En allergologie, l’avenir est à la provocation. Pour les AINS.

jeudi 10 novembre 2011 par Dr Stéphane Guez513 visites

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En allergologie, l’avenir est à la provocation. Pour les AINS.

En allergologie, l’avenir est à la provocation. Pour les AINS.

jeudi 10 novembre 2011, par Dr Stéphane Guez

Evaluation de la valeur prédictive négative du test de provocation oral avec les médicaments de la classe des anti-inflammatoires non stéroïdes : Defrance, C., Bousquet, P.-J. and Demoly, P. (2011),

Evaluating the negative predictive value of provocation tests with nonsteroidal anti-inflammatory drugs.

dans Allergy, 66 : 1410–1414. doi : 10.1111/j.1398-9995.2011.02671.x

- Introduction :

  • L’évaluation de l’hypersensibilité aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).repose sur l’histoire clinique, les tests cutanés et les tests de provocations médicamenteux.
  • La valeur prédictive négative de ces derniers n’a pas été établie jusqu’à présent.

- Matériel et Méthode :

  • Une étude de cohorte a été réalisée dans le département d’allergologie de Montpellier, afin d’évaluer la valeur prédictive négative des tests de provocation aux AINS chez des patients ayant une histoire clinique évocatrice d’une hypersensibilité et des tests négatifs.
  • Les patients ont été contactés dans les 6 mois après évaluation allergologique.
  • Les patients ayant pris des AINS et qui ont réagit ont eu une seconde évaluation allergologique qui a comporté un test de provocation avec la molécule en cause.

- Résultats :

  • Parmi les 393 patients contactés, 279 (71%) ont pu être suivis.
  • 260 (93.2%) des patients avaient déjà pris au moins une fois des AINS, 139 (53 .5%) la même que celle testée et 215 (82.7%) une molécule alternative
  • 94,33% des patients ont pris à la fois la molécule testée et une molécule alternative.
  • 8 patients (3.1%) ont rapporté des manifestations cliniques (5 avec la molécule d’AINS testée avec résultats négatifs et 3 avec un autre AINS).
    • Toutes les réactions sont survenues immédiatement après la première administration et aucune n’a été sévère.
    • Parmi les 5 patients qui ont réagi avec la molécule pourtant testée avec résultat négatif, seulement 3 ont accepté un nouveau test de provocation, qui a été négatif dans 2 cas et positif dans 1 cas ce qui représente une valeur prédictive négative de 97.8% (IC95% : 95.4 – 100%).
    • 3 patients (3/125) rapportent une réaction lorsqu’un AINS alternatif a été proposé, ce qui représente une valeur prédictive négative de 98.6% (IC95% : 97-100%).

- Conclusion :

  • La valeur prédictive négative des tests de provocation aux AINS est élevée.
  • Cela doit rassurer les médecins qui pourraient hésiter à prescrire un AINS en particulier chez les patients qui ont eu une évaluation allergologique négative.

Dans ce travail portant sur un suivi prospectif de patients ayant présenté des réactions évocatrices d’une hypersensibilité aux AINS, les auteurs ont étudié l’intérêt du test de provocation aux AINS.

Ils démontrent que celui-ci à une forte valeur prédictive négative d’un nouvel incident lors d’une reprise ultérieure d’un AINS.

Les auteurs ont donc cherché à savoir si, après une enquête négative chez des patients ayant présenté une réaction d’hypersensibilité aux AINS en particulier avec un TPO négatif, il n’y avait pas réellement de réaction lors de la reprise ultérieure d’un AINS.

Le suivi moyen a été de 33 mois, avec reprise d’un AINS pour 260 sur 279 patients qui ont accepté de suivre cette étude.

Il n’y a eu que 8 patients qui ont refait une réaction d‘hypersensibilité avec aucune réaction sévère.

La valeur prédictive négative du TPO est donc élevée, suffisamment pour autoriser sans crainte la reprise d’un AINS chez les patients testés qui avaient déjà fait une réaction d’hypersensibilité avec un AINS mais pour lesquels le TPO avait été négatif.

Les auteurs ont cherché à savoir pourquoi des patients n’ont pas repris de préférence l’AINS testé et dont ils savaient que le TPO avait été négatif : c’est le plus souvent la crainte de refaire malgré tout une réaction, ou par un refus du médecin traitant de prescrire à nouveau une molécule qui avait déjà donné un problème.

Au total ce travail clinique est très important car il valide pour la première fois l’intérêt du TPO aux AINS et conforte la validité d’un résultat négatif permettant la reprise ultérieure d’un AINS sans crainte.