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L'avis du rédacteur : Ce travail a cherché à évaluer la prévalence de la sensibilisation aux déterminants antigéniques hydrates de carbone (CCD), en dosant les IgE spécifiques dirigées contre la broméline (glycoprotéine extraite de l’ananas et représentative des CCD végétaux) et aux profilines par le dosage des IgE dirigées contre la profiline recombinante du bouleau rBet v 2.
Ils ont effectivement mis en évidence une sensibilisation aux CCD chez les patients présentant une pollinose aux graminées (1/4) ou une allergie au venin d’hyménoptères (1/4.5) Aucune sensibilisation n’a été retrouvée chez les patients monosensibilisés au latex ou à une seule famille de pollen. Certains patients sensibilisés à plusieurs pollens présentaient une sensibilisation aux profilines (1/5) et aux CCD (1/5).
Il est maintenant démontré que les profilines, ainsi que d’autres familles de protéines telles que les protéines de défense, les protéines liant le calcium... (on a proposé l’appellation de panallergènes pour ces familles et on en dénombre environ une trentaine) sont à l’origine des réactions croisées entre divers allergènes observées en clinique.
Les CCD sont des glycoprotéines dont les restes glucidiques constituent des épitopes. Leur diversité est assez faible et les réactions croisées entre CCD sont importantes.
Dans le sérum, les IgE anti-CCD sont libres et elle peuvent se lier aux CCD présents dans le réactif in vitro. Mais sur le mastocyte, les IgE anti-CCD doivent coopérer avec une IgE voisine d’où une réaction croisée plus difficile.
Les CCD sont aussi suspectées de surévaluer la prévalence de l’allergie au latex (Merrett TG. Merrett J. Kekwick R. The prevalence of immunoglobulin E antibodies to the proteins of rubber (Hevea brasiliensis) latex and grass (Phleum pratense)pollen in sera of british blood donors. Clinical and Experimental Allergy, 29(11):1572-8, 1999) et au venin d’hyménoptères (Van der Veen MJ. Van Ree R. Aalberse RC. Koppleman SJ. Jansen HM. Van der Zee JS. Poor biological activity of cross-reactive IgE directed to carbohydrate determinants of glycoproteins ; Journal of Allergy & Clinical Immunology, 100:327-334 1997) dans la population générale.
Des IgE anti-CCD de graminées peuvent donc réagir avec des glycoprotéines de latex (Hev b 2 ?) ou de l’abeille (Api m 1) et positiver les résultats des tests in vitro pour ces deux allergènes, ce qui est reflété dans cette étude.
Cela avait auparavant été démontré chez la souris pour le latex (Mahler V. Diepgen TL. Ku O. Leakados T. Truscott W. Schuler G. Kraft D.Valenta R. Mutual boosting effects of sensitization with timothy grass pollen and latex glove extract on IgE antibody responses in a mouse model. Journalof Investigative Dermatology, 114(5):1039-43, 2000).
Il faut noter que dans cette étude, l’écart était très significatif (p<0.0001 et p<0.0006) en ce qui concerne la sensibilisation aux CCD et aux profilines entre les patients polliniques et présentant de faux positifs pour le latex et les allergiques au latex.
En cas de discordance entre les tests cutanés (négatifs) et les dosages in vitro (positifs), on peut avoir recours à la mesure d’IgE anti-broméline. Si les IgE anti-broméline ont positives, il faudra interpréter avec prudence les autres tests in vitro.
Les IgE dites "spécifiques" ne le sont pas complètement. |