Diagnostic in vitro de l’allergie au venin d’hyménoptère : amélioration par une recherche systématique des réactions croisées aux déterminants carbohydrates et d’une inhibition réciproque. : U. Jappe1, M. Raulf-Heimsoth2, M. Hoffmann1, G. Burow3, C. Hübsch-Müller1, A. Enk1
1Department of Dermatology and Venereology, University of Heidelberg, Heidelberg ; 2Research Institute of Occupational Medicine of the Berufsgenossenschaften (BGFA), Ruhr University Bochum, Bochum ; 3Sweden Diagnostics, Medical Research, Freiburg, Germany
dans Allergy 61 (10), 1220-1229.
– Introduction :
- Les IgE spécifiques, positives à la fois pour abeille et guêpe vespula, entraînent des difficultés diagnostiques concernant la stratégie thérapeutique.
- Le but de ce travail a été de clarifier les causes et les relations d’une réactivité croisée entre insectes dans l’allergie au venin d’hyménoptère.
– Méthodologie :
- 147 patients ayant une suspicion d’allergie au venin d’hyménoptère et ayant une double recherche positive en CAP FEIA pour abeille et vespula ont été étudiés à la recherche d’IgE spécifiques ayant une réactivité croisée liée aux déterminants carbohydrates : pollen de graminées (fléole des prés), latex naturel, broméline, et peroxydase du raifort (HRP).
- Les prélèvements sériques avec des IgE spécifiques au latex ont été étudiés de façon plus approfondie avec les allergènes recombinants disponibles commercialement.
- Un test d’inhibition réciproque avec les venins et la HRP a été réalisé.
– Résultats :
- 36 patients sur les 147 (24.5%) ont des IgE spécifiques à la fois pour les 2 venins seulement.
- Cependant, 111 sur 147 (75.5%) ont réagi de façon associée aux allergènes portés par les résidus carbohydrates.
- 89 sur 111 ont des IgE spécifiques au latex naturel.
- Dans les cas où les tests d’inhibition ont été réalisés, la liaison au latex naturel a été totalement abolie en présence de HRP.
- Seulement 9 sérum sur 61 sont positifs à l’un des allergènes recombinants du latex ; tous ont une absence d’antécédents d’allergie au latex, et des tests cutanés négatifs au latex naturel.
- Pour 43 des sérum qui contiennent des IgE spécifiques aux carbohydrates, l’inhibition avec la peroxydase du raifort révèle des résultats univoques : dans 28 cas sur 43 (65%) le test d’inhibition au HRP inhibe à plus de 70% les IgEs à l’un des venin, permettant de préciser le venin réellement en cause.
- Chez 3 patients sur 43 les IgE spécifiques sont entièrement liées à la présence de résidus carbohydrates.
– Conclusion :
- Ces données indiquent que dans les cas d’une positivité des IgE spécifiques vis-à-vis de plusieurs venins, il faut faire une recherche supplémentaire d’allergie croisée liée à la présence d’IgE dirigées contre les résidus carbohydrates.
- La HRP est un bon outil pour ce test.
- De plus, l’inhibition réciproque est une méthode diagnostique essentielle pour interpréter la spécificité des résultats des IgE spécifiques.
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