C’est embêtant, la Chlorexidine fait mal aux bactéries mais parfois aussi aux patients !
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publié le 13 septembre 2007
L’exploration de l’allergie qui survient au cours d’une anesthésie est difficile en raison du grand nombre de produits utilisés. Ainsi, à coté des produits spécifiques de l’anesthésie, il faut tester le latex mais aussi souvent des antibiotiques. Ce travail montre qu’il faut penser maintenant au désinfectant en particulier à la Chlorexidine.
Allergie IgE médiée à la Chlorexidine. : Lene Heise Garvey, MDa, Mogens Krøigaard, MDa, Lars K. Poulsen, DMScb, Per Stahl Skov, PhDc, Holger Mosbech, DMScab, Lennart Venemalm, PhDd, Fredrik Degerbeck, MSce, Bent Husum, DMSca
a From the Danish Anaesthesia Allergy Centre b Allergy Clinic, Copenhagen University Hospital, Rigshospitalet c Reference Laboratory, Copenhagen d Phadia AB, Uppsala e Mälarinvest AB, Uppsala
dans JACI Volume 120, Issue 2, Pages 409-415 (August 2007)
Introduction :
- Les bilans réalisés dans le centre d’allergie anesthésie danois ont inclus de façon systématique des tests à la Chlorexidine depuis 1999.
Objectif de l’étude :
- Il a été de savoir si la mesure du taux des IgE et de la libération d’histamine confirment un mécanisme IgE médié dans l’allergie à la Chlorexidine.
Matériels et méthodes :
- 22 patients ayant des antécédents très évocateurs d’une allergie à la Chlorexidine ont été inclus.
- Des tests cutanés à la Chlorexidine et une mesure du taux de tryptase ont été effectués lors des examens initiaux.
- Le sérum a été analysé rétrospectivement pour étudier les IgE spécifiques et la libération spécifique d’histamine (sensibilisation passive) à la Chlorexidine.
Résultats :
- 12 patients ont des tests cutanés positifs, et 10 des tests négatifs.
- Parmi les patients avec tests cutanés positifs, 11 sur 12 ont des IgE spécifiques à la Chlorexidine et 7 sur 11 ont un test positif de libération d’histamine à la Chlorexidine.
- Aucun des patients ayant des tests cutanés négatifs n’ont des IgE spécifiques ou un test de libération positif à l’histamine vis-à-vis de la Chlorexidine.
- Les patients ayant des tests cutanés positifs ont un âge moyen plus élevé (64 versus 49 ans) et sont plus souvent des hommes (11/12 versus 6/10).
- Dans les 2 groupes, 8 patients ont eu une hypotension, mais le bronchospasme est plus fréquent chez les patients ayant des tests cutanés négatifs (1/12 versus 6/10)
- Les réactions surviennent plus souvent durant les interventions chirurgicales urologiques.
- Le taux de base de tryptase est plus élevé chez les patients ayant des tests cutanés positifs (moyenne 11.5 versus 3.7 microg/l) et 6 patients sur 7 ont un taux élevé d’IgE spécifiques à la Chlorexidine lors de la réaction.
Conclusion :
- Cette étude confirme que l’allergie à la Chlorexidine est IgE médiée et que la mesure du taux d’IgE spécifiques et de la libération spécifique d’histamine sont utiles associés aux tests cutanés chez les patients ayant des antécédents cliniques évocateurs d’une allergie à la Chlorexidine.
Implication clinique :
- Le dosage des IgE spécifiques et l’étude de la libération d’histamine sont des examens complémentaires utiles pour le diagnostic d’allergie immédiate à la Chlorexidine.


Commentaire de l'auteur :
Dans ce travail, les auteurs apportent des preuves concernant le mécanisme IgE médié de l’allergie à la Chlorexidine avec chez les patients ayant des tests cutanés positifs la présence également d’une augmentation des IgE spécifiques à ce produit ainsi qu’une positivité du test de libération spécifique à l’histamine.
Ce travail clinique est intéressant car il apporte une information importante pour tous les allergologues qui explorent les réactions allergiques qui surviennent lors d’intervention chirurgicale.
A coté des produits anesthésiques spécifiques comme les curares, l’exploration allergologique porte maintenant systématiquement sur le latex, il faut également penser et ajouter sans doute assez systématiquement la Chlorexidine.
Ce produit est largement utilisé pour la désinfection des patients lors des interventions chirurgicales.
Cette étude prouve que les tests cutanés sont très fiables puisque seuls les patients ayant des tests cutanés positifs ont également des IgE spécifiques positives et un test de libération d’histamine positif.
Il y a donc bien une bonne corrélation avec les tests cutanés dont la positivité signe réellement un mécanisme IgE dépendant.
référence :
http://www.allergique.org/article3425.html
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