiology, Vienna, Austria ; 2Institute of Protein Biochemistry, Napoly, Italy ; 3IDI-IRCCS, 3Center for Clinical and Experimental Allergology, Roma, Italy ; 4VBC Genomics, Vienna, Austria ; 5Department of Pathophysiology, Medical University of Vienna, Vienna, Austria ; 6Allergy Clinic Reumannplatz, Vienna, Austria ; 7University Hospital Zurich, Department of Dermatology, Zurich, Switzerland ; 8University Medical Center, Department of Dermatology/Allergology, Utrecht, Netherlands ; 9IDI-IRCCS, Center for Clinical and Experimental Allergology, Roma, Italy

L’allergie au kiwi est répandue partout en Europe.

  • Les auteurs ont évalué avec un système de micropuce 9 allergènes du kiwi chez 237 patients allergiques au kiwi.
  • 196 patients allergiques mais pas au kiwi ont servi de témoins.
  • on a aussi cherché la sensibilisation au latex et aux pollens de graminées

- Le panel des 9 allergènes du kiwi choisis montrait :

  • sensibilité de 66 %
  • spécificité de 56 %
  • valeur prédictive positive de 73%

- Des IgE anti-Act d 1 étaient plus souvent retrouvées chez les allergiques.
- 51 % des sérums d’allergiques retrouvaient une IgE réactivité dirigée contre un seul allergène :

  • Act d 1 : 45 %
  • Act d 9 : 27 %
  • Act d 7 : 13 %
  • dans le groupe contrôle on ne retrouvait que 36 % de monosensibilisés.
    • Act d 7 par mécanisme CCD
    • Act d 9 : profiline
    • seulement 5 % reconnaissaient Act d 1

Le taux d’IgG4 spécifiques du kiwi n’était pas différent entre les allergiques et les non allergiques.

Les patients allergiques à la fois au kiwi et au latex avaient une IgE réactivité significativement plus élevée à Hev b 11 (chitinase) que ceux sans allergie au kiwi.

En conclusion :

  • le diagnostic moléculaire de l’allergie au kiwi permet un meilleur diagnostic sur le plan pronostique,
  • Act d 1 peut être considéré comme un allergène marqueur d’une réelle sensibilisation au kiwi.
  • Les IgG 4 n’étaient synonymes ni d’allergie ni de tolérance au kiwi.

Cette présentation fait partie des études nécessaires avant d’affirmer qu’un allergène est pertinent pour le diagnostic d’une allergie.

Dans ce cas, Act d 1 a démontré son intérêt.

Il faudra aussi se souvenir de la plus grande fréquence de l’IgE réactivité à la chitinase chez les allergiques au kiwi. Il aurait été intéressant de savoir s’il existait réellement une allergie au latex associée.

Enfin, il n’existe plus beaucoup de publications pour défendre la cause des IgG4.

Cette session est le reflet des travaux portant sur l’utilisation des micropuces d’allergènes dans le diagnostic allergologique.

Cette technique est très prometteuse mais il reste encore à trouver sa place réelle dans le diagnostic allergologique.


Lundi 7 juin

Allergènes : nature et caractéristiques.

Une session de présentation de posters sur les molécules allergisantes et leurs caractéristiques.

Les français étaient bien représentés comme orateurs et en présence dans la salle.

Peroxydase de Raifort : réactivités croisées avec d’autres peroxydases de plantes : Giroux, F1 ; Gazaryan, I2 ; Cano, Y1 ; Moroz, N2 ; Malandain, H1 1Chubert Hospital, Clinical Biochemistry Laboratory, Vannes, France ; 2Burke Medical Research Institute, White Plains, NY, United States

Une équipe française avec notre ami Henri Malandain que les lecteurs de www.allerdata.com connaissent bien, a travaillé sur la peroxydade de Raifort qui est un glyco-reporter connu.

Un glyco-reporter est une glyco-protéine non allergénique capable de détecter la présence de CCD (cross-reactive carbohydrate déterminants) dans le sérum des patients.

L’étude s’est penchée sur la réactivité croisée possible entre la peroxydade de Raifort (HRP) et les peroxydases présentes dans d’autres plantes.

En effet, l’existence d’une réactivité de ce type pourrait induire de faux tests d’IgE réactivité.

Les auteurs ont démontré qu’il n’existait pas de réactivité croisée entre les peroxydases étudiées. La HRP est donc un glyco-reporter pertinent.

Bromeline chauffée et concentrée : un réactif simple et bon marché pour étudier l’IgE réactivité CCD : Malandain, H1 ; Giroux, F1 ; Le Rumeur, E2 ; Cano, Y1 1Chubert Hospital, Clinical Biochemistry Laboratory, Vannes, France ; 2Rennes University, Spectroscopy Platform, IFR110, Rennes, France

Henri Malandain nous présente encore ici une étude passionnante sur une technique qu’il a développée pour contourner la difficulté induite par la présence d’IgE CCD réactives dans le sérum d’un patient allergique.

En effet, la présence d’IgE anti-CCD conduit souvent à l’absence d’interprétation d’autres IgE réactivités. Pourtant, il resterait utile de pouvoir identifier les IgE non concernées par les CCD.

Les auteurs ont développé une technique d’inhibition des IgE anti-CCD.

Pour obtenir un sérum débarrassé des CCD, l’idée d’inhiber la réaction pas de grandes quantités de broméline a été choisie.

Cependant, la broméline étant une cystéine protéase, une forte concentration pourrait être responsable d’une protéolyse des IgE et/ou une réactivité croisée avec les autres cystéine protéases.

Les auteurs ont contourné le problème en utilisant une broméline inactivée par la chaleur.

La broméline inactivée n’a plus d’activité protéasique et sa structure secondaire est définitivement altérée empêchant ainsi une réactivité croisée.

Par contre, elle garde sa capacité d’inhibition des IgE spécifiques des CCD seule ou même associée à la peroxydase de Raifort.

En conclusion, cette technique simple, bon marché et française permet de s’affranchir de la perturbation crée par les IgE anti-CCD.

Salive de chien : source d’allergènes.
Polovic, N1 ; Bergman, T2 ; Milcic-Matic, N3 ; Gronlund, H1 ; van Hage, M1 1Karolinska Institutet, Department of Medicine, Clinical Immunology and Allergy Unit, Stockholm, Sweden ; 2Karolinska Institutet, Department of Medical Biochemistry and Biophysics, Stockholm, Sweden ; 3School of Veterinary Medicine, Department of Dermatology, Belgrade, Serbia

Les auteurs remarquent la faible sensibilité des tests aux phanères de chien ainsi que la faible pertinence du test IgE à Can f 1 pourtant décrit comme étant un allergène majeur.

De ce fait, ils ont cherché d’autres sources d’allergènes du chien.

Ils ont collecté la salive de 14 races différentes de chien.

Par technique immunoblot et SDS page, ils ont recherché les allergènes en utilisant les sera de 13 patients sensibilisés au chien.

Dans l’extrait de phanères on retrouvait les bandes correspondant aux allergènes déjà décrits : Can f 1, Can f 2 et albumine alors que dans la salive, on constatait la présence de 12 protéines liant les IgE allant de 14 à 67 kDa.

Il existait aussi une grande diversité de protéines selon la race des chiens.

Les auteurs concluent qu’il existe une grande diversité de protéines liant les IgE dans la salive de chien en comparaison aux phanères. L’utilisation de salive plutôt que de phanères pourrait donc permettre un progrès diagnostique.

Diagnostic moléculaire dans l’allergie à l’arachide et à la noisette
Gadisseur, R ; Chapelle, J ; Cavalier, E University Hospital of Liège, Department of Clinical Chemistry, Liège, Belgium

Les allergies à l’arachide et à la noisette sont potentiellement graves mais peuvent aussi ne se manifester que sous forme d’un syndrome oral.

Les auteurs ont comparé l’intérêt des tests IgE aux extraits totaux aux allergènes isolés dans le diagnostic allergologique.

Ils ont étudié 62 patients qui avaient F13 (arachide) ou F17 (noisette) positifs.

  • Ils ont mesuré rCor a 1 (PR 10) et rCor a 8 (LTP) pour la noisette
  • Ara h 1, 2, 3, 8 et 9 pour l’arachide
  • IgE anti-CCD

Résultats :
- 58 % étaient sensibilisés à une PR10 : Cor a 1 ou Ara h 8

  • comme ces allergènes ne donnent aucune réaction sévère, ils n’ont donné aucun conseil d’éviction
    - 14 % étaient sensibilisés aux LTP : Cor a 8 ou Ara h 9
    - 19 % étaient sensibilisés aux protéines de stockage : Ara h 1, 2 ou 3
  • dans ces deux derniers cas, du fait de la dangerosité des allergènes, les auteurs disent avoir conseillé une éviction stricte
    - 5 patients avaient une réactivité CCD cause de faux positifs biologiques.

Les auteurs concluent que le diagnostic moléculaire, par rapport au diagnostic classique basé sur les extraits totaux, permet d’aider les cliniciens à prendre une décision justifiée quand à une éviction stricte.

Ces résultats bruts sont à moduler.

Il reste évident que les arguments cliniques sont très importants dans la décision de mise en place d’une éviction alimentaire.

Une IgE réactivité, même aux LTP, chez un patient qui cliniquement n’a pas réagi ne débouchera pas toujours sur un régime.

La biologie reste et restera un des éléments de l’arbre décisionnel.


Symposium sur l’allergie alimentaire

Un symposium alléchant avec finalement rien de révolutionnaire.

Cependant, il n’est pas inutile de revenir sur les bases dans ce domaine.

Comprendre la réactivité croisée : Barbara K. Ballmer-Weber Allergy Unit, Department of Dermatology University Hospital Zürich, Switzerland

La réactivité croisée survient quand une réponse immunitaire à un antigène conduit à une réactivité à un antigène structurellement mais non nécessairement phylogénétiquement comparable.

La réactivité croisée joue un rôle important en allergie alimentaire.

L’étude EUROPREVALL qui est en cours, cherche à évaluer la prévalence des diverses allergies alimentaires selon les pays.

- Les aliments qui semblent les plus souvent en cause sont par ordre décroissant de fréquence :

  • la noisette
  • la pomme
  • le kiwi
  • le céleri

- Il existe un profil différent selon les pays d’Europe

  • pour la noisette par exemple :
    • forte réactivité à Cor a 1 au Danemark et en Suisse
    • forte réactivité à Cor a 8 et 9 en Espagne.
  • Pour la carotte, on retrouve des résultats semblables :
    • prévalence importante pour Dau c 1 au nord de l’Europe
    • prévalence pour Dau c 4 en Espagne

La majeure partie des allergènes alimentaires des plantes fait partie d’un petit nombre de familles protéiques : les Bet v 1, les profilines, les cupines et les prolamines.

La comparaison entre les parties conservées à la surface des protéines entre différentes membres d’une famille permet de prédire les éventuelles réactivités croisées.

Cependant, la reconnaissance d’épitopes homologues sur différentes protéines par des IgE n’est pas synonyme de réaction clinique systématique.

La particulière conservation de la conformation et de la surface protéique dans la famille des Bet v 1 permet une importante réactivité croisée entre membres des aliments issus de plantes dans les régions riches en bouleaux.

La similarité importante entre Bet v 1 et les PR 10 de noisette et de pomme explique la réactivité croisée plus fréquente à ces aliments chez les allergiques au pollen de bouleau.

  • dans l’ordre, lorsque l’on étudie le pourcentage d’homologie entre PR 10, on trouve du plus homologue au plus éloigné :
    • noisette
    • pomme
    • pèche
    • Kiwi
    • Céleri

En ce qui concerne les « nuts » des Anglo-Saxons, la réactivité croisée est beaucoup moins fréquente.

Une comparaison d’homologie a été faite entre les 11S globulines contenues dans l’arachide et les fruits à coques :
- Noix et noisette sont proches
- mais très éloignées de Ara h 3, un peu moins de Ana O 2 (noix de cajou)

Il faut aussi noter que, même en cas d’homologie entre deux protéines, il peut ne pas y avoir de réactivité croisée car les ressemblances peuvent porter sur des épitopes qui ne sont pas ceux où se fixent les IgE.

Enfin, la réactivité croisée peut induire d’authentiques réactions croisées chez des patients jamais exposés à l’aliment responsable comme l’ont montré plusieurs études.

Entéropathies éosinophiliques :
Straumann Alex, Suisse

Les pathologies digestives à éosinophiles sont représentées par :

  • L’oesophagite à éosinophile
  • La gastro-entérite à éosinophile
  • le syndrome hyperéosinophilique avec atteinte gastro-intestinale.

Les entéropathies à éosinophiles (EE) ont des caractéristiques communes :

  • inflammation chronique touchant surtout le tractus digestif
  • pathologie idiopathique : pas d’infections, pas induit par les médicaments, pas de néoplasie et pas d’allergie
  • les éosinophiles sont les cellules dominantes et jouent un rôle crucial.

L’auteur rapporte donc l’expérience du réseau suisse sur les entéropathies à éosinophiles.

Les œsophagites à éosinophiles (EoE) et les gastro-entéropathies à éosinophiles (GE) sont différentes :

  • très importante prédominance de EoE sur GE
  • EoE est une entité anatomo-clinique bien définie qui semble liée à une seule pathogénie, alors que GE reste difficilement caractérisable.

La définition de EoE est donc clinico-pathologique :

  • symptômes œsophagiens
  • infiltration éosinophilique de l’épithélium œsophagien
  • symptômes et signes inflammatoires qui ne répondent pas aux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP).

Les symptômes œsophagiens évocateurs sont :

  • dysphagie pour les solides : mangeurs lents et buveurs d’eau importants
  • sensation de digestion longue
  • douleur rétro-sternale due au mauvais passage œsophagien

En fait, il semble maintenant que certaines EoE soient capables de réagir aux IPP et l’orateur considère donc maintenant que le critère d’inefficacité des IPP n’est plus à retenir.

Pour conclure sur la définition, il semble que les interrelations avec le reflux gastro-œsophagien soit très intime et il faudra d’autres études pour les étudier.

Cependant, le diagnostic endoscopique de l’EoE est très difficile car les atteintes sont parcellaires et que l’aspect endoscopique n’est pas caractéristique.

Il faudra vraiment avoir recours à la biopsie mais même cet examen peut être pris en défaut en cas de biopsie peu profonde.

Mais y a-t-il une raison de traiter cette EoE ? Oui d’après notre orateur :

  • dans une étude, 34 % des patients ressentent une gêne rétrosternale à la digestion,
  • dans certains cas, il peut même y avoir une perforation

Quelles sont les options thérapeutiques en 2010 :
- Régime :

  • régime alimentaire basé sur des tests allergologique
  • régime d’éviction de 6 aliments suspects

- Médicaments :

  • Corticostéroïdes systémiques
  • Corticostéroïdes locaux
  • immunosuppresseurs

- Dilatation endoscopique.

L’auteur a présenté une étude réalisée dans son service sur le régime d’éviction de 6 aliments :

  • lait, soja, œuf, farine de blé, les fruits à coque et poisson/fruits de mer)
  • il retrouvait une diminution significative du nombre d’éosinophiles dans les biopsies après régime.

Pour l’utilisation des topiques corticoïdes, il existe 5 études montrant une amélioration sous traitement.

Par contre, pour les dilatations endoscopiques, les risques de perforation et de douleurs séquellaires sont importants.

L’arbre thérapeutique est donc : Commencer par les corticoïdes topiques puis :

  • si répondeurs : traiter et surveiller
  • si non répondeurs :
    • pas de constriction œsophagienne : corticoïdes oraux
    • constriction œsophagienne : dilatation

Le problème majeur pour l’allergologue de base que je suis, va être de penser à cette pathologie.

Ensuite, il faudra trouver un gastroentérologue qui ait entendu parler de cette pathologie et qui sache faire les biopsies de bonne manière, ce qui ne semble pas simple.


Compte-rendu offert grâce au soutien du laboratoire ALK

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