Est-ce que ça vaut le coup de contrôler l’asthme pour contrôler les coûts ?

mardi 24 novembre 2015 par Dr Philippe Carré340 visites

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Est-ce que ça vaut le coup de contrôler l’asthme pour contrôler les coûts ?

Est-ce que ça vaut le coup de contrôler l’asthme pour contrôler les coûts ?

mardi 24 novembre 2015, par Dr Philippe Carré

Economie des coûts médicaux par le contrôle des symptômes de l’asthme basé sur les recommandations : étude de population. : Mohsen Sadatsafavi1,2,*, Wenjia Chen3, Hamid Tavakoli1, J Douglass Rolf4, Roxanne Rousseau1, J Mark FitzGerald1,2 andThe Economic Burden of Asthma Study Group

dans Vol. 70 Issue 12
Allergy

- Contexte :

  • Le contrôle de l’asthme est de plus en plus utilisé comme critère de mesure dans les essais sur l’asthme
  • Les évaluations économiques sur les prises en charge de l’asthme requièrent de convertir l’impact sur le contrôle en impact sur l’utilisation des ressources
  • Le but de cette étude était d’estimer les économies de coût direct en obtenant le contrôle des symptômes de l’asthme comme défini dans la stratégie GINA (Global Initiative for Asthma) 2014 de prise en charge de l’asthme.

- Méthodes :

  • Des adolescents et des adultes asthmatiques ont été recrutés à partir d’appels téléphoniques aléatoires
  • Le contrôle de l’asthme selon le GINA et l’utilisation des ressources en santé étaient évalués à l’état basal et par des visites tous les mois pendant un an
  • Les auteurs ont utilisé des modèles de régression pour associer les coûts au contrôle des symptômes, en ajustant pour les variables de confusion potentielles.

- Résultats :

  • L’échantillon final incluait 517 sujets (d’âge moyen 48.9 ans, dont 65.8% de femmes) ayant principalement un asthme léger à modéré, ayant contribué à 2033 visites de suivi
  • L’asthme était symptomatiquement contrôlé dans 598 visites (29.4%), partiellement contrôlé dans 809 visites (39.8%), et non contrôlé dans 626 visites (30.8%)
  • Le coût moyen de l’asthme par périodes de trois mois était de 134.5 $
  • Dans cette somme, 20.5% étaient liés aux soins d’hospitalisation, 47.8% aux soins externes, et 31.5% aux médicaments
  • Par rapport à l’asthme contrôlé, l’asthme partiellement contrôlé était associé à une augmentation npn significative de 9.5 $ (IC à 95% :13.6$-32.6$) dans les coûts ajustés des trois mois, et l’asthme non contrôlé était associé à une augmentation statistique significative de 81.7 $ (IC à 95%:48.5 $-114.9 $).

- Conclusions :

  • Une partie substantielle de cet échantillon de population d’asthmatiques en grande partie légers à modérés avait des symptômes non contrôlés
  • Obtenir le contrôle des symptômes était associé à une réduction des coûts directs
  • Les valeurs ajustées de cette étude peuvent être utilisées pour l’étude des analyses coût/efficacité des traitements de l’asthme.

Dans cette étude incluant 517 sujets avec un asthme principalement léger à modéré, les auteurs ont évalué la « charge évitable » liée à un asthme non contrôlé, définie comme l’économie gagnée dans les coûts médicaux directs en obtenant le contrôle des symptômes de la maladie.

Après ajustement, il n’y avait pas de différence significative dans les coûts directs entre l’asthme partiellement contrôlé et l’asthme contrôlé, alors que l’asthme non contrôlé était associé à un excès trimestriel de coûts de 81.7 $ par rapport à l’asthme contrôlé. Ceci est une valeur plus faible que la différence non ajustée de 192.8 $ dans le coût trimestriel entre l’asthme contrôlé ou non, ce qui prouve l’impact des facteurs confondants dans de telles associations.

Cette somme de 81.7 $ peut donc être considérée comme le gain potentiel par trimestre lié au fait d’obtenir le contrôle d’un asthme non contrôlé.

Les autres données fournies dans cette étude sont que dans plus de 30% des suivis l’asthme était non contrôlé, et que les femmes avaient en moyenne des coûts plus bas de 45.7 $ par rapport aux hommes.

Les avantages de cette étude par rapport à d’autres antérieures reposent dans le fait que toutes les variables potentiellement confondantes ont été ici prises en compte.

Améliorer le rapport coût/efficacité est un impératif demandé par beaucoup d’autorités de santé pour l’accord sur la mise à disposition de nouveaux produits de traitement, et ceci est fait sur des modèles de décision analytique ; le contrôle de l’asthme doit en être une donnée centrale, combiné à l’excès de coût qui pourrait être évité en augmentant le niveau de contrôle de la maladie.

De telles études ultérieures sont fondamentales pour confirmer la « charge évitable » du contrôle de l’asthme en terme de gain de qualité de vie et de diminution des exacerbations, de façon globale mais aussi dans les différents phénotypes et sous-groupes de la maladie asthmatique ; ceci permettrait d’effectuer une optimisation des coûts et une distribution efficiente des ressources de santé.