La moutarde c’est la santé, il faut pas s’en priver même si les tests sont positifs !!
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publié le 24 avril 2003
La sensibilisation à la moutarde est devenue très fréquente dans les dernières études publiées sur les différentes allergies alimentaires de l’enfant. Cependant, cela signifie t’il que la moutarde doit toujours être exclue de l’alimentation si un test est positif ?
Etude prospective de l’allergie à la moutarde : 1° étude avec des tests en double aveugle contre placebo (24 cas). : M. Morisset1, D.-A. Moneret-Vautrin1, F. Maadi1, S. Frémont2, L. Guénard1, A. Croizier1, G. Kanny1 1Department of Internal Medicine, Clinical Immunology and Allergology, Nancy, France ; 2Department of Biochemistry, Faculty of Medicine, Vanduvre les Nancy, France dans Allergy 58 (4), 295-299
L’allergie à la moutarde représente 1.1% des allergies alimentaires chez l’enfant. Cependant aucune étude en double aveugle contre placebo (DACP) n’a encore été réalisée avec cet allergène.
Objectif de l’étude : Réaliser des test de provocation en DACP pour déterminer la fréquence réelle de l’allergie à la moutarde chez des patients sensibilisés à la moutarde.
Méthodologie :
* Une étude prospective a été conduite chez 30 patients âgés de 3 à 20 ans et présentant des prick tests positifs pour les grains moulus de moutarde (moutarde noire ou Brassica nigra), pour la farine de moutarde (B. juncea ou moutarde brune), et vis-à-vis d’une moutarde forte d’assaisonnement ne contenant pas de sulfites, et un test avec un extrait allergénique commercial (B nigra).
* 27 sujets ont eu un dosage d’IgE spécifiques à la moutarde.
* Les tests de provocation ont été réalisés en double ou en simple aveugle jusqu’à 1340 mg de moutarde forte d’assaisonnement.
Résultats :
* Le diamètre moyen des papules induites par les prick-tests avec l’extrait allergénique est plus bas que celui induit par les produits natifs de la moutarde : 5.8 mm (1.5-15), versus 6.9 mm (0.5-18) pour les grains moulus de moutarde noire, 7.8 mm (1820) pour la farine de moutarde brune et 9.7 mm (3620) pour la moutarde forte d’assaisonnement.
* Le diamètre des papules induit par l’extrait allergénique est significativement différent de celui induit par la moutarde d’assaisonnement (p<0.005).
* Le taux moyen des IgE spécifiques est de 8.7 KU/l (0.35-72.4).
* 7 des 30 tests de provocation sont considérés comme positif.
* Les taux moyens de tests positifs dans les groupes positifs et négatifs lors des tests de réintroduction sont de 5.5 mm versus 5.9 mm pour l’extrait commercial, 10.9 mm versus 5.8 mm pour les grains de moutarde noire moulus (p<0.01), 9.9 mm versus 7.1 mm pour la farine de moutarde brune (NS, p>0.25) et 11.5 mm versus 9.1 mm pour la moutarde forte d’assaisonnement (NS, p> O.25).
* Le taux moyen des IgE spécifiques déterminé par méthode CAP Pharmacia est plus élevé mais non significatif (p> 0.25) dans le sous groupe avec une allergie à la moutarde (12.3 KU/L versus 7.6 KU/L)
Conclusions : Environ 23.3% des patients sensibilisés à la moutarde sont allergiques à une dose normale de moutarde. Un prick test positif et la présence d’IgE spécifiques à la moutarde ne sont pas suffisants pour prédire une allergie à la moutarde. Un test de provocation en simple ou en double aveugle contre placebo est nécessaire avant de recommander un régime d’éviction strict.,


Commentaire de l'auteur :
Dans cette étude les auteurs démontrent que la sensibilisation à la moutarde est plus fréquente que l’allergie qui, si on réalise systématiquement un test en simple ou double aveugle contre placebo, il n’existe que dans 23,3% des cas. Il ne faut donc pas prescrire d’éviction abusive.
Il s’agit d’une étude très intéressante qui est simple mais indispensable et dont on se demande pourquoi elle n’a pas été réalisée avant.
La différence entre sensibilisation et allergie est bien établie, et on sait que toute la difficulté en allergie alimentaire est de déterminer les moyens de prédire de la façon la plus fiable possible si cette allergie existe réellement.
Encore actuellement le « gold standard » reste le test de provocation en double aveugle contre placebo.
Ce travail démontre que l’allergie n’existe en fait que chez moins d’un quart des patients sensibilisés à la moutarde, et qu’il n’existe pas de tests prédictifs fiables (tests cutanés ou dosage des IgE spécifiques).
Les tests cutanés avec les produits natifs sont plus performants que les tests avec les extraits commerciaux.
Il faut donc maintenant travailler pour améliorer les performances des tests cutanés et du dosage de IgE spécifiques pour essayer de déterminer des valeurs seuils pouvant permettre de prédire la réalité d’une allergie chez un enfant sensibilisé.
référence :
http://www.allergique.org/article1092.html
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