A l’insu de mon plein gré
par ,
publié le 18 septembre 2002
Michèle Lamirand, fondatrice de l’association Afpada, nous a fait parvenir ce joli conte des allergiques. On y lit une telle véracité, un tel vécu que l’on se laisse emporter.
L’emballage des produits alimentaires industriels a des messages.
Parmi ces messages, il y a l’information sur la composition du produit.
Il y a les consommateurs, et parmi ceux-ci, les personnes atopiques (allergiques).
Il y a quelques années, des courants associatifs ont été tout bousculés par des informations venant de médecins : « Vos enfants risquent un choc anaphylactique avec la moindre goutte d’huile d’arachide » et « C’est l’huile d’arachide contenue dans les laits pour nourrissons qui ont rendu votre enfant eczémateux ».
Sans plus attendre, certains courants associatifs ont dit : « C’est scandaleux ! Les industriels nous empoisonnent ! » Et de communiquer à tout va et dans tous les sens.
La mayonnaise a pris.
Alors, les industriels ont écrit sur les emballages, tout en fin d’étiquetage : « arachide », puis, la formulation étant un peu lourde : « traces de… arachide, protéine de lait, d’œuf »
Le temps a passé.
Le consommateur a pris des distances avec les informations excessives. Des médecins ont fait de même. Et on voit des atopiques croquer tel ou tel biscuits étiqueté « trace de… ».
Ah mais zut ont fait alors les groupuscules, aurions-nous été un peu trop vite, un peu trop fort, un peu trop légers ? Avons-nous un seul exemple de réaction à ce qui nous avait été affirmé ? Les oedèmes, les urticaires, les aggravations d’eczéma, les difficultés respiratoires, les malaises n’ont-ils pas eu lieu avec des allergènes alimentaires bien identifiés comme composants réels de la recette, avec la noisette, la noix de coco, la cacaouète, l’œuf…
Ces informations de précaution en fin d’étiquetage, nous n’en voulons plus !
Il était temps.
Il lui a fallu des années, mais la logique étant la plus forte, la représentation extrêmiste du patient a pris le chemin de la raison.
La raison reste à conquérir dans le domaine de la juste information aux cantines.


Commentaire de l'auteur :
Evidemment certains allergiques très sensibles peuvent réagir à des traces d’allergènes, et c’est bien là la difficulté en allergologie : établir le "niveau" d’allergie et apprécier justement les risques réels sachant qu’en plus : le risque zero n’existera jamais !
référence :
http://www.allergique.org/article325.html
partager
Dans la même rubrique
- Métier de conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) - témoignage, ,
- Un grand merci à Nicole Rossin pour ce témoignage sur un métier trop peu connu et développé. Nous le savons tous : un simple regard de professionnel sur nos habitats et nos modes (...)
- On dépense sans compter chez l’allergique !,
- Comme on pouvait s’y attendre, les coûts de santé augmentent avec la gravité de l’asthme et son association à une RAS ; il sont plus importants chez l’adulte que chez l’enfant. Les (...)
- Pour aspirer la moquette, c’est mieux avec un filtre ou avec de la vapeur ?,
- 50 maisons urbaines comprenant de nombreuses moquettes ont été étudiées en 2003 et 2004, pour comparer deux systèmes différents de nettoyage des moquettes. Le premier système (...)
- 2009 : l’an neuf.,
- Étude sur les études, méritant d’autres études complémentaires...,
- Cette étude rappelle certaines vérités Participer à une étude scientifique sur l’asthme peut occasionner un bénéfice ou un risque. L’exposé de ce risque/bénéfice et sa bonne (...)