Au Japon, le printemps est devenu un sale moment pour 40% de la population.
La pollinose au cèdre japonais, le sugi, et au cyprès japonais, le hinoki, est devenue un problème national, au point de toucher près de 40 % de la population pour le seul pollen de cèdre selon les données japonaises de 2019.
Cette situation trouve une partie de son origine dans les grands reboisements d’après-guerre : dans les années 1950, le Japon a massivement planté des conifères à croissance rapide pour restaurer les montagnes, prévenir l’érosion et fournir du bois de construction.
Bonne idée forestière, moins bonne idée allergologique.
Le problème est apparu avec le temps.
- Les cèdres deviennent de gros producteurs de pollen à maturité, et les vastes plantations homogènes ont fini par transformer certaines vallées en véritables réservoirs allergéniques.
- Le cyprès japonais ajoute sa note personnelle, car ses pollens partagent des allergènes proches de ceux du cèdre, ce qui prolonge et complique la saison des symptômes.
- La revue d’Osada et Okano souligne cette proximité allergénique entre cèdre et cyprès, tout en rappelant que la prise en charge progresse, notamment avec les traitements symptomatiques et l’immunothérapie allergénique au cèdre. Osada et Okano. Japanese cedar and cypress pollinosis updated : New allergens, cross-reactivity, and treatment
La réponse japonaise devient structurelle.
- Le plan gouvernemental vise à réduire les zones de cèdres fortement émettrices, à accélérer l’abattage et le remplacement des arbres, et à augmenter très fortement la production de plants à faible pollen ou sans pollen.
- L’objectif annoncé est une réduction d’environ 20 % des plantations de cèdres d’ici l’exercice 2033, puis une division par deux de la quantité de pollen en trente ans.
La chronologie prévisionnelle est celle-ci :
- à court terme, les patients ont encore besoin des traitements classiques, des prévisions polliniques, des masques et, chez certains, de l’immunothérapie.
- Vers 2033, les premières améliorations liées à la politique forestière devraient devenir perceptibles.
- Vers le milieu du siècle, le Japon espère un printemps moins agressif.