Caractérisation des phénotypes atopiques de l’enfance dans le but d’étudier le lien entre sensibilisation atopique et maladie allergique. : R. J. Kurukulaaratchy, S. Matthews, S. H. Arshad
The David Hide Asthma and Allergy Research Centre, St Mary’s Hospital, Newport, Isle of Wight, UK
dans Allergy 60 (10), 1280-1286
– Objectifs :
- Bien que la sensibilisation atopique soit fréquente chez l’enfant, ses liens avec la maladie allergique clinique restent encore partiellement incompris.
- Nous avons donc cherché à explorer cette relation par la caractérisation de la sensibilisation basée sur les phénotypes atopiques.
– Méthodes :
- Les enfants ont été recrutés à la naissance (n = 1456) puis revus à 1, 2, 4 et 10 ans.
- Des tests cutanés (SPT) aux allergènes communs ont été réalisés à 4 ans (n = 980) et à 10 ans (n = 1036) en même temps qu’une exploration fonctionnelle respiratoire (n = 981), des tests d’hyperréactivité bronchique (n = 784) et des IgE sériques (n = 953), ceci à 10 ans.
- Les phénotypes atopiques ont été définis, par leur profil de sensibilisation, pour les enfants avec SPT à la fois à 4 et à 10 ans (n = 823).
– Résultats :
- Parmi les enfants phénotypés :
- 68% n’ont jamais été atopiques.
- 4.3% atopie de la petite enfance (seulement atopiques à 4 ans).
- 16.5% atopie chronique de l’enfance (à 4 et à 10 ans).
- 11.2% atopie retardée de l’enfance (seulement à 10 ans).
- Le groupe des enfants « jamais atopiques » comportait une faible mais identifiable prévalence de maladies allergiques telles que l’asthme, l’eczéma et la rhinite.
- Parmi les sujets sensibilisés les aéroallergènes étaient plus fréquemment en cause que les aliments, quelle que soit la période de l’enfance.
- Les enfants atopiques chroniques ont :
- La plus forte prévalence de sibilants, d’eczéma et de rhinite.
- Une prévalence augmentée de sensibilisation vis-à-vis des aéroallergènes.
- Quelques signes de sensibilisation alimentaire persistante.
- Des IgE du cordon significativement plus élevées que le groupe des « jamais atopiques » (p = 0.006).
- Des IgE totales (p<0.001) et une hyperréactivité bronchique (p<0.001) plus élevées à 10 ans que les autres phénotypes.
– Conclusions :
- Chez les enfants, une certaine proportion d’eczéma, de rhinite et d’asthme ne relève pas de l’atopie.
- Le profil d’atopie le plus fréquent chez l’enfant est celui d’une sensibilisation chronique, associée à une maladie allergique précoce, persistante et cliniquement significative.
- Le concept couramment admis de « la marche de l’allergie » chez l’enfant peut être une simplification abusive de l’histoire naturelle de l’atopie de l’enfance et de la maladie allergique.
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