Urticaire chronique des cyclistes : penser à faire une analyse de selle !
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publié le 29 août 2003
Devant une urticaire chronique, on pense systématiquement à une histoire parasitaire souvent éliminée sur le simple interrogatoire. Mais ne faudrait-il pas faire des analyses de selles systématiques ? Y a t’il réellement un lien entre parasitose intestinale et allergies cutanées ?
Prévalence des parasitoses intestinales chez les patients ayant une affection cutanée allergique. : Giacometti A, Cirioni O, Antonicelli L, D’Amato G, Silvestri C, Del Prete MS, Scalise G. Institute of Infectious Diseases and Public Health, University of Ancona, Ospedale Regionale, via Conca, 1-60020 Ancona, AN, Italy. anconacmi@interfree.it dans J Parasitol. 2003 Jun ;89(3):490-2
Objectif de l’étude : La prévalence des infections intestinales à helminthes et protozoaires dans des prélèvements de selles de patients ayant une affection cutanée allergique a été évaluée, pour rechercher un lien possible entre allergie et parasitose.
Méthodologie :
* 218 patients ayant une urticaire chronique, une dermatite atopique ou un prurit d’étiologie inconnu ont été inclus dans cette étude.
* Des tests standard de laboratoire pour la recherche d’un terrain allergique ont été réalisés.
* La présence de parasites intestinaux a été étudiée en microscopie, en immunofluorescence et par méthode immuno-enzymatique.
Résultats :
* Globalement, des protozoaires et des helminthes ont été trouvés dans des échantillons de selles de 48 patients (p=0.004), 18 ayant des manifestations cliniques intestinales (p=0.023).
* La présence de Giardia Lamblia dans les selles est associée de façon significative à des manifestations allergiques cutanées (p=0.003).
* De plus, les patients ayant une allergie ont significativement plus de chance d’avoir au moins 5 ou plus Blastocystis hominis par champ (p=0.046).
* Il y a un certain nombre de patients ayant une affection cutanée allergique et chez lesquels la présence de parasites intestinaux n’a pas d’incidence.


Commentaire de l'auteur :
Dans ce travail, les auteurs montrent que les patients allergiques ont plus souvent une parasitose intestinale en particulier à Giardia Lamblia et à Blastocystis hominis, les parasites ayant été recherchés par analyse des selles, qu’il y ait ou non des manifestations digestives.
Ce travail est intéressant, car il soulève à nouveau ce problème d’un lien très probable entre des manifestations cutanées d’allure allergique et des parasitoses intestinales.
La difficulté repose essentiellement sur la nécessité d’une analyse méticuleuse des selles, qui seule peut mettre en évidence ces parasites.
Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à refaire au moins 2 fois ces examens avant d’éliminer totalement l’hypothèse d’une parasitose intestinale.
Si les helminthiases sont souvent en cause (hydatidose, toxocarose, ascaridiose, anguillulose..) les protozoaires sont également impliqués (Giardia Lamblia) avec un nouveau parasite le Blastocystis hominis qui est responsable d’épidémie de gastro-entérite en particulier dans les crèches.
L’attitude pragmatique des médecins de famille qui consistait à faire un traitement systématique antiparasitaire d’épreuve reste donc totalement d’actualité lorsque apparaissent des manifestations cutanées d’allure allergique en particulier chez l’enfant ,sans cause déclenchante précise.
référence :
http://www.allergique.org/article1470.html
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