Un déficit d’éosinophilie peut prédire la rémission des sifflements thoraciques chez le nourrisson. : Just J, Nicoloyanis N, Chauvin M, Pribil C, Grimfeld A, Duru G.
Centre de l’Asthme et des Allergies, Groupe Hospitalier Trousseau-La Roche Guyon, Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, Université Pierre et Marie Curie, Paris 6, Paris, France.
dans Clin Exp Allergy. 2008 Mar 4
– Contexte :
- Les sifflements thoraciques précoces chez les nourrissons représentent un facteur de risque potentiel de la persistance de l’asthme à l’âge adulte.
- En outre, des antécédents personnels ou familiaux d’atopie sont les facteurs de risque associés à la persistance de sifflements préexistants au cours de l’enfance.
- Cependant, leur importance relative reste floue.
– Objectifs :
- Premièrement, de déterminer les seuils critiques des marqueurs biologiques classiques de l’atopie chez des nourrissons siffleurs avec persistance dans l’enfance, et, d’autre part, de classer ces marqueurs biologiques ainsi que les paramètres cliniques en fonction de la force de leur association avec la persistance des sifflements thoraciques.
– Méthodes :
- Une cohorte de nourrissons de moins de 30 mois ayant des sifflements récurrents a été créée afin d’évaluer la sévérité des symptômes respiratoires et de rechercher la présence d’atopie.
- À l’âge de 6 ans, ils ont été réévalués pour ce qui concerne la rémission des sifflements au cours de la dernière période de 12 mois.
– Résultats :
- Les données étaient disponibles pour 219 sujets.
- Chez 27% d’entre eux, les sifflements persistaient à 6 ans.
- Les seuils biologiques critiques associés à la persistance du risque de respiration sifflante étaient :
- 1) une éosinophilie sanguine supérieure ou égale à 470 éléments/mm3, et,
- 2) un taux d’IgE totales supérieur ou égal à 45 UI/ml au cours de la petite enfance.
- Une analyse factorielle multiple a identifié une dimension associant éosinophilie, élévation des IgE et sensibilisation allergique avec les sifflements persistants à 6 ans, (lambda = 0,15).
- Selon une analyse par segmentation, le principal paramètre discriminant de la persistance des sifflements est l’éosinophilie.
- Ainsi, un déficit d’éosinophilie pourrait, à elle seule compter pour 91% des enfants en rémission, et lorsqu’elle est combinée à l’absence de sensibilisation allergique, la rémission est correctement discriminante chez 96,9% de la population étudiée.
– Conclusion :
- Nos données suggèrent fortement que le déficit d’éosinophilie chez des nourrissons souffrant de sifflements thoraciques, en dehors d’un processus infectieux en cours, pourrait prédire la rémission future de ces sifflements dans la majorité des cas.
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