Congrès de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology -Baltimore, U.S.A.- November 7th-11th 2013

lundi 9 décembre 2013 par Dr Jean-Claude Roca1610 visites

Accueil du site > Evènements > Comptes rendus > Congrès de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology -Baltimore, (...)

Congrès de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology -Baltimore, U.S.A.-  November 7th-11th 2013

Congrès de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology -Baltimore, U.S.A.- November 7th-11th 2013

lundi 9 décembre 2013, par Dr Jean-Claude Roca

Immunothérapie spécifique allergénique

Compatibilités lors du mélange allergénique d’Aspergillus fumigatus et de blatte américaine avec d’autres extraits allergéniques de moisissures et d’insectes à haute teneur protéasique dans les vaccins d’immunothérapie  : T.J. Grier, Lenoir, Caroline du Nord, U.S.A.

De récentes études ont démontré que l’Alternaria et la blatte germanique pouvaient subir une dégradation protéasique dans le cadre de certains mélanges d’extraits allergéniques d’insectes et de moisissures destinés à l’immunothérapie spécifique allergénique.

Le travail rapporté ici constitue la première étude destinée à explorer la compatibilité immunochimique des allergènes d’Aspergillus fumigatus et de blatte américaine dans des mélanges avec d’autres extraits allergéniques de moisissures et d’insectes à haute teneur protéasique aux concentrations des doses d’entretien avec conservation entre 2 et 8° C.

Les capacités de liaisons aux IgE spécifiques des allergènes issus des extraits d’Aspergillus sont demeurées stables lorsqu’on les mélangeait avec la plupart des moisissures (Penicillium, Bipolaris, Cladosporium) et tous les insectes examinés (blatte germanique, Solenopsis invicta).

Pour leur part, les allergènes de la blatte américaine sont demeurés stables après leur mélange avec d’autres insectes mais s’avéraient altérés après leur mélange avec quatre des cinq moisissures retenues pour cette étude (Alternaria, Aspergillus, Bipolaris et Cladosporium), même en présence de taux modérés de glycérine (25%).

L’on suggère ainsi de séparer les extraits de moisissures et d’insectes, dans des flacons différents, afin d’obtenir des produits stables pour les traitements d’immunothérapie spécifique allergénique sous-cutanée (NDR : nous sommes aux États-Unis où la voie sublinguale n’est pas encore agréée par la Food and Drug Administration américaine - F.D.A. -).

Rush-immunothérapie à la coccinelle : (A. Ravi, Rochester, Minnesota, U.S.A.).

Il s’agit du premier cas rapporté de rush-immunothérapie à la coccinelle (Harmonia axyridis), traitement effectué chez une femme de 24 ans (urticaire, angio-œdème et difficultés respiratoires lorsqu’elle se trouvait exposée à des coccinelles).

La patiente a été prémédiquée par de l’omalizumab et, le soir précédant son traitement de rush-immunothérapie, elle a reçu de la dexaméthasone, de la fexofénadine, de l’indométacine et de la ranitidine.

Puis, le matin-même, un traitement à base de dexaméthasone, fexofénadine, indométacine, ranitidine, zileuton (un inhibiteur de la 5-lipoxygénase) et théophylline lui a été administré.

Il lui a ensuite été administré l’allergène à doses croissantes, entre 8 heures 15 et 15 heures 30, en débutant par la concentration au 1/1000 (0,5 ml). Des réactions locales sont apparues dès que l’on a atteint l’allergène concentré. Cette personne a ensuite reçu une dose d’entretien mensuelle qui, en cinq mois, a été portée de 0,1 à 0,5 ml de l’extrait concentré de coccinelle.

L’allergie au sulfate de protamine : réaction anaphylactique durant le test par intradermo-réaction puis désensibilisation rapide avec succès  : B. Hronek, Saint-Louis, Missouri, U.S.A..

Le sulfate de protamine est un polypeptide cationique utilisé en clinique pour neutraliser l’effet anticoagulant de l’héparine (bypass cardio-pulmonaire). Des réactions au sulfate de protamine ont déjà été décrites y compris des réactions IgE-dépendantes.

La pose d’un bypass s’imposant pour un patient âgé de 59 ans, un prick-test au sulfate de protamine à la concentration de 1 mg/ml a été réalisé qui s’est révélé négatif, puis une intradermo-réaction a ensuite été effectuée avec ce même produit et à la même concentration ; elle s’est avérée positive et s’est accompagnée de l’apparition d’un prurit diffus, de toux et de wheezing qui ont bien répondu aux antihistaminiques.

On a ensuite procédé avec succès à une désensibilisation rapide au sulfate de protamine.

Quoi qu’il en soit, il apparaît que les tests cutanés au sulfate de protamine doivent être effectués à une concentration inférieure à 1 mg/ml.

Efficacité et tolérance du comprimé sublingual de pollen de phléole des prés lors d’une vaste étude clinique randomisée et placebo-contrôlée effectuée chez des enfants et des adultes nord-américains : J. Maloney, Whitehouse Station, New-Jersey, U.S.A.

1501 sujets âgés de 5 à 65 ans atteints de rhinoconjonctivite allergique aux pollens de graminées fourragères (polysensibilisés : 85% ; asthme associé : 25%) ont été inclus dans cette étude effectuée en double aveugle et placebo contrôlée (752 dans le groupe actif et 749 dans le groupe placebo).

Il s’agit de la plus importante étude clinique portant sur l’immunothérapie spécifique allergénique jamais entreprise. Le comprimé de pollen de phléole des prés (Phleum pratensis) était dosé à 2800 B.A.U. (NDR : unités agréées par la Food and Drug Administration américaine - F.D.A. - basées sur des tests in vitro), soit 75000 SQ-T.

Les résultats de cette étude ont confirmé ceux qui avaient été déjà précédemment obtenus, à savoir que ce traitement d’immunothérapie spécifique par un seul comprimé par jour est bien toléré et efficace chez l’enfant et chez l’adulte. La plupart des effets indésirables étaient locaux et situés à l’endroit de l’application du comprimé. L’on a constaté trois réactions systémiques modérées qui ont cédé spontanément, sans aucun traitement, dont une chez un patient placé sous placebo.

Méta-analyse portant sur l’efficacité de l’immunothérapie orale destinée à traiter l’allergie à l’œuf chez l’enfant  : T. Gavrilova, Newark, New-Jersey, U.S.A.

L’analyse porte sur 193 enfants allergiques à l’œuf issus de 4 études cliniques.

Résultats :

  • 119 enfants ont reçu une immunothérapie spécifique orale à l’œuf puis ont passé avec succès une épreuve de provocation orale à l’œuf ;
  • 74 enfants ont suivi un régime d’éviction de l’œuf et 25 d’entre eux seulement ont ensuite passé avec succès une épreuve de provocation orale à l’œuf.

Efficacité du traitement par comprimé sublingual sur le score médicamenteux quotidien (méthodologie basée sur les recommandations de la World Allergy Organization - W.A.O. -)  : T. Casale, Omaha, Nébraska, U.S.A.

Cette analyse porte sur 5 études cliniques effectuées en double aveugle et placebo contrôlées :

  • trois d’entre elles concernent le comprimé de pollen de phléole des prés (Phleum pratensis), les patients, atteints de rhinoconjonctivite allergique aux pollens de graminées fourragères avec ou sans asthme, recevant soit un comprimé dosé à 2800 B.A.U. (NDR : unités agréées par la Food and Drug Administration américaine - F.D.A. - basées sur des tests in vitro), soit un placebo ;
  • les deux autres études portent sur le comprimé de pollen d’ambroisie (Ambrosia artemisiifolia), les patients, atteints de rhinoconjonctivite allergique induite par le pollen d’ambroisie avec ou sans asthme, recevant soit un comprimé dosé à 6 ou 12 unités d’Amb a 1, soit un placebo.

Cette analyse du score médicamenteux quotidien, effectuée en accord avec les recommandations de la W.A.O., a révélé que le traitement d’immunothérapie spécifique sublinguale entraînait une diminution de la consommation médicamenteuse versus placebo aussi bien pour le comprimé de pollen de phléole des prés que pour le comprimé de pollen d’ambroisie.

Efficacité et tolérance semblables pour le comprimé de pollen de phléole des prés chez l’enfant et chez l’adulte : H. Nolte, Whitehouse Station, New-Jersey, U.S.A.

1501 sujets nord-américains, âgés de 5 à 65 ans et atteints de rhinoconjonctivite allergique aux pollens de graminées fourragères (polysensibilisés : 85% ; asthme associé : 25%) ont été inclus dans cette étude effectuée en double aveugle et placebo contrôlée (752 dans le groupe actif et 749 dans le groupe placebo). Il s’agit de la plus importante étude clinique portant sur l’immunothérapie spécifique allergénique jamais entreprise. Le comprimé de pollen de phléole des prés (Phleum pratensis) était dosé à 2800 B.A.U. (NDR : unités agréées par la Food and Drug Administration américaine - F.D.A. - basées sur des tests in vitro), soit 75000 SQ-T.

Il ressort de ce travail que le traitement est efficace et bien toléré chez les enfants et les adultes atteints de rhinoconjonctivite allergique aux pollens de graminées fourragères, avec ou sans asthme. En outre, l’on n’observe pas de différence au niveau des effets indésirables en fonction des sous-groupes d’âges analysés.

Profil moléculaire des IgE spécifiques des allergènes du pollen de phléole des prés chez les patients retenus pour l’immunothérapie spécifique au comprimé de pollen de phléole des prés : H. Nolte, Whitehouse Station, New-Jersey, U.S.A.

Les sérums de 1922 patients ont été collectés pour cette étude. 85% d’entre eux s’avéraient polysensibilisés (IgE ≥ 0,35 kU/L) aux pollens de graminées fourragères à d’autres allergènes communs (pollens d’arbres : 56% ; pollens d’herbacées : 44% ; phanères animaux : 43% ; acariens domestiques : 26% ; trophallergènes : 23% ; moisissures : 22%).

Quant aux composants allergéniques du pollen de phléole des prés, ils donnaient les résultats suivants :

  • 73% des patients positifs à Phl p 1,
  • 50% positifs à Phl p 5,
  • 39% positifs à Phl p 4,
  • 36% positifs à Phl p 6,
  • 35% positifs à Phl p 2,
    _* 20% positifs à Phl p 11,
  • 13% positifs à Phl p 12
  • 3% positifs à Phl p 7.

Allergies et intolérances alimentaires

Allergie à l’alpha-gal et allergie croisée à la viande rouge : H. Wells, Lee’s Summit, Missouri, U.S.A.

Le galactose-alpha-1,3-gactose ou alpha-gal est un hydrate de carbone que l’on trouve dans les viandes rouges comme le bœuf mais aussi dans le porc et l’agneau et qui s’associe à des réactions retardées (de 3 à 6 heures après le repas) de type IgE menant à de l’urticaire et/ou à des réactions anaphylactiques. Ces réactions allergiques retardées peuvent être en rapport avec des piqures de tiques. Typiquement, il s’agit de patients présentant des prick-tests négatifs ou faiblement positifs aux viandes.

Un laboratoire national américain s’est livré à une étude rétrospective portant sur 18 mois en ce qui concerne les IgE spécifiques des viandes de bœuf, de porc et d’agneau et l’alpha-gal (92% d’adultes et 8% d’enfants). Les résultats étaient les suivants :

  • 53,1% de patients négatifs,
  • 32,3% de patients positifs à l’un des 4 allergènes,
  • 4,1% de patients positifs à l’alpha-gal et négatifs aux viandes,
  • 2% de patients positifs aux 4 allergènes,
  • 4,1% de patients négatifs à l’alpha-gal et positifs à toutes les viandes,
  • 5,3% de patients négatifs à l’alpha-gal et positifs à une viande
  • 3,2% de patients positifs à l’alpha-gal ainsi qu’à une viande.

Les résultats des dosages concernant l’alpha-gal se situaient entre 0,1 et 0,7 kU/L.

Les échantillons de sérums issus d’enfants étaient moins souvent positifs aux 4 allergènes mais un plus fort pourcentage de ces échantillons s’avérait négatif envers l’alpha-gal malgré des positivités aux viandes.

Enquête sur l’intolérance au vin : S. Montoya, Belmont, Massachussetts, U.S.A.

L’intolérance au vin est rare. Selon les enquêtes, elle concernerait de 5 à 8% des individus encore qu’une étude récente de P. Wigand (2012) donne les chiffres de 8,9% pour les femmes et de 5,2% pour les hommes.

Un questionnaire a ainsi été distribué à 30 patients se plaignant d’une intolérance au vin avec les résultats suivants :

  • symptômes : céphalées (69%), flush (38%), congestion nasale (38%), nausées et vomissements (19%) mais aussi éternuements, rhinorrhée, prurit nasal et pharyngien, toux, diarrhée, rash cutané, douleurs abdominales, wheezing, difficultés respiratoires etc. ;
  • survenue des symptômes à 75% dès la première heure après ingestion de la boisson (d’habitude dans un délai de 30 à 60 minutes) ;
  • 56% d’intolérants à tous les vins ;
  • profil des patients : rhinite allergique (12%), allergie(s) médicamenteuse(s) (43%) mais aussi problème avec les additifs et/ou conservateurs alimentaires (75%), sulfites et glutamates notamment.

L’allergie aux pépins d’orange : V. Ta & A. White, San Diego, Californie, U.S.A.

Le cas rapporté concerne une fillette âgée de 3 ans présentant des antécédents de dermatite atopique et d’allergie à la pistache, à l’arachide et aux fruits à coques.

En outre, il apparaissait chez elle un œdème labial lorsqu’elle avait en bouche un pépin d’orange (mais elle n’en a jamais avalé).

Les auteurs attirent l’attention sur la possibilité d’allergies croisées entre pépins de fruits et arachides et fruits à coques.

Allergie à Artocarpus integrifolia (Jackfruit) chez un patient canadien porteur d’un syndrome oral allergique : T.J. Pitt, Toronto, Ontario, Canada

Le Jackfruit est le plus gros fruit du monde (NDR : il pèse 80 livres, soit plus de 36 kg). Il contient des protéines homologues de Bet v 1.

Les patients qui voyagent et sont porteurs d’allergies croisées entre pollens et aliments doivent être informés du risque de réaction orale voire systémique que pourrait constituer pour eux la consommation de Jackfruit.

L’allergie à la graine de chanvre : P. Gill, Toronto, Ontario, Canada

Il existe différentes façons de consommer le chanvre (même famille que le cannabis) : soit sous forme de graine, soit sous forme de feuille, cuite ou crue, soit encore mélangé à d’autres aliments (lait, beurre etc.).

Trois cas sont ici rapportés de sévères réactions systémiques survenues au décours de la consommation de graines ou de fibres de chanvre.

Il est ainsi fortement conseillé aux patients ayant déjà fait un accident anaphylactique au chanvre de se munir d’adrénaline auto-injectable.

Allergie au latex

L’allergie au latex en obstétrique : M. Shum, New-York, New-York, U.S.A.

L’allergie au latex touche jusqu’à 17% des professionnels de santé et 6,5% de la population générale.

Parallèlement, les allergènes du latex constituent un risque important en obstétrique et les réactions anaphylactiques engendrées par le latex se situent au deuxième rang des causes de réactions anaphylactiques peropératoires.

D’autre part, ce risque est fortement accru en chirurgie obstétricale du fait du contact du latex avec les surfaces muqueuses et peut même s’accroitre encore du fait de l’injection intra-utérine d’ocytocine, cette dernière étant susceptible d’entraîner l’expédition de particules de latex depuis l’utérus vers le sang.

Il pourrait, d’autre part, exister une allergie croisée entre l’ocytocine de synthèse et le latex. Il est ainsi proposé d’explorer l’allergie au latex avant toute intervention obstétricale.

Le cas rapporté concerne une femme de 40 ans, admise pour une césarienne et connue pour être allergique à des pollens d’arbres - dont le bouleau - et aux phanères de chat mais ne présentant pas d’antécédents d’allergie à des médicaments ou au latex.

20 minutes après une injection intra-utérine d’ocytocine, survenaient un prurit et un engourdissement des doigts, un malaise grave avec chute de la pression artérielle à 8-3,5 tandis que des plaques d’urticaire et un érythème apparaissaient sur les cuisses, les bras et le torse. Traitement : adrénaline injectable, méthylprednisolone, diphénhydramine. Tout rentrait ensuite dans l’ordre en 24 heures.

Bilan allergologique médicamenteux négatif mais IgE totales à 1184 UI/ml et IgE spécifiques du latex à 2,07 kU/L.

Allergies fongiques

La maladie des mélodies : M.R. Shams, Atlanta, Géorgie, U.S.A.

Le poumon du saxophone est une maladie pulmonaire allergique en rapport avec des allergènes fongiques spécifiques qui s’accumulent au fil du temps sur les instruments en roseau s’ils ne sont pas correctement nettoyés.

Le cas rapporté est celui d’un homme de 68 ans, saxophoniste, présentant, depuis un an, une toux sèche avec wheezing quotidien, pathologie ne répondant ni aux corticoïdes inhalés, ni aux bronchodilatateurs, ni aux antibiotiques oraux. Le bilan allergologique révélait des tests cutanés positifs à l’Alternaria et au Curvularia (allergie probablement croisée).

Tous les traitements, y compris les corticoïdes oraux sont restés sans effet jusqu’à stérilisation du saxophone. Alors seulement le patient a commencé à aller mieux et ses IgE spécifiques à baisser. L’option d’un traitement d’immunothérapie spécifique à l’Alternaria n’est pas écartée.

L’asthme à Alternaria alternata : K. Dass, Bloomfield Hills, Michigan, U.S.A.

De multiples travaux décrivent l’étroite association d’Alternaria alternata à des épisodes asthmatiques gravissimes et parfois fatals.

Il est ici rapporté un cas d’asthme avec de fréquentes hospitalisations qui s’est finalement révélé être en rapport avec une allergie à cet allergène fongique.

Les spores d’Alternaria alternata constituent, en effet, un facteur de risque d’asthme aussi bien à l’intérieur des appartements qu’à l’extérieur. Son éviction passe par le contrôle de l’humidité à l’intérieur du domicile, la fermeture des fenêtres lors du pic de sporulation estival de cette moisissure, le retrait des plantes d’intérieur et le nettoyage des tapis, moquettes et conduits d’aération par un professionnel. Il est bien sûr possible de traiter cette allergie par immunothérapie spécifique.

DIVERS

Absorption cutanée de pollens de graminées fourragères : une cause sous-estimée d’anaphylaxie : K. Lotvi, Burlington, Massachussetts, U.S.A.

On a jusqu’ici rapporté peu de réactions d’ordre anaphylactique par contact cutané aux pollens de graminées fourragères.

Deux cas sont ici relatés concernant des patients qui ont dû faire l’objet d’hospitalisations en service d’urgences après avoir effectué des efforts sportifs violents avec contact cutané direct avec des pollens de graminées fourragères en saison pollinique.

L’un des deux patients n’avait pas d’antécédent pollinique et aucun des deux ne présentait de traces d’abrasion cutanée. Dans ce contexte, il convient donc de garder cette hypothèse étiologique à l’esprit lorsqu’aliments, médicaments et insectes ne sont pas en cause.

Inhalation de graines de tournesol : J.A. Sigua, Milwaukee, Wisconsin, U.S.A.

L’inhalation de corps étrangers est commune chez l’enfant.

Ainsi : une fillette âgée de 5 ans présente brutalement des vomissements, du wheezing et de la dyspnée dès après avoir mangé quelques graines de tournesol qu’elle tolérait parfaitement bien jusque-là. Puis surviennent un stridor et une urticaire généralisée. Elle doit recevoir adrénaline, corticoïde et antihistaminique injectables.

Or, deux mois plus tard, il s’avère que les tests cutanés à la graine de tournesol sont négatifs de même que les IgE spécifiques. En outre, le test de provocation oral utilisant 4 doses croissantes de graines de tournesol se révèle, lui aussi, négatif.

Ce cas est la parfaite illustration de l’aspect trompeur que peut revêtir l’inhalation d’un corps étranger…

Effets de l’allaitement sur la fonction ventilatoire des enfants asthmatiques : H. Kim, Séoul, Corée.

555 enfants asthmatiques et 178 sujets témoins ont été suivis de janvier 2008 à octobre 2012 avec comparaison de leur fonction ventilatoire et de marqueurs de l’inflammation en fonction de la durée de l’allaitement reçu. Il en ressort que :

  • un allaitement d’une plus longue durée améliore le coefficient de Tiffeneau-Pinelli chez l’asthmatique ;
  • les marqueurs biologiques reflétant l’inflammation des voies aériennes sont sans corrélation avec la durée de l’allaitement ;
  • le coefficient de Tiffeneau-Pinelli et le DEM25-75 augmentent de façon significative en fonction de la durée de l’allaitement dans l’asthme non-allergique ;
  • l’allaitement exclusif est sans effet sur la fonction ventilatoire.

Conclusion :

  • un allaitement plus long a un impact favorable sur la fonction ventilatoire des enfants asthmatiques, notamment en cas d’asthme non-allergique ;
  • il vaut mieux un allaitement plus long qu’un allaitement exclusif en vue d’améliorer la fonction ventilatoire.

La punaise de literie susceptible d’expliquer certains rashes : A. Kerr, Phoenix, Arizona, U.S.A.

Les piqûres de punaise de literie (Cimex lectularius) peuvent entraîner des réactions cutanées allant de la simple macule prurigineuse à la papule, à la vésicule et à la bulle. Il semble que l’invasion de cet insecte, jadis surtout rencontré dans les pays en voie de développement, s’étend de plus en plus de par le monde. C’est, en tous cas, un diagnostic à évoquer en cas de rash inexpliqué.

Allergies de contact

Allergie au Vicks VapoRub : J.A. Mendez, San Juan, Porto Rico.

Suite à la constatation d’un érythème et d’un œdème péri-nasaux chez une femme de 49 ans utilisant du Vicks VapoRub, des patch-tests ont été effectués qui se sont révélés positifs pour le Vicks VapoRub (+ +) et le mélange dit "frangrance mix" (+) avec lecture à la 72ème heure.

L’auteur indique que, parmi les composants du Vicks VapoRub, figurent du menthol, du camphre, de l’huile d’eucalyptus, du thymol, de l’huile de feuille de cèdre, de l’huile myristique, de l’huile de térébenthine et de la vaseline.