23 novembre 2012 ·  · 1232 lectures

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Relation entre le taux maternel de fin de grossesse de 25-hydroxyvitamine D et l’existence de sifflements et d’atopie chez l’enfant : Katharine C Pike1,2, Hazel M Inskip3,4, Sian Robinson3,4, Jane S Lucas1,2, Cyrus Cooper3,4,5, Nicholas C Harvey3,4,5, Keith M Godfrey3,4,5, Graham Roberts1,2,3, the Southampton Women’s Survey Study Group4

dans Thorax 2012 ;67:950-956 doi:10.1136/thoraxjnl-2012-201888

 Contexte :

  • Les études explorant la relation entre l’exposition prénatale à la vitamine D et l’asthme de l’enfant donnent des résultats discordants.
  • L’administration de fortes doses de vitamine D pendant la grossesse a montré une diminution du risque de sifflement dans l’enfance ; pourtant une étude montre qu’un niveau élevé de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum de femmes en fin de grossesse peut être associé à une augmentation de l’asthme chez les enfants.

 Objectif :

  • Evaluer la relation entre le niveau de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum des mères et les phénotypes de sifflements et d’asthme chez leurs enfants à l’âge de 6 ans.
  • Explorer la relation entre le niveau de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum des mères et les mesures objectives d’atopie dans l’enfance et de mesure de la fonction respiratoire.

 Méthodes :

  • Le 25-hydroxyvitamine D sérique était dosé à 34 semaines de gestation chez les mères de 860 enfants nés à terme.
  • Les sifflements étaient classés en transitoires ou persistants en se basant sur des questionnaires administrés à 6, 12, 24 et 36 mois et 6 ans.
  • A 6 ans une spirométrie était réalisée et le statut atopique était déterminé en pratiquant des prick tests ; le NO exhalé a été mesuré chez 451 enfants et l’hyper-réactivité bronchique chez 216 enfants.

 Résultats :

  • Il n’a pas été retrouvé d’association significative entre le niveau de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum des mères en fin de grossesse et l’asthme ou les sifflements à l’âge de 6 ans.
  • Le niveau de vitamine D de la mère n’était pas associé à des sifflements transitoires ou persistants ; aucune relation significative n’a été trouvée non plus entre des sifflements persistants lorsque l’on divisaient les groupes en fonction du statut atopique.
  • Il n’a pas été trouvé de relation entre la sensibilisation cutanée et la fonction respiratoire.

 Conclusions :

  • Cette étude ne retrouve aucune relation évidente entre un niveau élevé de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum des mères en fin de grossesse et l’augmentation de risque d’asthme, de sifflement ou d’atopie chez l’enfant.

Le mot de l'allergo

Il s’agit d’une étude anglaise parue dans Thorax qui s’intéresse au niveau de 25-hydroxyvitamine D dans le sérum des mères en fin de grossesse et qui a essayé de rechercher s’il existait un lien entre ce dosage et l’existence d’un asthme, de sifflements ou d’une atopie chez les enfants à l’âge de 6 ans.

C’est une étude épidémiologique de grande envergure dans laquelle étaient faits des dosages sanguins chez la femme en fin de grossesse et qui suivait les enfants jusqu’à l’âge de 6 ans avec des questionnaires de symptômes, des tests cutanés à la recherche d’une atopie, une fonction respiratoire voire même une mesure du NO exhalé et un test à la métacholine.

Cette étude ne permet pas de trouver de relation entre le dosage sanguin de vitamine D sérique chez les femmes en fin de grossesse et l’existence de sifflements, d’asthme ou d’atopie chez les enfants.

Il est intéressant de voir qu’une étude ayant des résultats négatifs soit publiée dans Thorax. On a effectivement l’habitude de ne lire que des études retrouvant des relations statistiquement significatives même si parfois on a l’impression que les statistiques ont été « utilisées » pour obtenir ce que les chercheurs avaient imaginé.

Depuis quelques années la vitamine D est dosée de façon beaucoup plus systématique et elle est souvent associée à des nombreuses pathologies même si la physiopathologie ne paraît pas toujours évidente. Dans l’asthme, il a été montré que sur des cohortes d’enfants, ceux qui avaient les taux les plus bas de vitamine D avaient également plus d’asthme ou de sifflements. Il paraissait donc intéressant de voir si le niveau d’exposition prénatal à cette vitamine pouvait influer le statut asthmatique chez l’enfant de 6 ans.

Cette étude va permettre aux femmes ayant des enfants asthmatiques de ne plus se sentir responsable de la pathologie de leur enfant qu’elles aient reçu ou non une supplémentation en vitamine D pendant leur grossesse ou qu’elle se soit exposée ou non au soleil.

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