Déterminants de l’augmentation du NO exhalé chez des patients suspects d’asthme : L. P. Malmberg1, H. Turpeinen1, P. Rytilä1, S. Sarna2, T. Haahtela1
1Department of Allergy, Helsinki University Central Hospital, Helsinki ; 2Department of Public Health, University of Helsinki, Helsinki, Finland
dans Allergy 60 (4), 464-468.
– Objectifs :
- La mesure du monoxyde d’azote exhalé (eNO) a été proposée comme marqueur de l’inflammation « asthmatique », mais on ne sait pas si cette mesure en pratique clinique discerne les patients principalement en fonction de leur statut atopique ou asthmatique.
- Le but de cette étude était d’explorer les déterminants d’une augmentation du eNO chez des patients suspects d’asthme, en réalisant une analyse en régression logistique.
– Méthodes :
- Le eNO de132 patients présentant des symptômes évocateurs d’asthme était étudié, parallèlement à la réalisation
- de prick-tests cutanés (recherche d’atopie),
- d’explorations fonctionnelles respiratoires,
- d’expectoration induite avec recherche d’une éosinophilie, et
- d’une recherche d’hyper-réactivité bronchique à la métacholine (HRB) (recherche d’asthme clinique).
– Résultats :
- Les niveaux modérément élevés d’eNO n’étaient significativement liés qu’à l’éosinophilie de l’expectoration induite (Odd Ratio (OR) = 3,7 / Intervalle de confiance 95% (IC) : 1,1-13,1 / p=0,04)
- Pour des niveaux très élevés d’eNO (plus de 3 déviations standards), les facteurs les plus liés statistiquement étaient
- l’asthme clinique (OR = 16,3 / IC95% : 5,4-49,7 / p<0,0001), et
- l’éosinophilie de l’expectoration induite (OR = 12 / IC95% : 4,1-35 / p<0,0001) ;
- suivis par l’atopie et l’HRB.
- On observait une interaction significative entre l’asthme et l’atopie pour ce qui concerne les niveaux élevés d’eNO.
- D’autres analyses montraient des associations significatives entre l’asthme et les niveaux élevés d’eNO à la fois chez les patients atopiques et non atopiques.
– Conclusion :
- Nous en avons conclu que :
- chez les patients présentant des symptômes évocateurs d’asthme, les niveaux modérément et très élevés d’eNO sont associés à l’éosinophilie de l’expectoration induite.
- tandis que l’asthme n’est significativement associé qu’aux niveaux élevés d’eNO, indépendamment de l’atopie.
- Ces résultats suggèrent que l’eNO soit principalement un marqueur de l’éosinophilie des voies aériennes et que seul les niveaux élevés d’eNO seraient utiles pour identifier les patients asthmatiques atopiques ou non atopiques.
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