Le chat n’aime pas rester trop longtemps dans le congélateur !!

mercredi 19 mars 2003 par Dr Stéphane Guez2506 visites

Accueil du site > Allergènes > Aériens > Animaux > Le chat n’aime pas rester trop longtemps dans le congélateur !!

Le chat n’aime pas rester trop longtemps dans le congélateur !!

Le chat n’aime pas rester trop longtemps dans le congélateur !!

mercredi 19 mars 2003, par Dr Stéphane Guez

De nombreuses études sur l’influence de l’environnement sur les maladies allergiques nécessitent des prélèvements de poussières afin de réaliser des dosages de son contenu en divers allergènes. Mais ces échantillons sont d’abord stockés par congélation. Y a-t-il altération des allergènes pendant cette congélation ?

Influence de la durée du temps de conservation sur les allergènes et les agents microbiens dans des échantillons congelés de poussières de maison. : B. Fahlbusch1, A. Koch2, J. Douwes3, W. Bischof2, U. Gehring4, K. Richter5, H.-E. Wichmann4, J. Heinrich4 1Friedrich-Schiller-University of Jena, Institute of Immunology, Jena, Germany ; 2Friedrich-Schiller-University of Jena, Institute of Occupational, Social, and Environmental Medicine, Department of Indoor Climatology, Erfurt, Germany ; 3Utrecht University, Institute for Risk Assessment Sciences, Environmental and Occupational Health Group, Utrecht, the Netherlands ; 4GSF - National Research Centre for Environment and Health, Institute of Epidemiology, Neuherberg, Germany ; 5Centre for Pneumology and Thoracic Surgery, Grosshansdorf Hospital, Hamburg, Germany dans Allergy 58 (2), 150-153

Les échantillons de poussières collectées dans le cadre d’études sur l’environnement sont souvent stockés pour une durée variable jusqu’au moment de l’analyse. Cependant, peu de données sont disponibles sur les effets de ce temps de conservation sur les bio-contaminants de la poussière.

Aussi les auteurs ont-ils cherché les relations entre l’évolution des taux d’acariens (Der p 1, Der f 1), d’allergènes du chat (Fel d 1) et d’antigènes microbiens (endotoxines, béta glucan 1 à 3) en fonction de la durée de conservation des échantillons de poussières congelés à - 20°C.

- Méthodes :
* Dans le cadre d’une étude sur les relations entre les polluants intérieurs et la génétique dans l’asthme, des échantillons de poussières ont été récoltés sur le sol de salons entre juin 1995 et août 1998, et extraits selon un protocole standardisé.
* Les concertations de Der p 1, der f 1, Fel d 1 et d’endotoxines ont été mesurées par méthode ELISA.
* Les endotoxines ont été mesurées par un test spécifique colorimétrique de lyse des ameobocytes.
* Toutes les concentrations ont été exprimées par gramme de poussière.

- Résultats :
* Les échantillons de poussières (n = 1236) ont été recueillis dans 655 habitats de Hambourg, Hettstedt, Zerbts et Bitterfeld.
* Les durées de stockage variaient de 8 à 298 jours et ont été divisées en 4 périodes :
**moins de 60 jours,
** de 61 à 90 jours,
** de 91 à 120 jours
** plus de 120 jours)
* Après ajustement des échantillons sur la ville de résidence et la saison, la comparaison des concentrations moyennes des échantillons des périodes 2 et 4 ne sont pas statistiquement significatives vis-à-vis des mesures de Der p 1, Der f 1, et des endotoxines. Mais, pour les concentrations de Fel d 1, il y a une diminution significative de taux en fonction de l’augmentation de la durée de conservation.

- Conclusions :
* La conservations d’échantillons de poussière à - 20 °C pendant plus de 10 mois n’affecte pas les allergènes des acariens, ni les antigènes des endotoxines.
* Une perte potentielle de la concentration en Fel d 1 pendant le stockage des échantillons de poussière nécessite des investigations complémentaires par des mesures répétées de cet allergène dans les mêmes conditions.


Dans ce travail les auteurs démontrent qu’une durée de congélation d’échantillons de poussière pendant plus de 10 mois n’affecte pas les concentrations en allergènes acariens et en endotoxines, mais que par contre il y a altération des allergènes du chat avec une diminution de concentration parallèle à l’augmentation de la durée de congélation.

Cette étude est très intéressante, car pour des raisons pratiques et pour réduire les coûts, les échantillons sont souvent conservés pour être ensuite dosés ensemble selon une même technique et par le même opérateur.

Il est donc très important de savoir si les conditions de stockage peuvent altérer ou non les allergènes.

Il semble que la congélation n’ait pas d’influence sur les allergènes acariens, mais elle altère les allergènes du chat. Cela veut donc dire que dans une étude d’environnement portant sur les phanères animaux il faut évaluer le taux des allergènes du chat lors du prélèvement, en évitant le stockage par congélation.

Bien entendu il faut confirmer ces résultats, qui pourraient également expliquer des contradictions entre d’autres travaux.