Vapotage : un faux “plan B” quand on a de l’asthme ou une rhinite

Le vapotage n’est pas de la vapeur d’eau : c’est un aérosol de particules, de solvants (PG/VG), d’arômes/parfums et souvent de nicotine. Chez les personnes asthmatiques et/ou rhinitiques, ce mélange agit comme un irritant pro-inflammatoire… et complique le contrôle de la maladie.

Ce que ça change pour l’asthme

  • Dans le rapport d’expertise Anses (juin 2025), plusieurs grandes études observationnelles retrouvent une association entre vapotage et asthme “actuel”, notamment chez les utilisateurs quotidiens
  • Chez les adolescents, des données de surveillance retrouvent aussi une association entre vapotage récent et diagnostic d’asthme
  • En pratique : plus de symptômes, plus de sifflements/toux, plus de recours aux bronchodilatateurs, et une impression de “traitement qui marche moins bien” quand l’inflammation de fond remonte.

Et pour la rhinite ?

  • Le nez est la première zone d’impact : irritation, obstruction, hypersécrétion, muqueuse fragilisée.
  • Des travaux expérimentaux décrivent, au niveau de l’épithélium nasal, une signature biologique proche de celle observée avec la fumée de cigarette, avec altération des réponses immuno-inflammatoires locales.
  • En clair : un terrain idéal pour entretenir rhinite, toux et infections ORL à répétition.

À ne pas oublier : les autres pathologies liées au vapotage

  • Risque aigu en cas de mésusage/produits frelatés : l’épidémie EVALI (États-Unis, 2019-2020) a entraîné >2 800 hospitalisations et 68 décès, surtout chez les jeunes, souvent en lien avec des liquides au cannabis frelatés (vitamine E).
  • Atteintes respiratoires chroniques : association rapportée avec la BPCO/bronchite chronique, y compris chez des “jamais fumeurs” dans certaines analyses.
  • Le rapport Anses rappelle aussi des signaux sur les effets cardiovasculaires, cancérogènes, bucco-dentaires et sur la reproduction/développement (niveau de preuve variable selon les items).

En résumé,
Si vous avez de l’asthme et de la rhinite, votre objectif c’est zéro fumée, zéro aérosol. La meilleure stratégie reste l’arrêt (avec aide : substituts nicotiniques, accompagnement, stratégies de réduction). Le vapotage peut parfois s’inscrire transitoirement dans un sevrage du tabac… mais il ne doit pas devenir une exposition chronique banalisée.